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General News of Wednesday, 3 June 2020

Source: 237online.com

Gestion du pouvoir: l’appel à la mobilisation de l’opposition en question


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Depuis l’élection présidentielle contestée du 7 octobre 2018, Maurice Kamto et ses fidèles soutiens sont inflexibles face à l’intransigeance du pouvoir autour duquel l’opposition est aphone et atone sur les questions d’actualité politique.

« Le Mrc et le peuple du changement », est une des expressions les plus significatives qui ressort de la Déclaration de Maurice Kamto de lundi dernier. A qui le leader du Mrc pense-t-il lorsqu’il parle du peuple du changement ? Parle-t-il de tous ceux qui veulent l’alternance au sommet de l’Etat ou bien signifie-t-il, comme le suggère le nom de baptême de son parti, tous ceux qui souhaitent une renaissance, un renouveau de la pratique politique au Cameroun ? On voit de toute évidence que Maurice Kamto veut ratisser large, en partant des deux régions anglophones en proie à la sécession à ceux des Camerounais qui pensent qu’une révision consensuelle du système électoral est indispensable. De ce point de vue, les présidents des partis politiques peuvent se sentir spoliés, inquiétés car à tout moment les militants pourraient répondre sans les consulter à un éventuel appel du Pr Maurice Kamto. Ce n’est pas une vue de l’esprit si on s’en tient aux raz-de-marée constatés dans les rues de Bafoussam, Douala et même Paris. C’est expliquer ici toute l’animosité que pourraient nourrir certains leaders politiques, tous bords, face à une telle éventualité.

Par ailleurs, ce « peuple de changement », si tant il est vrai que c’est le sens qu’il le lui donne, existe-t-il en tant que corps social et prêt à répondre comme un seul homme à son appel ? C’est là où toutes les incertitudes s’amoncellent, poussant particulièrement dans les cordes les autres leaders des partis politiques, surtout de la majorité et de ceux qui ont fait leur entrée récemment au sein de l’Assemblée nationale et des conseils municipaux à l’issue de l’élection couplée du 9 février dernier. Cette nouvelle aventure à laquelle Maurice Kamto convie les siens, dans une posture trans-partisane, sera-t-elle perçue par les Camerounais dans le sens réel qu’il veut exprimer ? Dans cet appel à la mobilisation générale et la vigilance des Camerounais au sujet de la gestion du pouvoir au sommet de l’Etat, jusqu’où ira l’écho de cette initiative ? Après cette sortie de Maurice Kamto, on est curieux de suivre ce que diront les autres leaders politiques. Quelle sera l’expression de la réplique du Rdpc et de ses alliés ? Entre silences des uns, sorties aux accents aigues des autres et initiatives, les dés sont jetés.

Une nouvelle opposition en recomposition Le débat qu’il y a cours aujourd’hui au sein des exégètes des questions politiques nationales est de distinguer l’opposition de la majorité gouvernante. Avant la dernière présidentielle, il était un acquis que le Sdf de Ni John Fru Ndi et l’Udc d’Adamou Ndam Njoya animaient en duo l’opposition au pouvoir, même si les deux hommes ne s’entendaient pas toujours, l’opinion avait acté que ce duo constituait la force alternative au pouvoir avec leurs maigres forces et leurs immenses faiblesses. La dernière élection est venue remettre tout en cause.

Le charismatique Ni John FruNdi a passé la main Joshua Osih, son vice-président, dans la course vers le Palais de l’Unité. C’est connu, il a sombré, occupant la piteuse quatrième place au finish. Le leader de l’Udc, diminué physiquement n’a pas pu se lancer véritablement dans la course, ce qui a justifié sa place au sein du peloton de queue. Curiosités des curiosités qui évidemment permettent de soulever un pan de voile de l’attitude aphone des leaders politiques d’aujourd’hui, en dehors de Garga Haman Adji, aucun homme politique du septentrion n’a daigné s’engager dans la compétition de la présidentielle. Les hommes politiques de cette partie du pays, réservés pour ne pas dire silencieux, ont préféré se taire pour que perdure le statut quo, à savoir la victoire de Paul Biya.

Dans le grand sud du pays, il va de soi que le Sdf laminé et traversé par ses dissensions internes, n’avait visiblement aucun intérêt à défendre les « petits partis » qui lui avaient ravi la vedette. Au besoin, Joshua Osih n’a pris aucune précaution pour critiquer dans tous les sens le Mrc et son leader Maurice Kamto au plus fort de sa résistance au « Hold-up électoral ». A l’Udc, si les critiques n’ont pas fusé, le
parti a gardé le silence.

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