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General News of Friday, 4 December 2020

Source: Actu Cameroun

Grève des avocats : coup d’épée dans l’eau ou succès ?

Les hommes en robe noire ont décidé de sécher les palais de justice. Ils protestent contre les violations dont ils. sont victimes.


Ils l’ont annoncé. Ils l’ont fait. Les avocats du Cameroun sont entrés en grève le 30 novembre 2020. Rendu au 03 décembre, c’est toujours « palais mort ». Un tour au Tribunal criminel spécial (Tes) et dans les tribunaux d’instance (TPI, TGI) a permis de constater que les hommes en robe noire, qui défendent les intérêts des justiciables, ne sont pas présents. L’un d’eux, le Pr Dieudonné Oyono qui a eu deux audiences (les 02 et 03 novembre), a vu son procès tout simplement reporté au 18 décembre prochain.

Le message est donc clair : il n’est pas question d’accepter les exactions dont sont victimes ces garants de la loi. En fait, ces acteurs de la chaîne judiciaire montent au créneau au lendemain des actes de violence et d’arrestation dont ont été victimes plusieurs avocats. C’était le 10 novembre dernier dans la salle d’audience du tribunal de première instance (Tpi) de Bonanjo, à Douala. Les avocats se sont opposés au refus du juge d’accorder la liberté sous caution pour les mis en cause. Ils ont dénoncé l’ajournement du procès.

Les hommes en robe noire ont ensuite opposé une vive résistante» à l’emprisonnement de leurs collègues poursuivis pour tentative de corruption. C’est alors que la police a pris d’assaut la salle d’audience, lançant au passage des gaz lacrymogène. Des coups de feu ont été entendus mais aucun décès n’a été enregistré. Dans la foulée, deux autres avocate ont été arrêtés avant d’être condamnés à six mois de prison avec sursis pour trois ans.



Au-delà de ces faits, tordre des avocats dénoncent les actes de harcèlement à leur endroit. « Nous voulons montrer aux autorités publiques que ; nous sommes en colère contre la façon dont elles nous traitent en ennemis. Nous ne sommes pas au-dès-sus des lois, mais les autorités devraient nous traiter avec respect et dignité », a expliqué Me Tamfu Richard aux journalistes de BBC.

Pour exprimer également leur mécontentement, les avocats sont allés jusqu’à renoncer à l’hommage judiciaire prévu à la Cour.suprême et à la Cour d’Appel du Littoral pourtant destinée à saluer la mémoire du bâtonnier, Charles Tchakounté Patie, mort récemment à Paris.

Au fil des grèves
Au lendemain du déclenchement du mouvement de colère des avocats, des dissensions sont nées. Les premiers se sont opposés à la grève du ’ fait que leurs confrères ont foulé la déontologie de la profession; entre autres. Les seconds ont estimé que la décision consécutive à la tenue de la réunion extraordinaire du barreau du 21 novembre 2020, £oit maintenue. Ce qui a été fait


Sauf que ce bras de fer il est pas une première. Chacune des grèves initiées jusqu’ici a connu des fortunes diverses. La colère de 2016 qui continue à avoir des effets jusqu’à ce jour, a été récupérée sur le plan politique,. avec pour conséquence la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans le feu de la crise, l’exigence du bilinguisme a été respectée puisque les textes OHADA sont désormais en anglais.

Du reste et au contraire, les autres n’ont pas eu le même effet. A ce propos, il sied d’indiquer que du 16 au 20 septembre 2019, le barreau du Cameroun a initié une grève qui a été respectée. Dans un communiqué publié le 31 août de la même année, le Conseil de l’ordre a dénoncé, entre au-très, les interpellations et détentions arbitraires d’avocats, la récurrence de violences physiques exercées contre eux par des éléments des forces de l’ordre, l’audition et la conduite des débats dans des langues autres que celles des personnes poursuivies, la comparution nue des détenus aux audiences publiques, l’obtention d’aveux par la torture et le dol, la transformation illégale des gardes à vue judiciaires en gardes à vue administratives, ainsi que la non-réponse à certaines requêtes des avocats.

Une rencontre a même été organisée avec le gouvernement. La grève a été maintenue au cours de la session extraordinaire du Conseil portant spécifiquement sur cette question. Sauf qu’en 2020, ce sont encore les mêmes récriminations qui reviennent.

En face, ce sont les justiciables qui trinquent. Les audiences sont reportées quotidiennement avec des incidences importantes sur la poursuite des procès. La chaîne judiciaire est à la limite paralysée puisque les avocats sont également considérés comme des auxiliaires de justice. C’est donc au regard de ces faits, que les questions suivantes ont été posées aux experts. Cette grève est-elle ? Qu’est-ce que cela peut changer dans un système comme le nôtre ? Comment juger le silence gardé jusqu’alors par le pouvoir notamment le ministre de la justice à ce sujet? Le coût pour les justiciables désormais privés d’avocats n’est-il pas trop élevé ?

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