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General News of Tuesday, 28 April 2020

Source: abkradio.com

Guérie du Covid-19, cette Camerounaise témoigne

Mireille Ghislaine Esso est une jeune femme de son époque : pétillante d’intelligence, cultivée et structurée, maman et femme, c’est une professionnelle reconnue par ses pairs. C’est le prototype de la cadre dynamique BCBG : classique mais élégante, autant à l’aise dans un bureau cossu à Bonanjo jouant les working girls, dans un tourne-dos avec ses potes à Deido qu’au volant d’un rutilant 4×4 sur l’axe Douala-Yaoundé. Au quotidien, elle est propre sur elle et s’assure de ne faire aucun faux-pas. Et pourtant le Covid19 lui a manqué de respect. Voici son témoignage. Avec l’humour qu’on lui connait.

Je fais cette note, pour dédramatiser un peu, tellement nous vivons dans la peur. On se nettoie les mains des dizaines de fois par jour avec des gels hydro alcooliques, comme ma boss. On s’étouffe à l’intérieur de son masque, on a même peur de regarder les autres dans les yeux. On croit qu’on va tous mourir. Non. Dédramatiser d’abord, parce qu’au-delà du décompte des morts, qui représentent en réalité la plus petite partie des personnes atteintes par la maladie, parce que sujettes à des complications, il y a la majorité, ceux qui guérissent des symptômes ressentis et même ceux qui ne les ressentent pas du tout. Plus de 90%.

« Dédramatiser ensuite parce-que la peur paralyse, fait paniquer, empêche de prendre les bonnes décisions et altère le jugement. »

Dédramatiser ensuite parce que la peur paralyse, fait paniquer, empêche de prendre les bonnes décisions et altère le jugement.

Dédramatiser enfin parce qu’il faut bien continuer à vivre, travailler (des PME ferment mais on n’en parle même pas), se nourrir et même, faire des bébés…
Si tous les médias commençaient à parler chaque jour du nombre de morts que fait le palu par jour chez nous, on vivrait certainement tous sous des moustiquaires !

À mon avis, préparons-nous aussi à l’avoir puisque nous avons du mal à l’éviter.

Et c’est à ça que sert de partager son expérience. Voici la mienne.

Oui j’ai été malade de la star du moment et oui, je suis guérie ????.
Je commence à me sentir mal le 18 mars. Courbatures, mal de tête acerbe, fatigue, qui me poussent à m’endormir sur mon bureau, ce qui ne m’arrive que très rarement. S’en suit une grosse fièvre. Ce que je ressens ressemble fortement à un palu ou à une grippe. Je grelotte et je décide alors de rentrer.

« Ce que je ressens ressemble fortement à un palu ou à une grippe. Je grelotte et je décide alors de rentrer. »

Je prends de l’efferalgan pour faire baisser ma fièvre, qui tombe après une trentaine de minutes. Mais elle reviendra par épisodes dans la nuit.

Entre-temps, je lis pas mal de choses sur le covid19 et ses symptômes. Je me dis qu’on n’est jamais trop prudent. Je décide de rester en isolement dans ma chambre. Si c’est ça, il vaut mieux protéger les enfants et sinon, je n’aurais rien perdu.

Le même soir, vu que je pense fortement à la grippe, je fais bouillir, gingembre et ail concassés + citrons coupés. Boisson à laquelle je rajoute 1 cuillère de miel avant de boire. Très chaud.
J’ai bu cette boisson pendant près de 5 jours et mon corps réclamait uniquement des liquides. Donc bouillies de maïs chaudes, citronnelles + citron, bouillons de poisson, c’est de ça que je me nourrissais. Je ne suis déjà pas très épaisse donc imaginez un peu !

Puis un soir, j’ai eu envie de manger des frites de plantain et j’ai demandé qu’on m’en fasse. Mon fils aîné descend et me dis, « je savais que c’était toi », je dis « quoi ? », il me dit « les frites, dont l’odeur envahit la maison, tu ne sens pas ? ».
Je me dis, on a encore fait la cuisine en laissant la porte ouverte et je lui réponds « heuuu, non ». Ça me fait tiquer tout de même.

« La veille j’avais lu quelque part que si vous perdez l’odorat, cela rend le diagnostic du covid19 certain. »

La veille j’avais lu quelque part que si vous perdez l’odorat, cela rend le diagnostic du covid19 certain.
Je me dis donc que je vais vérifier. On me ramène ma nourriture et je passe mon nez dessus, pas d’odeur. Je demande à mon fils de me ramener de l’ail, je le passe sous mon nez, rien. Je prends mon parfum que je pulvérise, rien. J’inhale de l’alcool, pas d’odeur. C’est vraiment très particulier.
Et là, je réalise que moi, si sensible aux odeurs, ça fait plusieurs jours que je me suis pas plaint d’une quelconque odeur.
Je me dis, là c’est bizarre, c’est peut-être le covid19 (…).

Je décide donc d’appeler le 1510 le lendemain.
J’appelle aux alentours de 10h, Ok on va vous rappeler et une équipe passera chez vous. J’attends toujours. Mais bon, passons !
En attendant, je doute toujours, je me dis qu’ils ont dit « toux sèche » et moi, j’ai une toux grasse.

Je commence quand même à me demander à quel moment j’aurais pu choper le virus et je repense que le weekend avant le 18, j’ai été à un cabaret, à deux restaurants, dans 3 supermarchés, au salon de coiffure … Juste pour dire que ça aurait pu être partout, donc… respectons les mesures barrières, c’est plus simple ????.

Une fois que j’ai commencé à penser que j’étais malade, j’ai commencé à sentir une pression au niveau de la poitrine, comme un poids, accompagné de légères douleurs. La force de nos pensées sur notre état physique, vous voyez ?

La fatigue ne part pas et les épisodes de fièvre recommencent en dents de scie, pour s’ajouter aux bouffées de chaleur qui elles, ne sont jamais parties depuis le début. J’ai commencé à aller beaucoup mieux au bout de 2 semaines. Je ne ressentais plus de symptômes, sauf ces bouffées de chaleur et la toux qui diminuait aussi.


Pr Ndjock m’a prescrit un scanner thoracique


Je me suis dit qu’il fallait quand même que je fasse le test pour en avoir vraiment le cœur net. J’ai appelé le Pr Ndjock pour savoir si c’était possible de faire le test, en expliquant que j’attendais toujours l’équipe du 1510. Il m’a plutôt prescrit un scanner thoracique que j’ai pu faire 3 jours après et dont le résultat est l’image ci jointe Pour ceux qui doutaient encore de mon âge-là, voilà la preuve, on ne ment pas à l’hôpital !

L’atteinte avait régressé je pense, mais était encore à 25%, plus de deux semaines après les premiers symptômes. Encore des petites lésions qui je pense se résorbent au fil des jours. En tout cas, mes bouffées de chaleur sont parties, le virus aussi à l’évidence, vu qu’il est automatiquement rejeté par le corps après 21 jours d’après les médecins.

Mon conseil : écoutez votre corps. Si vous vous sentez mal, donnez-lui ce qu’il vous réclame.

Je ne dirais pas que c’est pour ça que j’ai pu guérir, mais mon état de santé général était, je pense, plus ou moins correct, ce qui a permis que je me défende bien. J’ai aussi été dans un état psychologique plutôt positif et c’est également important.


Je fais cette note, pour dédramatiser un peu, tellement nous vivons dans la peur. On se nettoie les mains des dizaines de fois par jour avec des gels hydro alcooliques, comme ma boss. On s’étouffe à l’intérieur de son masque, on a même peur de regarder les autres dans les yeux. On croit qu’on va tous mourir. Non. Dédramatiser d’abord, parce qu’au-delà du décompte des morts, qui représentent en réalité la plus petite partie des personnes atteintes par la maladie, parce que sujettes à des complications, il y a la majorité, ceux qui guérissent des symptômes ressentis et même ceux qui ne les ressentent pas du tout. Plus de 90%.

« Dédramatiser ensuite parce-que la peur paralyse, fait paniquer, empêche de prendre les bonnes décisions et altère le jugement. »

Dédramatiser ensuite parce que la peur paralyse, fait paniquer, empêche de prendre les bonnes décisions et altère le jugement.


Pétillante d’intelligence, maman et femme, c’est une professionnelle reconnue par ses pairs. C’est le prototype de la cadre dynamique BCBG
Dédramatiser enfin parce qu’il faut bien continuer à vivre, travailler (des PME ferment mais on n’en parle même pas), se nourrir et même, faire des bébés…
Si tous les médias commençaient à parler chaque jour du nombre de morts que fait le palu par jour chez nous, on vivrait certainement tous sous des moustiquaires !

À mon avis, préparons-nous aussi à l’avoir puisque nous avons du mal à l’éviter.

Et c’est à ça que sert de partager son expérience. Voici la mienne.

Oui j’ai été malade de la star du moment et oui, je suis guérie ????.
Je commence à me sentir mal le 18 mars. Courbatures, mal de tête acerbe, fatigue, qui me poussent à m’endormir sur mon bureau, ce qui ne m’arrive que très rarement. S’en suit une grosse fièvre. Ce que je ressens ressemble fortement à un palu ou à une grippe. Je grelotte et je décide alors de rentrer.

« Ce que je ressens ressemble fortement à un palu ou à une grippe. Je grelotte et je décide alors de rentrer. »

Je prends de l’efferalgan pour faire baisser ma fièvre, qui tombe après une trentaine de minutes. Mais elle reviendra par épisodes dans la nuit.

Entre-temps, je lis pas mal de choses sur le covid19 et ses symptômes. Je me dis qu’on n’est jamais trop prudent. Je décide de rester en isolement dans ma chambre. Si c’est ça, il vaut mieux protéger les enfants et sinon, je n’aurais rien perdu.

Le même soir, vu que je pense fortement à la grippe, je fais bouillir, gingembre et ail concassés + citrons coupés. Boisson à laquelle je rajoute 1 cuillère de miel avant de boire. Très chaud.
J’ai bu cette boisson pendant près de 5 jours et mon corps réclamait uniquement des liquides. Donc bouillies de maïs chaudes, citronnelles + citron, bouillons de poisson, c’est de ça que je me nourrissais. Je ne suis déjà pas très épaisse donc imaginez un peu !



Je ne suis déjà pas très épaisse donc imaginez un peu !
Puis un soir, j’ai eu envie de manger des frites de plantain et j’ai demandé qu’on m’en fasse. Mon fils aîné descend et me dis, « je savais que c’était toi », je dis « quoi ? », il me dit « les frites, dont l’odeur envahit la maison, tu ne sens pas ? ».
Je me dis, on a encore fait la cuisine en laissant la porte ouverte et je lui réponds « heuuu, non ». Ça me fait tiquer tout de même.

« La veille j’avais lu quelque part que si vous perdez l’odorat, cela rend le diagnostic du covid19 certain. »

La veille j’avais lu quelque part que si vous perdez l’odorat, cela rend le diagnostic du covid19 certain.
Je me dis donc que je vais vérifier. On me ramène ma nourriture et je passe mon nez dessus, pas d’odeur. Je demande à mon fils de me ramener de l’ail, je le passe sous mon nez, rien. Je prends mon parfum que je pulvérise, rien. J’inhale de l’alcool, pas d’odeur. C’est vraiment très particulier.
Et là, je réalise que moi, si sensible aux odeurs, ça fait plusieurs jours que je me suis pas plaint d’une quelconque odeur.
Je me dis, là c’est bizarre, c’est peut-être le covid19 (…).

Je décide donc d’appeler le 1510 le lendemain.
J’appelle aux alentours de 10h, Ok on va vous rappeler et une équipe passera chez vous. J’attends toujours. Mais bon, passons !
En attendant, je doute toujours, je me dis qu’ils ont dit « toux sèche » et moi, j’ai une toux grasse.

Je commence quand même à me demander à quel moment j’aurais pu choper le virus et je repense que le weekend avant le 18, j’ai été à un cabaret, à deux restaurants, dans 3 supermarchés, au salon de coiffure … Juste pour dire que ça aurait pu être partout, donc… respectons les mesures barrières, c’est plus simple ????.

Une fois que j’ai commencé à penser que j’étais malade, j’ai commencé à sentir une pression au niveau de la poitrine, comme un poids, accompagné de légères douleurs. La force de nos pensées sur notre état physique, vous voyez ?

La fatigue ne part pas et les épisodes de fièvre recommencent en dents de scie, pour s’ajouter aux bouffées de chaleur qui elles, ne sont jamais parties depuis le début. J’ai commencé à aller beaucoup mieux au bout de 2 semaines. Je ne ressentais plus de symptômes, sauf ces bouffées de chaleur et la toux qui diminuait aussi.


Pr Ndjock m’a prescrit un scanner thoracique
Je me suis dit qu’il fallait quand même que je fasse le test pour en avoir vraiment le cœur net. J’ai appelé le Pr Ndjock pour savoir si c’était possible de faire le test, en expliquant que j’attendais toujours l’équipe du 1510. Il m’a plutôt prescrit un scanner thoracique que j’ai pu faire 3 jours après et dont le résultat est l’image ci jointe Pour ceux qui doutaient encore de mon âge-là, voilà la preuve, on ne ment pas à l’hôpital !

L’atteinte avait régressé je pense, mais était encore à 25%, plus de deux semaines après les premiers symptômes. Encore des petites lésions qui je pense se résorbent au fil des jours. En tout cas, mes bouffées de chaleur sont parties, le virus aussi à l’évidence, vu qu’il est automatiquement rejeté par le corps après 21 jours d’après les médecins.

Mon conseil : écoutez votre corps. Si vous vous sentez mal, donnez-lui ce qu’il vous réclame.

Je ne dirais pas que c’est pour ça que j’ai pu guérir, mais mon état de santé général était, je pense, plus ou moins correct, ce qui a permis que je me défende bien. J’ai aussi été dans un état psychologique plutôt positif et c’est également important.


Mireille Esso est Strategy and Business Director chez MW DDB
Pleurons ceux qui ont eu moins de chance. Pour ma part, deux personnes formidables, ma tata Désirée Epee, et mon frère Jean Bernard Onguene.

Que la lumière sans fin brille sur vous. Mais comme j’ai dit plus haut, préparons-nous plutôt à l’avoir parce-que visiblement nous avons beaucoup de mal à l’éviter. Néanmoins, respectons les mesures barrières pour continuer à protéger les personnes à risque.

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