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General News of Tuesday, 18 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Georges Alain Boyomo déplore l’annulation des festivités du 20 mai

L'unité nationale est proprement malmenée L'unité nationale est proprement malmenée

Georges Alain Boyomo est directeur de publication de Mutations<
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Selon lui, par ces temps où l’unité nationale est menacée, on devrait profiter du 20 mai pour la raviver.

Le 20 mai devait servir à réanimer le cadavérique comité de suivi du Grand dialogue national afin qu'il nous fasse le point sur les avancées et perspectives dans la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

La célébration du 20 mai n’aura pas lieu pour la deuxième fois consécutive. Si ce choix est motivé selon les autorités par la par la résurgence de l’épidémie du Covid-19, pour le directeur de publication du quotidien Mutations, on aurait profité de cette occasion pour résoudre certains problèmes qui menacent l’unité nationale. Voici l’intégralité de son éditorial paru au journl Mutations hier lundi.

Le 20 mai, jour de la célébration de l'unité nationale, c'est jeudi. Comme l'année dernière, officiellement en raison de la pandémie du COVID-19 et ses ravages, les festivités y relatives, notamment le défilé civil et militaire présidé au boulevard éponyme par le chef de l'État n'aura pas lieu.
En toute logique, on aurait attendu du gouvernement une offre alternative de commémoration de l'Etat unitaire, par ces temps où l'unité nationale est proprement malmenée, voire méthodiquement déconstruite par des Camerounais pour différents mobiles fondés ou infondés, recevables ou irrecevables.
On a certes eu droit il y'a deux semaines à un colloque sur le discours de haine organisé par la Commission chargée de la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, qui a débouché sur un ensemble de recommandations, mais rien n'empêchait, dans la foulée du 20 mai, de réanimer le cadavérique comité de suivi du Grand dialogue national afin qu'il nous fasse le point sur les avancées et perspectives dans la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui est à sa quatrième année de nuisance et de destruction.
L'apothéose aurait pu être le message à la nation du président sur de la République sur "l'état de l'union", le 19 mai.

Nos problèmes

La vie nationale ne s'arrête pas avec le coronavirus. Le discours officiel tend d'ailleurs à démontrer qu'il faut se résoudre à vivre avec la pandémie, en évitant de contracter le fichu virus grâce à l'observance des mesures barrières et à la vaccination.
Deux 20 mai successifs sans pouvoir questionner dans l'intimité républicaine notre vivre-ensemble, c'est une faute politique.
Il est de notoriété publique que la gestion boiteuse de notre diversité sociolinguistique, l'iniquité dans la redistribution de la richesse nationale, l'injustice sociale et la course effrénée au pouvoir d'État plombent la dynamique unitaire, laquelle semblait sur de bons rails il y'a plus de trois décennies.

Les réseaux sociaux sont venus renforcer et amplifier ces périls jadis latents et rampants. Aujourd'hui, les Camerounais voisinent, s'épient, se toisent, s'affrontent à fleurets démouchetés ou s'entretuent.
Construit permanent, l'unité nationale paie ainsi le prix d'une discontinuité dans le suivi et la consolidation de ses piliers, de ses poutres. Les concepts tels que "l'équilibre régional" qui devait être épousseté et adapté à la modernité, en faisant jouer harmonieusement la représentativité sociologique, l'irremplaçable mérite et la nécessaire compétitivité, est de ces poutres qui ont été rongées par l'élite gloutonne et clientéliste qui gouverne le Cameroun. Cet équilibre régional n'est plus qu'un cache-sexe effiloché pour masquer la volonté de certains tenants du pouvoir de "vendre les places" et se constituer un trésor (de guerre?) ou de placer les leurs dans un dessein à peine dissimulé de reproduction sociale.
Que reste-t-il donc de l'unité nationale dans un tel contexte? Rien ou presque, sinon des slogans ou alors la magie d'une propagande lâche qui, comme un pétard mouillé, n'opère plus. Le prisme déformant de la réalité longtemps servie au peuple camerounais s'est brisé tel un miroir apocryphe. Hélas, reconstituer la glace pourrait prendre du temps, beaucoup de temps.

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