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Actualités Régionales of Tuesday, 13 April 2021

Source: Tropikinfo

Garoua : les populations ne pleurent et ne regrettent guère leur Lamido décédé

Le décès d'un gardien du temple de la tradition est toujours un grand moment de douleur et de recueillement. Toutefois, cette forte émotion est fonction, voire même, renseigne sur l'impact de la gouvernance de l'illustre chef disparu sur ses sujets durant son règne. Ce qui malheureusement n'est pas le cas du Lamido Alim Hayatou dont la disparition le 05 avril dernier n'émeut pas autant que cela les populations. En clair, les populations de Garoua ne pleurent pas leur Lamido décédé.

Mais comment comprendre cela est-on porté à s'interroger? Eh bien c'est parce que le Lamido décédé.
Alim Hayatou a régné dans une indifférence totale de ses populations marquée par un éloignement à la fois physique, moral, spirituel, social etc. Ce qui est totalement le contraire des autres chefs occupant également des fonctions au pouvoir. Jamais, plus jamais ça, disent les populations et pour cause, quelques illustrations pourraient aider à mieux comprendre cette déchéance du feu Lamido de Garoua.

1. Lorsque le Sultan Mbombo Njoya apprend la mort du père Seidou Njimolu Njoya, il était au gouvernement et occupait le poste d’un ministère puissant, en l'occurrence celui de l'administration territoriale. Il décide alors de démissionner pour se consacrer pleinement à son « peuple Bamoun ».

2. Quand le Lamido de Rey Bouba apprend la mort de son frère, il décide de quitter son poste de Conseiller auprès du Chef de l’Etat pour aller s’occuper de son peuple « son Rey Bouba » Natal, territoire plus vaste que la Belgique.

Mais les populations ont attendu en vain le retour de leur Lamido, simple secrétaire d’Etat à la Santé en vain. Ils ont attendu 21 ans et se sont mis à compter le nombre de jours que celui-ci a passé à Garoua dans son Lamidat:
492 jours en 21 ans de règne, soit un an et quelques jours pour un royaume à la dimension du Lamidat de Garoua.

Qui assurait la gouvernance entre temps? Deux personnes sans envergure, aucune.
L'une d’entre elle bien connue de la cité le Gardien Kofa qui avait le pouvoir sur tous les notables alors qu’il n’était que le dernier des derniers dans la catégorie des doungourous du Chef.
Le second, pour sa part, n’avait absolument rien à voir avec la chefferie, ne bénéficiant même pas d'un titre de gardien.

Il se faisait appeler le Régent pour ceux qui étaient gentils mais pour la plupart, c’est bel et bien le Djataw du Lamido.

Pour la petite histoire, ce dernier s’impose auprès du Lamido grâce à l’entregent de sa grande sœur, épouse attristée du Lamido. Idrissou ou Angoua comme certains, a réussi à rendre la chefferie de Garoua ce qu’elle est véritablement devenue: Une véritable loque, sans repère et sans conventions, les Traditions étant bafouées.
« Nous devons retrouver le lustre d’antan. Nous allons tous voter, comme un seul homme contre les rejetons de Alim, s’ils ont le courage de se présenter » dit un notable sous le sceau de l'anonymat

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