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General News of Friday, 26 June 2020

Source: actucameroun.com

Gestion de la Covid-19 : enquête au cœur du business autour des morts


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L’épidémie du Covid-19 révèle chaque jour un peu plus, son arrière-cour. Depuis les premiers moments et pendant longtemps, le traitement des dépouilles a été l’objet de controverse.


Sommairement inhumés dans certains cas, les familles tenues à l’écart et très loin des corps des leurs proches, ont régulièrement dénoncé ce qu’elles considèrent comme une injustice. Là où les autorités médicales et politiques expliquaient qu’il s’agissait d’éviter une contamination due à la manipulation des corps. Conséquence, il fallait inhumer les victimes du Covid-19 dans les 12 heures qui suivent le décès.

Une démarche qui a durant ce temps, privé les familles des cultes et aspects spirituels dédiés au mort. Et les coulisses sont riches de clichés, tranches de vie et anecdotes. Et surtout cet argent qui y circule et coule à flots. A côté des cas de morts d’autres maladies que le Coronavirus, il se dit que des familles ont été approchées par des enveloppes financières pour admettre qu’un proche est décédé de Covid-19.

Alors que des médias dont Essingan alertaient l’opinion publique, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, sur recommandation du Conseil scientifique des urgences de santé publique (Cosus), a pris la décision de faire restituer les corps pour inhumation dans les 48h au plus tard.

Un décès, une source d’enrichissement. Tel semble être le slogan dans les formations sanitaires impliquées dans la lutte contre le Coronavirus. A la date du 24 juin 2020, le Cameroun totalisait 313 décès de suite du Covid-19, équivalent de 313 enterrements. De la détection du virus chez une personne à l’enterrement, dans certains cas, en passant par la prise en charge, le gouvernement camerounais avait pris sur lui, toutes les charges financières.

Pour la prise en charge quotidienne d’un patient du Covid-19, les fonds débloqués par l’Etat sont évalués à 300 mille Fcfa. Cette information délivrée par le Pr Etoundi au cours de l’émission Scènes de Presse sur la Crtv télé, n’a pas été démentie par le ministre de la Santé publique (Minsanté), Manaouda Malachie. Et pourtant, le propos a fait des vagues.

Les adeptes de l’arithmétique en arrivent au chiffre de quatre millions 200 mille Fcfa au bout d’un traitement de 14 jours. Se pose alors aussi, la question du protocole thérapeutique adopté. Au cours de l’une de ses sorties courant avril 2020, le ministre de la Santé publique avait indiqué qu’il était pour l’essentiel à base de chloroquine dans les formations sanitaires publiques. Le secteur privé ayant en plus, depuis l’avènement des traitements alternatifs proposés par des chercheurs locaux, opté pour ces solutions endogènes des tradithérapeutes et autres biochimistes. La dure épreuve pour les familles est celle de l’enterrement des morts. En dépit dé la mesure d’assouplissement, 48h au plus, prise en début juin par le Minsanté.


Des frais d’enterrement sont entièrement pris en charge par les pouvoirs publics. D’où certainement l’effet «vache à lait». D’après des sources concordantes et toutes autorisées, il s’est développé un business autour de cette pandémie du Covid-19. Notamment l’inhumation des personnes décédées. Un commerce bien encadré par nombreux professionnels de santé. Abordés, certains professionnels sous anonymat crèvent l’abcès: «Chaque enterrement d’un malade de Covid-19 coûte entre cinq et quinze millions de Fcfa. L’équipe médicale et sécuritaire impliquée s’en tire avec au moins une dizaine de millions en fonction du nombre de personnes retenues».


Quinze millions

En tout cas, il revient au reporter d’Essingan que l’assainissement du corps et du cadre du décès vaut trois millions de Fcfa. Pour la diligence vers le lieu de l’inhumation, le trésor public débourse un million de Fcfa au profit de chaque membre de l’équipe mise en route.

«Chaque enterrement d’un malade de Coiv-19 rapporte entre cinq et quinze millions. Le partage est très encadré et bien segmenté. Dans le silence et loin des regards inquisiteurs, il se déroule des choses. Chacune des personnes Impliquées reçoit pas moins d’un million de Fcfa. Pas étonnant que tout soit mis à contribution pour que tous les morts soient des victimes du Coronavirus. Et l’équipe est longue de liste. Elle va des agents d’assainissement aux porteurs», confie sans se faire citer une source. Des révélations qui viennent conforter certaines thèses qui meublent de vives discussions dans les chaumières. Les mêmes sources signalent des démissions dans les rangs pour cause de frustrations.

L’une des dénonciations est liée à l’achat de la housse. Avant d’être mis dans un cercueil, la dépouille est enveloppée dans cet équipement obligatoire. Lui aussi fourni aussi par l’Etat. «La housse, qui est obligatoire, qui porte le cadavre coûte un million de Fcfa», partage notre source qui n’avale toujours pas la thèse gouvernementale selon laquelle, un mort de Covid-19 est contaminant’. Pour cette source, ce dévouement de certains professionnels devenus «activistes», est suspect.

«Il n’y a pas de raison qu’on précipite les enterrements. En France d’où nous tenons l’essentiel de nos pratiques professionnelles, l’inhumation se fait au bout de trois jours. Et ce, depuis le début de l’épidémie. Notre compatriote Manu Dibango a été enterré au bout de trois jours», note une autre source.


Légendes et histoires vraies


Tout semble dire que l’accompagnement financier proposé par les pouvoirs publics, est un vrai fromage. Il se dit alors beaucoup de choses. Qu’on détourne par exemple les dépouilles. Les cas les plus flagrants étant ceux de personnes décédées d’autres maladies. Dans les coulisses des hôpitaux publics notamment, il se raconte beaucoup de choses. Que les praticiens approchés n’ont pas souhaité abordées. Considérées au départ comme des légendes, des histoires vraies heurtent les esprits.

Plusieurs familles disent avoir reçu des propositions d’enveloppe d’argent pour admettre qu’un parent est mort du Coronavirus. C’est le cas d’une dame d’Ombessa à qui il a été proposé sept millions de Fcfa dans une formation sanitaire de Douala, pour convaincre ses frères et sœurs.

Une autre pratique devenue banale, est la déclaration par les équipes médicales de morts des suites du Covid-19 bien avant la disponibilité des résultats du test effectué. «On enterre de façon sommaire une personne. Et en retirant le dossier médical quelques temps après, il n’y a pas aucune trace du Coronavirus», font savoir certaines indiscrétions.

A ce tire, on reparle du cas du colonel Marius Etoundi, médecin personnel du chef de l’Etat, Paul Biya. Des problèmes que les autorités au ministère de la Santé publique mettent sur le compte de «la charge de travail, la délicatesse des cas et l’apprentissage que . les équipes médicales submergées, font au quotidien. Tant les situations sont les unes aussi complexes que les autres. Ce, d’autant plus que le système de dépistage du virus, reste une équation à plusieurs inconnues.

Par ailleurs, nombre de familles contestent preuve à l’appui le certificat de genre de mort de leur parent. Dans ce même registre, Simon Meyanga, mis en terre le 10 mai 2020 dans son natal d’Akam Sobia dans l’arrondissement de Kobnodombo au cœur du Nyong-et-Mfoumou. Durant sa prise en charge au Centre hospitalier et universitaire (CHU), le corps médical administrait à ce journaliste de regrettée mémoire un traitement du Covid-19, des sources familiales. Chose curieuse est que le résultat n’était pas encore disponible jusqu’au jour de son dernier souffle, pourtant admis dans cet hôpital le 08 mai présentant d’autres symptômes.

«Il souffrait d’un mal de ventre et d’une douleur à la poitrine», expliquait une source familiale. Hâtivement présenté comme une victime du Covid-19 par les autorités sanitaires, les tests vont révéler autre chose quelque temps après.

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