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General News of Wednesday, 12 December 2018

Source: Detective No 1068

Guerre en Ambazonie: Paul Biya a perdu tout espoir

Quelques jours après l’annonce de la création du Comité chargé d’implémenter le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des ex-Ambas Boys, de violents affrontements continuent de paralyser les activités normales dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, suscitant ainsi de réelles appréhensions quant à l’opportunité même desdites opérations sensées favoriser la pacification desdites régions où les villes de Buea et Kumba ont été coupées de la circulation les 1er et 2 décembre 2018.

A propos, le secrétaire d’Etat américain adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy, a exprimé jeudi dernier les préoccupations de son pays au sujet de la perpétuation de cette crise. En effet, les combats entre forces séparatistes et armée régulière camerounaise sont désormais quasi quotidiens dans le Nord-ouest et le Sud-Ouest. Les combats incessants sont à l’origine d’un vaste mouvement de déplacement des populations dont un nombre important a trouvé refuge dans des brousses, exposé aux intempéries. D’autres, dont 351 000 déplacés internes et plus de 30 000 réfugiés au Nigeria, vivent dans une situation de précarité.

Risques de radicalisation

Les Etats-Unis continuent de s’inquiéter de la dégradation de la situation dans le Sud-Ouest et le NordOuest. Ce pays craint une montée du phénomène de la radicalisation dans la communauté anglophone, soutien qui met à mal la reddition de certains Ambas Boys pourtant acquis à la mouvance du dialogue avec le pouvoir quand même ils redouteraient dans le même temps une entourloupe de la part de celuici. «La Crise anglophone s’accentue de jour en jour. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, nous craignons une radicalisation dans les régions anglophones qui pourrait accroître le soutien dont bénéficient les extrémistes» a déclaré jeudi dernier le secrétaire d’Etat américain adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy.

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Toutefois, celui-ci a, à l’occasion, réitéré l’attachement de son pays à la mise en place d’un processus de dialogue au Cameroun pour une sortie de crise. «Les Etats-Unis appellent au dialogue entre les deux parties, afin de trouver un compromis, comme par exemple une certaine forme de décentralisation plus accrue dans les zones anglophones, ce d’autant plus que la Constitution camerounaise prévoit une certaine forme de décentralisation et un peu plus de contrôle local pour chacune de ses régions. Mais en l’absence de décrets d’application et même de détermination politique pour son évènement, on se laisse volontiers aller aux passe-droits et autres exactions en tous genres qui ne militent guère en faveur d’une solution pacifique du désormais conflit ouvert entre les parties.

Echec au dialogue

Dans la foulée pourtant, de nombreux appels au dialogue ont été lancés depuis la remontée des violences le 1er octobre 2017, date où les sécessionnistes ont proclamé symboliquement l’indépendance des régions anglophones.

Si le gouvernement camerounais s’est jusqu’ici dit favorable à l’ouverture d’un dialogue, les initiatives prises jusqu’ici ne permettent pas d’entrevoir comment il pourrait être mené. D’un autre côté, le durcissement des oppositions des partisans de la sécession ne favorise pas la concrétisation de quelque initiative. C’est le cas à titre illustratif du projet de désarmement, mobilisation et réinsertion (DDR) annoncé en fin de semaine dernière par le chef de l’Etat. La nouvelle a plutôt suscité une flambée de violences dans la région du Sud-Ouest.

En effet, moins de vingt-quatre heures après l’annonce de la création du Comité chargé d’implémenter lesdites opérations sur le terrain, de violents affrontements ont paralysé la circulation sur l’axe reliant Buea à Kumba les 1er et 2 décembre 2018. Et depuis lors, l’on s’achemine davantage vers une impasse quand bien même le pouvoir semble lâcher du lest au travers de multiples concessions faites aux initiateurs de cette crise à l’essence corporatiste.

Malheureusement, loin d’opposer une prompte réaction aux revendications initiales on se sera contenté de plutôt les assimiler à des épiphénomènes qu’elles étaient pourtant loin d’être, eu égard à leur pertinence et leur légitimité avant que les politiques ne s’en mêlent pour en faire le tremplin inespéré pour assouvir leur dessein de sécession.

Maigre espoir

Fort de ce qui précède, on pourrait penser qu’il ne subsiste aucun espoir de cessation définitive des hostilités dans ces deux régions. Mais le croire serait simplement balayer du revers de la main, la culture de paix qui habite tous les protagonistes qui n’ont de cesse de compter des morts inutiles dans leurs rangs respectifs. Et c’est tout naturellement que la société civile camerounaise s’investit de tout temps pour amener les uns et les autres à reconsidérer leurs positions tranchées qui, jusqu’alors, semblaient faire blocage à tout rapprochement des protagonistes.

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Une implication qui, aux dires d’experts, alimente depuis peu, un maigre espoir tenant de ce que les protagonistes ont tous adhéré au principe de la cessation des hostilités pour un retour effectif à la normale dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui paient un lourd tribut à la situation conflictuelle qui y règne depuis bientôt trois ans. Et dans cette lancée, les hommes d’Eglise ne sont pas en reste au travers aussi bien des messes et prières œcuméniques que des fora d’échanges aussi bien avec les éléments de nos forces de défense que les Ambas Boys.

Mais tous s’y agrippent du moment que l’espoir fait vivre, comme le dit fort à propos l’adage y afférent. Mais peut-on également parler d’espoir quand l’une des parties s’arc-boute sur l’impossibilité de discuter de la forme de l’Etat et s’en tient dès lors à imposer l’unité à ceux qui s’y opposent comme ils peuvent ? Du coup, on en vient à penser que l’enlisement dans la violence est tributaire du rapport des protagonistes. Même si d’un côté, on a tôt fait de clamer à l’agression pour justifier l’usage d’une force plutôt disproportionnée, aussi longtemps que les Ambas Boys ne disposent que d’armes artisanales face à une logistique militaire plutôt up-todate, parlant des forces régulières camerounaises.

Guerre d’usure et de nerfs

Avec un tel déséquilibre, on comprend aisément pourquoi les Ambas Boys ont choisi la guérilla, comme l’attestent les incursions sporadiques qui sont les leurs auprès des places fortes de sécurité, question par ailleurs de faire main basse sur le nec plus ultra de l’armée et d’accroître ainsi leur force dissuasive.

Un jeu du chat et de la souris en somme mais dont pâtissent inexorablement les populations civiles prises entre deux feux nourris qui les empêchent de vaquer normalement à leurs occupations traditionnelles.

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