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General News of Monday, 29 March 2021

Source: www.camerounweb.com

Georges Alain Boyomo psalmodie Francis Nganou

Dans son édito du 29 mars 2021 paru dans le quotidien Mutations, le directeur de publication de ce journal soutient qu’il faut croire à son rêve.

Depuis la nuit de samedi à dimanche dernier, Francis Ngannou est le nouveau champion du monde poids lourds de l’Ultimate fighting championship (UFC) en Ligue américaine d’Arts martiaux mixtes (AMM). Un couronnement pour ce boxeur camerounais âgé de 34 ans, une fierté pour le Cameroun tout entier. Après Jean-Marie Emebe (champion d’Afrique), Joseph Bessala (médaillé d’argent aux Jeux olympiques), Martin Ndongo Ebanga (médaillé de bronze aux Jeux olympiques), le pays se voit honorer au plus haut de l’échelle mondiale.

Bien plus, Francis Ngannou, c’est une histoire singulière qui pourrait inspirer un scénario hollywoodien. En 2013, il débarque en France dans la peau d’un migrant clandestin. Pendant un bon bout de temps, il va passer des jours et des nuits dans la rue, avant d’être recueilli par une association parisienne.

Incarnation de l’opiniâtreté, Francis Ngannou est le symbole de cette jeunesse africaine et camerounaise, souvent désespérée, qui prend la mer dans l’espoir de vivre sous des cieux plus gratifiants. Dans son parcours du combattant, beaucoup d’autres jeunes doivent sans doute prendre de la graine. Malgré les vents et les marées, il faut croire à son rêve et se donner les moyens de l’atteindre. « Je trouve difficilement les mots. Je m’étais fait une promesse de gagner. Accomplir cela alors que personne ne pensait que je pouvais le faire est un sentiment si puissant. Donner tort à ceux qui doutaient de moi me donne une immense satisfaction », a déclaré le champion dimanche.

Quelques années plus tôt, en 2018, Francis Ngannou se présentait déjà comme « un jeune qui n’a pas eu beaucoup de chance dans la vie, mais qui ne s’est pas résigné, qui s’est permis de rêver ». Et d’ajouter, déterminé : « Je combats contre un sort qui m’était destiné, une situation à laquelle j’étais condamné ».

Francis Ngannou, c’est également la personnification de l’humilité. Il n’est pas ivre de sa gloire et garde un rapport particulier à sa patrie. Pendant son dernier séjour dans son pays, le Cameroun, sa présence aux côtés des forces de défense et de sécurité, engagées sur divers fronts dont celui du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a été remarquable. La polémique née de cette marque de soutien apportée à l’armée ne l’a pas fait dévier de ses convictions.

Lui, Ngannou, « The Predator », a pourtant des raisons d’en vouloir à nos gouvernants actuels, qui n’ont pas toujours travaillé à créer les conditions propices à l’épanouissement de la jeunesse surplace au Cameroun. Mais, en accord avec Napoléon Bonaparte, qui affirme que « la première des vertus est le dévouement à la patrie », le boxeur camerounais évite de s’ériger en anti-modèle, car ses vrais combats sont ailleurs, sur le ring. Il n’aspire qu’à mettre KO ses adversaires pour faire flotter haut le drapeau du Cameroun.

Ngannou, enfin, c’est le symbole de ce Cameroun, un et indivisible, qui gagne. Pas de place pour les considérations rétrogrades au moment de savourer son éclatante victoire. Le Lion indomptable de la boxe en souffrirait de toutes les façons, lui dont les fans se recrutent dans tous les coins et recoins du Cameroun, mais aussi en Afrique et dans le monde.
Fort de sa ceinture de champion, Francis Ngannou est, au final, un phare qui doit éclairer d’une lueur nouvelle la trajectoire que chaque jeune Camerounais entend se donner. Qu’on se le dise une fois pour toutes : la vie est un combat que seuls les persévérants gagnent.

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