Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 09 11Article 541039

General News of Friday, 11 September 2020

Source: wutsi.com

Fuite des épreuves au Bac: Kevin Gassam, tricheur ou bouc émissaire ?

Les résultats du Baccalauréat sont progressivement en train d’être disponibles au Cameroun, mais l’actualité se trouve ailleurs : le petit Kevin Gassam, 18 ans à peine, vient d’être libéré de la prison de Kondengui grâce à ses avocats dévoués, et cela lui permettra de comparaître libre lors des prochaines audiences concernant cette affaire.

Ce fait divers a considérablement secoué la Facebooksphère camerounaise, au point de transformer cette actualité en énième bavure du régime en place à Yaoundé. Car au départ il s’agissait bien d’une fuite d’épreuves scientifiques qui se sont retrouvées dans les mains de dizaines de milliers de candidats –sinon tous– au bac session juillet-août 2020, et puis cette fuite était tellement considérable qu’il a fallu reprogrammer toutes ces matières pour les séries scientifiques.

Ici on appelle ça « l’eau ». Généralement il coule un peu d’eau lors de tous nos examens nationaux, mais pas assez pour remplir un fût de 100 litres et donc pour alerter toute l’opinion publique et surtout les réseaux sociaux. Y compris dans les concours ! Là-bas pas besoin de fuites en réalité, puisque le nom de famille, la recommandation ou encore l’origine ethnique peuvent suffire pour le réussir. Mais cette fois le débordement hydraulique était si voyant, si grotesque, si universel que ç’aurait été ridicule de voir que tous les candidats au baccalauréat C ont bravé l’épreuve de mathématique avec la modeste note de... 20/20 !

On a arrêté le jeune Kevin Gassam parce qu’il a eu à récupérer cette épreuve dans un groupe Telegram, et qu’il l’a repartagée dans ses forums d’étude WhatsApp. Je rappelle que le jeune post-adolescent n’avait que dix-huit ans au moment des faits (d’ailleurs il les a toujours), il était lui-même candidat à cet examen terminal de fin de cycle, et qu’on ignore encore s’il était réellement conscient qu’il s’agissait effectivement des questionnaires qui viendraient au bac final...

Rappelons aussi que ce jeune vit à Bagangté, c'est-à-dire loin de Yaoundé où sont pourtant confectionnés et bien scellés ces packs d’épreuves.

Alors pourquoi arrêter ce bambin ? Y compris quatre de ses congénères qui sont aussi « coupables » des même chefs d’accusation, quoique vivant qui à Loum, qui à Njombè, qui à Nkongsamba et que sais-je encore ! Mais en tous cas toujours loin de Yaoundé.

On s’acharne sur ces jeunes gens androïd et pourtant les administrateurs de l’OBC (office du baccalauréat du Cameroun) continuent de vaquer à leurs occupations sans aucune limitation de mouvements, sinon avec des sanctions administratives dont on se doute bien que personne n’ira vérifier si elles seront effectivement appliquées.

L’affaire Kevin Gassam apparaît comme une fable de Lafontaine, avec des boucs émissaires et des commanditaires. C’est une farandole qui est aussi risible que surréaliste. C’est un fait divers improbable, inimaginable et d’ailleurs insoupçonnable. Parce que même si l’acte du petit Kevin peut s’avérer répréhensible (s’il avait eu connaissance de la qualité des documents qu’il partageait), il n’en demeure pas moins que les véritables responsables se trouvent certainement au niveau de nos ministères.

C’est carrément ridicule de faire porter le chapeau d’une fraude aussi importante à un petit enfant qui n’a même pas encore terminé sa puberté...

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter