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Actualités of Wednesday, 14 April 2021

Source: Le point N°367

Fratricide/Epervier : la longue liste des Beti ‘sacrifiés’ par Paul Biya

Depuis que le chef de l’Etat Paul Biya a pris la décision d’aller en guerre contre les gestionnaires indélicats de la fortune publique, une nouvelle classe de détenus a vu le jour. On les désigne par ‘‘prisonniers de luxe’’ ou ‘‘VIP des prisons’’ ou encore ‘‘prisonniers de Paul Biya’’. Ils ont été dans un passé plus ou moins récent, secrétaires généraux à la présidence de la République, ministres, directeurs généraux des sociétés parapubliques et publiques, directeurs et autres responsables à quel que niveau que ce soit dans l’administration centrale. Cependant, force est de constater que de toute cette nouvelle tranche de la population carcérale, une tribu surabonde. Et comme si cela ne suffisait pas déjà comme humiliation de tout un peuple, les traitements à eux infligés sont de l’ordre de la Justice de deux poids, deux mesures.

Si les lourdeurs administratives et judiciaires jouent généralement contre la presque totalité de tous les prévenus au Cameroun, il faut dire que le cas des prisonniers Fang/Beti est particulier. Leur sort semble-t-il, reposerait entre les mains du président de la République. Aussi, voit-on des libérations que l’on taxerait de ciblées et parfois déguisées, en parlant de celles qui sont survenues jusqu’alors. S’agissant des évacuations sanitaires, selon certains acteurs de la scène politique camerounaise, ces dernières seraient à tête chercheuse. La question ne se poserait pourtant pas si tous les présumés judas du denier public étaient sans exception, soumis au même traitement. Le cas patent du Professeur de stylistique et de linguistique des Universités Gervais Mendo Ze, qui a rendu l’âme il y a de cela quelques jours, amène sur la table de discussions, l’iniquité de traitement qui existe entre les prisonniers de Paul Biya.
Notamment, envers ceux issus de la tribu dont est originaire le chef de l’Etat du Cameroun. Après avoir rendu service à la nation chaque fois que le besoin se faisait ressentir, après avoir prouvé sa loyauté et fidélité aux institutions républicaines, le Professeur Gervais Mendo Ze, comme tous les autres VIP des prisons du Cameroun, est reconnu présumer coupable de mauvaise gestion selon le Conseil supérieur de l’Etat. Incarcéré depuis mars 2018, Il est réduit physiquement par la maladie et les dures conditions d’incarcération existant à la prison centrale de Kondengui. On a donc vu l’universitaire mourir à petit feu avant de s’en allé définitivement le vendredi 9 avril 2021 dans un total anonymat. Qu’en sera-t-il des Ondo Ndong, Abah Abah, Atangana Mebara, Olanguena Awono et tous les autres ? La question vaut tout son pesant d’or puisqu’ils sont presque tous malades ou bien, d’une manière ou d’une autre, dans l’antichambre de la mort.

Du coup, la question essentielle qui hante les esprits des ressortissants Fang/Béti est de savoir pourquoi cela n’arrive qu’à eux. Une question entraînant d’autres, ils se demandent ce qui arrive à leur tribu, sont-ils les seuls détourneurs de fonds public dans ce pays ? Sont-ils les seuls criminels économiques de la République ? Qu’a fait le béti pour mériter ce châtiment ? Est-il le plus grand fossoyeur de la nation ? Quoi qu’il en soit, il faut avouer les fils Fang-béti, s’ils se sont illustrés dans leurs relations incestueuses avec le denier public, ils eux-mêmes prêté le flanc à leur anéantissement. Toute chose qui a eu pour effet par ailleurs, de faciliter leur épuration sur le plan politique aujourd’hui. Les quelques têtes à même de faire un poids politique certain ayant été passées à la guillotine. Dans son dossier hebdomadaire : Prisonniers économiques Fang/Beti , votre humble Journal fait une incursion dans la communauté des prisonniers VIP et jette son dévolu sur les fils bétis incarcérés. Un à un, il va essayer de présenter chacun des détenus dans sa relation avec la société en général, les services rendus, les reproches à lui fait, sa défense, sa condamnation et, son état de santé pour comprendre nombre parmi eux sont plus ou moins dans l’antichambre de la mort.

Jean-Marie Atangana Mebara :le bosseur mal aimé

Sur la vitrine Jean-Marie Atangana Mebara, né le 27 mars 1954 à Yaoundé, est un homme politique camerounais, qui fut plusieurs fois ministre, puis condamné pour malversations financières.Il fut directeur de l’Institut Supérieur de Management Public du 10 mars 1994 au 6 décembre 1997.Il fut ministre de l'Enseignement supérieur du 7 décembre 1997 au 23 août 2002, ministre d’État et secrétaire général de la présidence de la république du 24 août 2002 au 21 septembre 2006, et enfin ministre des relations extérieures du 22 septembre 2006 au 7 septembre 2007.Il fut président de l'Institut international des sciences administratives de 2001 à 2004.

Accusé

Jean Marie Atangana Mebara, détenu à la prison centrale de Yaoundé depuis le 6 août 2008, était accusé d’avoir orienté les fonds destinés à l’achat d’un avion Boeing neuf vers la location d’un appareil d’occasion (L’Albatros). Jean Marie Atangana Mebara a en outre été condamné à payer à l’État du Cameroun la somme de 2 927 500 000 francs CFA au titre de dommages et intérêts.

Un complot ?
« Nous déplorons qu’aucune preuve de détournement n’ait été produite au cours de ce procès », souligne un communiqué signé de Joël Didier Engo, président du Comité de libération des prisonniers politiques au Cameroun (CL2P). « Aucun témoin de la défense n’a été entendu, alors que tous ceux de l’accusation l’ont été », s’indigne la défense, contactée par Jeune Afrique, de Jean-Marie Atangana Mebaran. « Même Boeing, qui était le destinataire de l’argent prétendument détournée n’a pas pu être cité ! », ajoute-t-elle.

A la Cour suprême

Selon nos informations Jean Marie Atangana Mebara va désormais se pourvoir en cassation, portant le dossier devant la Cour suprême. Il pourrait également saisir les instances internationales. L’ancien secrétaire général à la présidence a toujours affirmé avoir agi ainsi sur instruction du président de la République. Sa condamnation intervient alors que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a condamné, début mai dernier pour détention arbitraire, le Cameroun à le libérer et à lui verser des dédommagements à hauteur de 400 millions de francs CFA (voir le document à la fin de cet article).

Une prison à vie

Cette peine de prison vient s’ajouter à deux autres, de 20 ans et 15 ans pour malversations financières, la première dans l’affaire « Cameroon Airlines » et la seconde dans le même dossier de l’avion présidentiel. Celui-ci a d’ailleurs également atteint le prédécesseur de Jean Marie Atangana Mebara au secrétariat général de la présidence, Marafa Hamidou Yaya. Ce dernier a été condamné à 25 ans de prison, également pour avoir détourné les fonds destinés à l’achat de l’appareil, cette fois en 2001.

Bien aimée

Qualifier de caritatif l’homme à une écoute vigilante, et une main céleste. Dans son arrondissement d’origine, il a conduit plusieurs projets d’ordre social et de développement. Sa communauté reconnait en lui un homme ayant le sens de la solidarité et du devoir.

Jean Baptiste Nguini Effa, le poids des textes

J ean Baptiste De la Salle Deo Gracias Nguni Effa est dans la tourmente depuis des années à cause d’un procès qui n’en fini. Accusé dans d’autres procédures, le fils de NkongAbok dans la Mefou et Akono arpente les couloirs de la justice camerounaise. Pourtant son nouveau style de ne s’habiller qu’en blanc invite le public à croire à son innocence. En effet, c’est le 12 octobre 2012, que le désormais homme en blanc, après de longues années à la tête de l’une des sociétés les plus importantes du Cameroun, avait été condamné à 30 ans de prison ferme par le tribunal de grande instance du Wouri pour détournement de plus de 2 milliards de francs.

Le 20 juin 2017, il a été acquitté par la Cour suprême, dans une affaire de détournement de plus de 1 milliard de francs. Les juges de la haute instance avaient alors confirmé l’illégalité du principal élément à charge : le rapport d’expertise judiciaire, telle que soulevée par les conseils du mis en cause. Mais l’homme toujours traine toujours comme un boulet, 14 chefs d’accusations qui pèsent contre l’ex-directeur général de la Société nationale des dépôts pétroliers et ses coaccusés.

Les dits chefs d’accusations portent sur la rétention frauduleuse de différentes sommes d’argent au préjudice de la Société camerounaise des dépôts pétroliers entre 1996 et 2009. Soit 46 900000 Fcfa, 182 840 000 Fcfa, 212 000 000Fcfa, 882 800 000Fcfa, 99 000 000Fcfa, 30 595 000Fcfa représentant des décaissements directs dans la caisse principale et secondaire de l’entreprise, les retraits bancaires, la location fictive des véhicules, les dépenses de souveraineté, les indemnités de logement, les primes fictives sans pièces justificatives ni compte emplois, ainsi que les fonds destinés aux travaux d’aménagement du site pétrolier de Nsam. Mais 30 ans de prison ferme, cela lui avait paru exagéré sur que sa ligne de défense est restée axée sur l’indépendance de la justice camerounaise et de ses magistrats au regard des nombreuses violations de la Constitution, de l’Acte uniforme Ohada, et du non-respect des lois pénales camerounaises, applicables dans les cas d’infractions commises par les dirigeants des sociétés parapubliques.

Son dernier espoir reste la Cours suprême. En attendant, l’homme ne se tourne pas les pouces. Il a appris à se rendre utile en créant la Fédération pour les sports, la culture et les loisirs des détenus (Fesculd). L’objectif : préparer l’insertion sociale ainsi que les droits et devoirs du détenu. C’est d’ailleurs en cette qualité qu’il s’est permis d’adresser au président Biya, une lettre de remerciement des détenus de la prison centrale de Yaoundé suite au décret du 15 avril 2020 portant commutation et remise de peines. Mais l’un des moments fort de son incarcération reste la publication d’un ouvrage à fort potentiel didactique intitulé : « De la tour Elf à la prison centrale de New-Bell ; Histoire d’une déchéance sociale injuste et réflexions sur la gouvernance au Cameroun ». dans cette réflexion digne d’un intellectuel de haut vol, Jean Baptiste De la Salla Nguni Effa, ex-dg de la Scdp, écroué à la prison centrale de Douala depuis 2009, sort de sa réserve, s’indigne et dit sa part de vérité aussi déplaisante soitelle. Il y dénonce les arrestations spectaculaires, l’enlisement des procédures, la violation du droit à la présomption d’innocence, des procès sans fin…

Suffisant pour s’imaginer que le pétrochimiste avait touché le fond pour exprimer son ras-le-bol. Dès l’entame de son ouvrage, Jean Baptiste de la Salle Nguini Effa ne met pas les gants pour parler de sa déchéance : « … une chute sociale surprenante et injuste d’un individu qui consiste à dégringoler de la salle du Conseil d’administration du siège parisien au quartier de la Défense d’un des plus grands groupes pétroliers mondiaux, Elf Aquitaine, devenu Total, à une cellule infecte de la prison centrale de Douala qui abrite les plus grands criminels que compte la capitale économique du Cameroun, Douala ». L’auteur s’étonne qu’après dix-sept années de splendeur et d’occupation de prestigieux postes dans la haute administration, et dans une société pétrolière, qu’il se trouve en détention préventive depuis plusieurs mois, à la prison, en attente de jugement, pour « détournements de fonds publics » dans une « société anonyme » ayant 49% du capital détenu par des sociétés privées multinationales dont Total Cameroun et Total Afrique. L’ex-Dg de la Scdp venait là de poser la véritable problématique de l’opération Epervier.

Basile Atangana Kouna : une étoile perdue

Basile Atangana Kouna a reçu tour à tour toutes les distinctions honorifiques du travail à l’instar de la médaille d’honneur de Travail, du titre de Commandeur de l’Ordre national de la Valeur, d’Officier de l’Ordre national de la Valeur et Chevalier de l’Ordre national de la Valeur. Mais cela n’a pas fait ombrage à son arrestation.

Une belle carrière
Le 11 janvier 1986, il commence sa carrière comme Chef Service des Affaires Administratives et Juridique à la Direction Générale des Relations extérieures. Par la suite, en 1991, il est chargé d'études à la Direction des Affaires Législatives et Règlementaire des services du Premier Ministre, poste qu'il occupera jusqu'en 1998. Après, il sera Directeur des Affaires administratives et des requêtes au secrétariat général des Services du Premier Ministre. En l'an 2000, il cumule cette fonction avec celles de Président de la commission ministérielle des Marchés du ministère de l'agriculture. D’administrateur de l'autorité Aéronautique jusqu'en 2003. Trois ans plus tard, il sera de mars 2006 à mars 2012 directeur général de la CAMWATER.

L’homme du centre

Basile Atangana Kouna, né le 23 décembre 1956 à Mbalelon I (Ngoumou) dans la région du Centre.. Il a fait ses études secondaires au lycée de Bertoua où il obtient un Baccalauréat A4. Il poursuit ses études universitaires à l’université de Yaoundé où il obtient une Licence en droit. Il poursuit ses études en France où il obtient un doctorat en droit à l’université de Paris II. Et en 1992, il obtient un diplôme de spécialiste de l'Institut international d'administration publique de Paris (IIAP).Il fut ministre de l’Énergie et de l'Eau du 9 décembre 2009 au 2 mars 2018 et conseiller municipal de juillet 2002 à juillet 2007. Comme de nombreux autres membres du gouvernement et sudiste il a fini sous les griffes de l’épervier.

Le scandale
Le 17 février 2017, il se retrouve au centre du scandale tribal dit de « la liste de la honte », après avoir signé une liste additive d'admis pour la formation de techniciens et d'ingénieurs pour un projet national d'électrification par système solaire photovoltaïque, constituée exclusivement de personnes originaires de sa région, dont plus de la moitié de son propre département d’origine. Cette liste fait l’objet d’une diffusion massive sur les réseaux sociaux et est très décriée.

Limogeage

Après son limogeage du gouvernement le 2 mars 2018, il entreprend de quitter le Cameroun après qu'une interdiction de sortie du territoire le concernant eut été rendue publique. C'est au Nigeria qu'il est rattrapé dans la nuit du 21 au 22 mars 2018, et ramené quelques heures plus tard au Cameroun par les forces spéciales.

La valeur de l’homme

Basile Atangana Kouna est le président national de l’Association des élites de Ngoumou (ASSEN) et également secrétaire général de l’Association de développement de la Mefou-etAkono (ADEMAK). Qualifier de charitable l’homme à une écoute attentive, et une main légère. Dans son arrondissement d’origine, il a conduit plusieurs projets d’ordre social et de développement. Sa communauté reconnait en lui un homme ayant le sens de la solidarité et du devoir.

Autorisation d’arrêt

La présidence a autorisé un arrêt des poursuites contre l’ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie, incarcéré depuis mars 2018 dans le cadre de l’opération anticorruption Épervier. L’ancien directeur général de la Camwater pourrait recouvrer la liberté dès le 9 février. Une affaire de 1,2 milliard de F CFA Arrêté au Nigeria en mars 2018, Basile Atangana Kouna avait été ramené au Cameroun dans la foulée pour y être placé en détention. Accusé de « détournement » et « violation des dispositions du Code des marchés public », Basile Atangana Kouna était cité dans cette affaire au même titre que Jean William Sollo, son successeur à la tête de la Cameroon Water Utilities (Camwater), et que quatre autres prestataires – René Martin Mbida, Jean Parfait Koe et Jean Dieudonné Mah.Il lui était notamment reproché d’avoir mis sur pied en coaction une « société écran » dénommée Aspac Cemac Sarl pour sous-traiter frauduleusement un contrat commercial d’environ 40 milliards de F CFA conclu en novembre 2009 entre la Camwater et l’entreprise belge Aspac International.Au tribunal, l’ancien ministre et ses coaccusés s’étaient dits disposés à rembourser les sommes visées par la prévention, soit environ 1,2 milliard de F CFA. Le 23 septembre 2019, il avait ainsi signé au profit de l’État un ordre de virement d’un montant de 125 millions de F CFA depuis son compte de la BGFI Bank. Il avait en outre proposé de prélever la somme de 1,1 milliard de F CFA dans son coffre-fort, logé dans le même établissement.

Edgar Alain Mebe Ngo’o : Le fils déchu

L’ancien tout puissant ministre de la Défense, puis ministre des transports ; ancien Préfet et ancien Délégué général à la sureté nationale (Dgsn) est accusé d’avoir détourné plus de 237 milliards de FCFA avec ses coaccusés Mbangue Maxime, Mboutou Elie Ghislain et Victor Menye. Une somme pharamineuse qu’il aurait empoché avec sa femme Bernadette Mebe Ngo’o, elle-même détenue depuis le 11 mars 2019. L’affaire a été très appréciée par les compatriotes qui n’en pouvaient plus de voir ce fils Bulu se comporter comme un bébé pourri-gâté et se prendre pour un demi-dieu avec en plus une bien trop grande dérive autoritaire. Depuis lors, il est incarcéré au quartier 14 (VIP) de la prison centrale de Kondengui (Yaoundé) où il passe un quotidien partagé entre les discussions avec ses amis Basile Atangana Kouna ex-ministre de l’eau et de l’énergie, Iya Mohammed qui dirigea la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), et la recherche d’amitié et de contact avec Jean Marie Atangana Mebara, l’ex-secrétaire général de la présidence de la République qui refuse de lui adresser la parole l’accusant d’être la cause de ses déboires. Edgar Alain Mebe Ngo’o vivait jusqu’au vendredi 9 mars 2021 dernier dans la même cellule que le Pr Gervais Mendo Ze, l’ex-patron de la télévision nationale CRTV avant qu’il ne meure. La nouvelle de la mort de son illustre codétenu l’aura beaucoup effrayé. Mais, pour tenter de se faire aimer par les plus pauvres de la prison, l’ancien patron de la police camerounaise distribue des bouteilles d’eau minérale et fait même quelques largesses. Fils du Sud et ancien protégé du président de la République S.E Paul Biya, l’homme se fait aujourd’hui tout petit et implore le système judiciaire d’être clément. Diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature Enam, Mebe Ngo’o vit aujourd’hui loin des bureaux de luxe qu’il a jadis occupé. Son seul luxe, c’est le VIP de la très célèbre prison de Yaoundé. Incarcéré le même mois de mars avec sa femme Bernadette accusée elle d’avoir brulé des millions de francs CFA dans leur résidence à Yaoundé, l’ex-ministre des transports connait des situations difficiles. Entre les affres de la prison et de la maladie, confinement dû au Covid-19, hospitalisation de madame et mutinerie dans le quartier de monsieur, Edgar Alain et Bernadette Mebe Ngo’o voient les épreuves se multiplier et continuent de broyer du noir, plus de deux ans après leur arrestation.

Bruno Bekoko EBE : L’universitaire sacrifié

C'est aussi en janvier 2019 que le Pr. Bruno Bekolo Ebe a rejoint le pénitencier de Kondengui en compagnie de Louis-Max Ayina Ohandja et autres Jean Williams Solo. Les problèmes du Pr. Bekolo Ebe remontent en 2014 suite à une sanction du Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) qui l'a épinglé pour des fautes ayant causé un préjudice financier de plus de 2 milliards de Fcfa. Il s'agissait entre autres de l'exécution des dépenses non accompagnées de pièces justificatives, de violation des circulaires sur l'exécution du budget de l'Etat durant la période de 2007 à 2010. Ce rapport du Cdbf lui avait même coûté son poste de recteur de l'Université de Douala en 2012. Il faut dire que dans une autre affaire, l'ancien recteur qui était accusé d'avoir détourné la rondelette somme de 342,532 969 millions de Fcfa relatifs aux subventions de l'Etat et autres retenues sur salaires, a été acquitté sur ce dossier le 31 janvier 2020. Mais il reste retenu par les mailles très serrés de la justice suite à ces 14 sanctions disciplinaires à lui infligées par le Cdbf pour un préjudice financier de 2,851 913 653 milliards de Fcfa qu’il traine tel un boulet. Il avait également été constitué débiteur de l'Université de Douala de la somme de 2,422 926 236 milliards Fcfa assorti d'une amende spéciale de 2 millions de Fcfa. Cette sanction est accompagnée de celle de ne pouvoir occuper toute responsabilité publique jusqu'en 2019. Avec une interdiction de sortie du pays qui le conduira plus tard à Kondengui. L’agrégé d’économie continue à clamer son innocence et est toujours en attente de la poursuite de son procès tout en déplorant le manque de preuves de l’accusation. Cette situation met le Pr. Bekolo dans une position très inconfortable au point où il n’hésite pas à dénoncer la torture morale qu’il dit subir. Le comble de cette torture est d’ailleurs arrivé avec la mort de son épouse alors qu’il est en détention à la prison centrale de Kondengui où il se défoule néanmoins lors des messes du dimanche où i s’illustre parmi les détenus comme un redoutable chanteur dont la voix impressionne et attire d’autres prisonniers à participer à ces messes dominicales. Forcément, en matière de gestion, le professeur d’économie n’a jamais été un modèle. L’on se souvient qu’au lendemain de la grève de 2005 qui paralysa quelques universités d’Etat, alors que le Chef de l'Etat avait autorisé le paiement des arriérés de subventions qui s'élevaient à 4 milliards de Fcfa, Bruno Bekolo Ebe, avait eu l’ingénieuse idée, pour justifier l'utilisation de cet argent à l’université de Douala, entre autres, qu'il avait acheté des papiers hygiéniques, pour la période de mai à août, pour un montant de 42 millions de Fcfa. Il faut le faire. Cela lui a finalement causé de gros ennuis. En tout cas, il s’adapte bien à Kondengui. Il garde le sourire et c’est bon pour le moral.

Emmanuel Gérard Ondo Ndong : pour la vallée du Ntem
C’était le « papa bonheur » pour beaucoup, tellement ses poches étaient profondes qu’il dépensait sans compter. Mais le 11 novembre 2005, lorsqu’il est limogé de son poste de directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), il n’imagine pas que la suite lui réserve un avenir pas du tout gai. Puisque trois mois plus tard, il est interpellé à son domicile à Yaoundé, accusés de détournement de deniers publics estimés à plus de 36 milliards de Fcfa. Il est d’abord condamné à 50 ans de prison puis, après révision du procès, à 20 ans d’emprisonnement en appel. Alors qu’il s’était pourvu en cassation, sa peine a été revue à la hausse en 2013. Verdict de la Cour suprême : 30 ans de prison. Pourtant, ce chef traditionnel d’Assandjick dans le département de la Vallée du Ntem avait contesté la décision rendue, avant de voir sa peine de 50 ans d’emprisonnement être ramenée à 20 ans de prison à la Cour d’appel du Centre. Après avoir saisi la section spécialisée de la Cour suprême, voici qu’une fois encore, Ondo Ndong qui espérait une nouvelle réduction de sa peine, a vu son rêve se briser tel un château de cartes. Pourtant, lors d’une audience à la Cours suprême, le conseiller rapporteur avait proposé au président de la collégialité de déclarer cet accusé non coupable de plusieurs faits. Par exemple des détournements de la somme de 107 millions de Fcfa pour des insertions publicitaires dans les journaux, 191 millions de Fcfa pour les véhicules réformés, 250 millions de Fcfa pour la vente des véhicules aux enchères, de la rétention de la somme de 20 milliards Fcfa de redevance forestière, 100 millions de Fcfa pour la pose des rideaux, 150 millions de Fcfa de l’attribution des marchés…Au total un peu plus de 20,8 milliards Fcfa qu’il a fallu soustraire du montant réclamée à Emmanuel Gérard Ondo Ndong. Rien n’y fit. Au verdict final, ce sont 30 ans qu’il doit passer derrière les barreaux dans une prison de la cité capitale. « J’ai été le premier Camerounais et peut-être le dernier à avoir été condamné à 50 ans de prison avec confiscation de tous mes biens ainsi que ceux de mes enfants et de ma femme. Les forces de l’ordre ont ôté les bijoux de ma femme à l’audience. Lors de l’information judiciaire, la tombe de mon père, mort avant ma nomination comme directeur général du Feicom a été détruite parce que les gens ont estimé que je gardais l’argent dans celle-ci. J’ai confiance en la Justice de mon pays. Je sais que les juges de la Cour suprême n’ont aucune pression politique. Qu’ils n’ont pas cédé à la pression médiatique, qu’ils n’ont aucune pression du pouvoir exécutif. Je demande les excuses à Paul Biya et au peuple c a m e r o u - nais… », déclarait alors Sa Majesté E m m a n u e l Gérard Ondo Ndong avant de continuer à présenter les éléments de sa défense. Pour lui le chef de l’Etat pourrait se souvenir de ses états de services, d’abord envers les populations dont on dit qu’il était d’une immense générosité, puis son indéfectible soutien à Paul Biya. Lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2004, on se souvient encore de ces fastueux meetings électoraux qu’il organisait en l’honneur du Rdpc dans son fief à Ambam (son village natal) ou à Méyoméssala (celui de Paul Biya). A l’époque, Emmanuel Gérard Ondo Ndong appelait avec véhémence ses frères du Sud à ne voter aucun autre candidat que celui du Rdpc. Malheureusement son indéfectible soutien à Paul Biya n’a pas pu sauver ce chef traditionnel. Même s’il lui attribue sa réduction de la peine qui est passé de 50 à 30 ans. Sa réaction reste emprunte de beaucoup de sagesse et d’humilité vis-àvis du chef de l’Etat : « vous avez étendu votre mansuétude et humanisme légendaires aux personnes condamnées par notre Justice à des peines d’emprisonnement pour détournement de deniers publics. Monsieur le président, je suis bénéficiaire de votre mesure de clémence et je profite de l’occasion qui m’est offerte pour vous dire ma très profonde gratitude ainsi que celle de toute ma famille», avait écrit dans une lettre l’ancien directeur général du Feicom au lendemain de cette décision. D’ailleurs, il n’a jamais cessé du fond de sa prison d’appeler à voter le président de la République lors des élections de 2011, mais aussi pour les listes du Rdpc lors des élections législatives et municipales de 2013. Ça aussi, c’est Emmanuel Gérard Ondo Ndong.

Urbain Olanguena Awono : sacrifié

Depuis sa cellule dans les grands murs de la prison centrale de Yaoundé Kondengui, l’ancien patron de la santé du Cameroun clame encore son innocence. Il affirme payer pour sa proximité avec le chef de l’État Paul Biya et son épouse Chantal. Laquelle proximité aurait fait bon nombre de jaloux dans l’entourage du président. L’affaire remonte à fin 2008, Urbain Olanguena Awono était accusé avec treize de ses collaborateur_ dont les secrétaires permanents de des trois programmes Maurice Fezeu (Sida), Raphael Okala (Paludismes), et Hubert Wang (Tuberculose), d’avoir détourné 14,8 milliards de FCFA soit 26,6 millions d’Euro alors qu’il était à l’époque président du Comité national de lutte contre le Sida, il se serait accaparé à lui seul de 8,5 milliards de FCFA les inspecteurs du Contrôle supérieur de l’État suspectant des prestations fictives. Au total, onze chefs d’accusation l’incriminant directement sont retenus par la cour du Tribunal criminel spécial (Tcs). Mais au fil du temps, toutes ces accusations se sont effritées car n’ayant pas été prouvées et désormais on parle plutôt de violation des règles de passation des marchés publics sur un montant de 414 millions de FCFA. Urbain Olanguena Awono soutenu par le fonds mondial est toujours prêt à marteler son innocence. Aujourd’hui âgé de 66 ans, lui, cet originaire dela région du Centre, département de la Lékié, arrondissement de Sa’a, auteur du livre Le Sida en terre d’Afrique, l’audace des ruptures paru aux Éditions Privat en 2007 affirme avoir géré les fonds alloués au département ministériel dont il avait la charge en toute transparence, d’ailleurs, pour lui les organisations bénéficiaires des financements du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le Paludisme avaient effectivement perçu les sommes recherchées. Pour l’heure, Urbain reste détenu derrière les barreaux et espère qu’un jour le système judiciaire de son pays cessera toutes cavales contre lui afin de comparaitre libre et pourquoi pas bénéficier de la grâce présidentielle de celui qui autrefois l’appelait « fiston ».

Achille Zogo Andella : Une condamnation kafkaïenne

L’État camerounais reprochait au promoteur de la pêche maritime, d’avoir exploité illégalement une flotte de bateaux de pêche dont la gestion revenait, pour le compte de l’État, à la SCLM. Le ministre camerounais délégué aux finances d’alors et la société SCLM avaient ainsi signé, en 1996, un accord de rétrocession mettant à la disposition de la SCLM les bateaux crevettiers contre le paiement d’un loyer devant correspondre aux échéances de la dette vis-à vis de l’ICO. Ainsi, le gouvernement avait mis à la disposition de la société des crevettiers, construits par des chantiers navals espagnols et que l’État avait acquis suite à un crédit de 40 millions de dollars accordé par l’Instituto Commercial Official (ICO) du Royaume d’Espagne. Sa défense soutient que, interpellé à travers l’opération Epervier de fossoyer l’Etat, «Achille Zogo Andela a été condamné sans avoir eu la possibilité de faire citer et entendre le moindre témoin et, à aucun moment, durant huit ans d’un procès à la Kafka, Zogo Andela ne sera confronté à un seul de ses contradicteurs». De leur point de vue, «Cette condamnation, acquise au prix de toutes les contorsions et de toutes les malices, sera évidemment contestée, par toutes les voies de droit.» L’homme d’affaires était absent lors du prononcé du verdict rendu le 28 novembre 2019, pour cause d’«hospitalisation». La déclaration de l’innocence de l’ancien PDG de la SCLM et même la reconnaissance par l’ONU, en 2016, du caractère arbitraire de sa détention n’auront toutefois pas suffi à le faire libérer. Ses défenseurs, Maîtres Laurence Greig, Calvin Job, Hakim Chergui et Joseph Breham, hébétés, dénoncent aujourd’hui encore un «lynchage judiciaire prémédité» et des «violations caractérisées de tous les droits fondamentaux». Pour asseoir la culpabilité d’Achille Zogo Andela, le tribunal a estimé que le magnat de la pêche maritime Zogo Andela s’est accaparé des navires en baptisant certains «Andela» et «Messina», le nom de sa mère. Toute chose qui, pour le tribunal, traduit «sa volonté expressive de s’approprier les bateaux». Mais, le conseil de l’accusé signale que des plaintes sont d’ores et déjà déposées en France contre l’équipe de juges du Tribunal criminel spécial et, certaines personnalités qu’il estime protégées par la juridiction d’exception. Laquelle préfère sacrifier la tête d’Achille Zogo Andela.

Pr Gervais Mendo Ze : Génie ou Saint ?

Le 9 avril 2021, l’homme des lettres s’en est allé. Conduit par la main de celui qui transcendentalement a guidé toute son existence, le brillantissime Pr Gervais MENDO ZE a rejoint l’autobus de l’au-delà. C’est au cours d’une lutte sans merci contre la maladie et l’effroyable pénitencier que la chatoyante « voix du cénacle » s’est évanouie dans le firmament pour faire place à un imperturbable silence de cimetière.Un combat qui a duré plusieurs années. L’homme de la noël a péri vendredi saint dernier. C’est donc entre le parcours d’un homme inspiré et mystère religieux que nous retraçons le périple de l’homme dévoué à Marie mère de jésus.

Un parcours de génie

Le professeur Gervais Mendo Zé est né le 25 décembre 1944 à Nkongmekak dans l'arrondissement de Meyomessala, dans le département du Dja et lobo dans la région du Sud. Il obtient son CEPE en 1960, le BEPC en 1964 et un Baccalauréat Scientifique en 1968. Il rejoint ensuite l'Université de Yaoundé où il obtient une Licence en lettres modernes françaises en 1961 et un DES en 1973. Agrégé de linguistique et de stylistique française, Gervais Mendo Ze intègre le corps enseignant de la faculté des lettres de Yaoundé en 1974 à moins de 30 ans. L’enfant prodige sert comme Assistant dès 1974 et collabore avec les nombreux coopérants de la Fondation française comme Pierre Bornecque, Lucienne Ngoué, Anne Guérin, Annie Jaccard, Deltel et bien d’autres. Après un doctorat d’Etat en 1984 à Bordeaux. Pour nombreux de ses élèves il a été un professeur de qualité. En unanimité, ils reconnaissent à l’homme le mérite de l’enseignement.

Le prodigieux donneur de belles lettres
Publiée en 1984, Gervais Mendo Ze écrit sa thèse de doctorat d’état sur l’œuvre de Ferdinand Oyono et reprend en 2006 sous le titre La prose romanesque de Ferdinand Oyono, essai d’analyse ethno stylistique. Un manuscrite qui a servi de source à de nombreux chercheurs au travers du monde. Il en est de même d’Une crise dans les crises de 1990, et du collectif à succès Le français langue africaine, enjeux et atouts pour la francophonie de 1999, voire de son Abrégé de stylistique pratique de 2002. Son décryptage de l’œuvre poétique de La Fontaine, Ecce Homo Ferdinand Léopold Oyono. Hommage à un classique africain en 2007, et bien d’autres recherches sur plus de 100 articles scientifiques continuent de nourrir de leur pertinence les curiosités intellectuelles. Ses ouvrages et essais divers tel que les Vingt défis pour le millénaire, En relisant l’hymne national, Ô Cameroun berceau de nos ancêtres, et bien d’autres occupent une place honorable dans les dédales des bibliothèques. Ses œuvres littéraires donnent la pleine mesure de l’imagination fertile de l’homme de lettres. Le public national et international en a beaucoup appris à travers les ouvrages sur la foi. Le génie des belles lettres a publié outre Le magnificat à la lumière des sciences du langage, les Textes bibliques sur Marie, l’éclairage des sciences du langage ; Les mystères des lumières, L’apparition de la Vierge Marie à Nsimalen et bien d’autre. L’homme a marqué son temps des sciences du langage et de la communication. Il est resté en mémoire comme étant le pharamineux homme de la stylistique, la sociolinguistique, la linguistique générale, le variationisme. Il est la marque incarné de l’appropriation des langues, de la grammaire française, de l’ethno stylistique, de l’interaction verbale, et de l’analyse des discours.

Hommage universitaire au Molière du petit Afrique

Au regard des œuvres écrites par centaines, le Molière du petit Afrique ne pouvait que recevoir des éloges par milliers, et inspirera encore dans les années avenir par million. Tous ces œuvres lui ont conduit, dans la stricte tradition universitaire, à lui rendre hommage par un collectif constitué de LouisMartin ONGUENE ESSONO (Université de Yaoundé 1), Gérard Marie NOUMSSI (Université de Yaoundé 1),Christiane EWANE (Université de Yaoundé 1), Paul ZANG ZANG (Université de Yaoundé 1), Alphonse TONYE (Université de Yaoundé 1), Etienne DASSI, (Université de Yaoundé 1), Alice Delphine TANG (Université de Bamenda), André Marie NTSOBE (Université de Yaoundé 1), Marcelline NNOMO (Université de Yaoundé 1), Edmond BILOA (Université de Yaoundé 1), Jacques FAME NDONGO (Université de Yaoundé 2), Jean TABI MANGA (Université de Yaoundé 2), Mwatha Musanji NGALASSO (Université de Bordeaux 3), Patrick CHARAUDEAU (Université de Paris 13), Françoise GADET (Université Paris –OuestNanterre La Défense), Pr. Frey Claude, (Université Paris III), Pierre FANDIO (Université de Buéa), Richard Laurent OMGBA (Université de Yaoundé 1), Sammy Beban CHUMBOW (Université de Yaoundé 1), auquel lui-même a été invité de son vivant en 2013.

Dans ses œuvres artistiques

Auteur d'essais, des pièces de théâtre et de livres sur la langue française, la mariologie et la science politique, il est fondateur de la chorale "La Voix du cénacle" avec qui il sort son titre à succès « Asimba »." Certaines de ses œuvres sont adaptées à la télévision à l’instar de "L'Etoile de Noudi" et "Le retraité". Le Pr Gervais Mendo Zé est perçu dans le monde entier comme écrivain-poète, dramaturge, essayiste. il s’est révélé au monde entier comme un théoricien, un fondateur d’un cadre théorique propre à l’analyse des textes universels, mais initialement conçu pour l’analyse des textes romanesques africains. Gervais Mendo Ze est effectivement le père de l’ethno-stylistique, cadre théorique proche de la sociocritique, de la socioculturel et se démarque, peu ou prou de la sémantaxe.

Des parutions inoubliables 1984 :
La pose romanesque de Ferdinand Oyono. Essai de stylistique textuelle et d’analyse ethno structurale 1986 : Initiation pratique à la dissertation 1990 : Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire : le cas du Cameroun 1992 : Une crise dans les crises : le français en Afrique noire francophone. Le cas du Cameroun 1994 : Marie Œcuménique 1995 : Les Chemins de la sanctification : convictions d’un laïc engagé 1999 : Le français langue africaine : enjeux et atouts pour la francophonie 2004 : La fontaine poète de l’onde. Eléments de psychocritique poétique, stylistique 2007 : Ecce Homo. Ferdinand Léopold Oyono : Hommage à un classique africain. Des pièces de théâtre : Boule des chagrins (1988), La forêt illuminée (1988), Japhet et Ginette (1991), Le retraité (1991) et Le revenant (1991).

L’homme d’Etat

En 1979, l’homme est nommé Directeur Adjoint de l’enseignement supérieur au MINEDUC, et devient en 1980 Chargé de Mission au Secrétariat Général de la Présidence de la République. Et de 1983 à 1986, il assume les fonctions de Président du Comité de Coordination du projet Télévision couleur du Cameroun. Un an plustard, il est Chargé de Mission au Cabinet du Président de la République. Il est pendant dix-sept ans, le Directeur Général de la Cameroon Radio and Television entre 1988 à 2005. Parti des règnes de la CRTV, il est Ministre délégué auprès du Ministre de la Communication durant les deux ans qui se suivent. Gervais Mendo Ze est réalisateur et professeur d'université.

Un Loyaliste de Paul BIYA

Fidèle serviteur de Paul BIYA, la chatoyante voix de l’homme a toujours fait éloge de façon ostentatoire du régime de l’homme à qui il a juré allégeance pour la vie. Le Pr Gervais Mendo Ze a toujours assisté la famille présidentielle. Il en est resté en mémoire qu’à la veuille de son arrestation. Il était partir soutenir le chef de l’Etat au-devant de la pierre tombale de sa bellemère affectueusement appelé « Mama rosette ». la voix du génie musical berçait la famille présidentielle éplorée par la sinistre circonstance. Nul n’aurait pu croire que ce serait sur cette note de liberté que le fidèle serviteur sera châtié par son maitre. Il faut en croire que le maître à ces principes que me les émotions ignorent.

Le premier pas vers la fin

Dans le cadre de l'opération anticorruption Épervier, il est accusé de détournement de fonds du temps de son passage à la tête de la CRTV et est incarcéré à la prison centrale de Kondengui-Yaoundé. L'enseignant d'université avait été interpellé en 2014 et emprisonné à la prison Centrale de Kondengui pour détournement des deniers publics durant son magistère comme manager général de la CRTV. Il avait écope en 2019 de 20 ans de prison. Depuis cette décision l’homme a paru très affaibli par la maladie. Il était très régulièrement admis en soins à l'hôpital central de Yaoundé. Dans une récente vidéo en circulation sur la toile, il apparaissait dans un état très critique, et était assisté par ses proches. La lanterne des lettres prenait du mal à s’alimenter. L’homme se coupait peu à peu de son humanité.

La fin d’une belle histoire de succès et d’amour

Celui-là même qui a vanté les mérites de Dieu toute son existence, s’en est allé à ses côtés, le vendredi 09 avril 2021. Agé de 77 ans, le professeur Gervais Mendo Zé a entrepris à l'Hôpital Central de Yaoundé le long voyage dans l’autre monde. Malgré son opiniâtre volonté de vivre au côté de sa famille, la mort a finalement eu raison du Professeur. Parti sans avoir bénéficié de la vrai-fausse grâce présidentielle qui lui a été accordée par le Chef de l'Etat, mais jamais n'a été officialisée.

Une bonté de cœur à nul égard

Pourtant l’être remplis d’amour, d’une charité sans limite, l’homme de son vivant n’a laissé personne dans la détresse. Sa demeure était le mouroir des peines d’handicapés, des plaintes des couches défavorisées et l’ambassade de la rédemption des douleurs et l’apaisement des douleurs et souffrances. Des milliers d’actes caritatifs. L’homme n’était pas qu’un chantre de Dieu mais une image de la bonté céleste. Une raison qui surement à amener la mère de Dieu à implorer de son fils de sortie de l’homme de ce pénitencier pour un repos de paix éternel.

Le mystère religieux renfermé dans l’homme.

De regretté mémoire, le Pr Gervais Mendo Ze laisse derrière lui un signe mystérieux. Née un 25 décembre, l’homme par coïncidence parait au monde à la festivité de la naissance du messie, sauveur de l’humanité. Le Christ. Resté fidèle à l’accomplissement de la volonté qui lui précédait et dont le vœu était d’impartir à l’humanité le pardon de leur péché et la rédemption de leur place dans le cœur bienveillant de Dieu. Celui-là même qui fut emprisonné après tous les services rendus et miracles opérés à l’humanité. Cette dernière n’a pas hésité à lui faire, châtier, affliger, et enfin condamner à une mort effroyable qu’est de mourir sur la croix. Une histoire d’un serviteur loyal et don la seule récompense est le dédain et la mort de celui qui a servi avec bravoure et fidélité. Une mort humiliante un Vendredi dit « Vendredi Saint ». Serais-je à ce sort qu’était destiné le « Loyaliste de Paul BIYA ». De naitre un 25 décembre, de consacrer son ministère au service du Cameroun et particulièrement de son guide et de finir condamner par ces derniers. Lui offrant ainsi la mort la plus atroce dans toute l’humiliation en ignorant son état de santé depuis quelques années. Pour qu’il puisse aussi mourir de son supplice le vendredi 09 avril 2021. Un vendredi saint. L’homme de la vierge de Nsimalen recevra sans doute la résurrection au royaume qui l’aurait envoyé au service de Biya. Désormais le chapitre est clos et le livre Gervais Mendo Ze s’est fermé. Le Cameroun ne peut que rendre hommage au génie des lettres qui s’est éteint sous le regard d’une communauté qui avait encore soif d’apprentissage. Et n’attend plus que sa résurrection de ce loyaliste et biyaiste dans le monde paisible de Marie mère du sauveur de l’humanité. Mais du moins la communauté estudiantine et scientifique vous dira certainement encore pour l’éternité de vos œuvres merci pour cette bibliothèque. Merci Professeur que la terre de nos ancêtres vous soit légère.