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General News of Thursday, 20 December 2018

Source: Essigan N°147

Gestion hasardeuse des lycées et collèges: le jeu trouble de Nalova

La ministre des Enseignements secondaires a instruit que les chefs d’établissement pouvaient rentrer en possession, progessivement, des fonds dont la pénurie paralyse les lycées et collèges. Une directive qui va à rebours des engagements pris devant la communauté éducative.

La gestion financière des lycées et collèges se conforte, sous Nalova, comme étant véritablement une nébuleuse. Chaque jour qui passe dévoile un peu plus l’épais ombrage qui entoure la nouvelle donne managériale de gestion des frais exigibles que la nouvelle ministre des enseignements secondaires a instauré depuis septembre dernier. «J’ai l’ honneur de vous informer qu’à compter de ce mercredi 12 décembre, vous pouvez vous rendre auprès de vos postes comptables respectifs pour entrer en possession des frais visés en objet, collectés par Campost, Express Union, Mtn Cameroon et Orange Cameroun pour le compte de l’année scolaire 2018/2019», recommande-t-elle dans une correspondance adressée aux différents responsables des services déconcentrés du Minesec le 13 décembre 2018.

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Il y a cependant lieu de relever que cette démarche jure avec la coutume et le modus operandi que le Minesec avait communiqué à la communauté éducative lors de la sectorielle de rentrée tenue au Collège Jean Tabi, à Yaoundé, le 24 août 2018. Lors de cette grand-messe, le Mine- sec avait indiqué que les frais collectés par les opérateurs devaient être portés automatique- ment au crédit des comptes des différents établissements scolaires ouverts auprès au niveau du trésor public. Mais depuis septembre, les lycées et collèges subissent un ramadan financier inédit. «Il est impossible de faire fonctionner nos administrations car nous sommes sans ressources financières», déclare, sous anonymat, un proviseur de la ville de Yaoundé. En effet, le virement des frais exigibles n’a jamais été automatique.

Virement des fonds

«Ce n’est pas à Orange Cameroun de faire un virement bancaire dans les comptes des établissements scolaires, mais l’Etat», déclarait un cadre de cette entreprise à votre journal. Le propos d’un autre cadre de cette entreprise est plus explicite encore: «Seule la ministre des Enseignements secondaires peut autoriser le virement des fond», répond-il. A la suite de sa correspondance, la Minesec indique que: «Lesdits frais vous seront débloqués sur la base des listings des élèves s’étant acquittés de leurs contributions, de vos besoins exprimés et des ordres établis dans le respect des procédures en vigueur.» Cette autre précision de Nalova Lyonga sème, une fois de plus, le doute et l’incompréhension dans les esprits. En effet, les besoins des établissements scolaires sont bien encadrés et catalogués suivant la circulaire portant modalités d’exécution du budget des établissements scolaires publics du 20 septembre 2001.

Eu égard à cette circulaire, la fraction de la contribution exigible par élève affectée aux dépenses sous rubrique est de: 5425Fcfa au premier cycle de l’enseignement général et 7 925 francs pour le second cycle de cet ordre d’enseignement. Et, 7950Fcfa pour le premier cycle de l’enseignement technique et 12 050Fcfa pour le second cycle. Ainsi les lycées et collèges ont seize postes de dépenses liés à leur bon fonctionnement: l’assurance scolaire , le matériel didactique et fournitures, la pharmacie, le fonctionnement du conseil d’établissement, la bibliothèque, la coopérative, le travail manuel, la carte d’identité scolaire, le carnet mensuel, la matière d’œuvre, le laboratoire, la maintenance des infrastructures et équipements, le projet d’établissement, les activités sportives, l’animation culturelle, l’orientation scolaire et professionnelle.

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Tous ces postes doivent être pourvus dès la rentrée scolaire pour un fonctionnement optimal des établissements scolaires. Mais c’est plutôt à la fin du premier que Nalova se décide enfin à irriguer financièrement les lycées et collèges. Et ce, au compte-goutte. Car «vos comptes respectifs seront alimentés au fur et à mesure que les paiements s’effectueront», précise-t-elle. Pourtant dans la circulaire de rentrée, Nalova avait indiqué que le paiement des frais exigibles courait jusqu’au début du mois de novembre. A dire qu’à ce jour plus de 90% de ces recettes ont déjà été recouvrées. In fine, la gestion des frais exigibles dans les lycées et collèges sous le magistère de Nalova apporte la preuve de ce que le paradigme de «l’école propre» qu’elle dit promouvoir n’est qu’un slogan.