Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 05 19Article 597676

General News of Wednesday, 19 May 2021

Source: La Nouvelle Expression n°5467

Foumbot : difficile réconciliation avec justice après le drame du 03 mai

Difficile réconciliation avec justice après le drame du 03 mai Difficile réconciliation avec justice après le drame du 03 mai

Inculpé pour vente illicite des médicaments, Jean Louis Tiotsop, 45 ans, est décédé le lundi 03 mai dernier à la prison principale de Foumbot.
Une nouvelle qui a suscité une vague d’indignation dans la ville agricole au point d’en provoquer une émeute au bilan lourd : une perte en vie humaine et cinq blessés graves chez les manifestants. Une riposte liée au fait que le palais de justice a été incendié par des contestataires.

Suite au décès de Jean Louis Tiotso, 45 ans, le lundi 03 mai 2021 à la prison de Foumbot, cette ville a ressemblé à un brasier. Le palais de justice a été incendié par les populations en guise de contestation face à ce qu’elles considèrent comme une injustice de trop…Mohamed, 25 ans et manifestant, a reçu une balle au visage, et a rendu l’âme. Cinq autres contestataires sont internés à l’hôpital de ce district de Foumbot. Et malgré la descente du sénateur sultan roi des Bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya et du ministre et élite du coin, Zakaria Njoya, la tension est loin de baisser.

Les relations tendues…

«Je suis née à Foumbot. J’ai grandi dans cette ville. Pour la revendication de mes droits, je. suis prête à tout. Je n’ai peur de rien. Je ne dois pas me laisser marcher dessus ». C’est le cri de Rachidatou, la vingtaine sonnée, commerçante au marché de Foumbot. Ce jeudi 06 mai, elle a porté un bébé d’environ huit mois pour se joindre à de nombreux commerçants de la localité en vue de participer à une réunion préparatoire prévue entre les autorités de la ville et les forces vives au sujet des relations tendues entre les citoyens de la localité et les autorités judiciaires, notamment le Procureur de la République près du tribunal de première instance de Foumbot, M. Ombouda.



« Après Jean Louis Tiotsop, 45 ans, décédé le lundi 03 mai dernier dans les locaux de la prison de Foumbot et enterré le lendemain dans son village à Batcham dans les Bamboutos, nous portons le deuil de Mohamed, 25 ans, un jeune apprenti menuisier et manifestant abattu par les gendarmes lors des marches de contestation suite au décès de M. Tiotsop. Nous devons être solidaires pour la défense de nos droits. Les magistrats et policiers ne doivent pas s’entendre pour dépouiller les commerçants. C’est trop ! Le sultan sénateur roi des Bamoun, nous invite au calme. Nous sommes tous de potentielles victimes d’injustice et d’abus. Et nous souhaitons que l’Etat prenne ses responsabilités », explique un vendeur de médicament qui a requis l’anonymat.

Il est d’autant plus courroucé que quatre autres personnes reconnues comme vendeur de médicaments croupissent actuellement dans les locaux de la prison de Foumbot.. « Parmi eux, il y a un certain Pekos déplaeé interne de la crise anglophone. Il sortait de Mutenguené. Il se débrouillait ici pour nourrir sa famille. Ils l’ont arrêté pour vente illicite des médicaments et ont exigé de lui des fortes sommes d’argent avant sa libération », poursuit notre source.

Le droit à la santé pour tout détenu ou prisonnier

«Tiotsop a multiplié des actions afin que les magistrats notamment le Procureur Ombouda accepte qu’il aille se faire soigner. Il avait des problèmes au cœur. Et son médecin se trouvant à Yaoundé, son suivi était devenu impossible. Il souffrait de sa maladie en prison et mourrait à petit feu. Même le régisseur a plaidé pour lui, sans succès. Jean Louis avait interjeté appel. Il était encore détenu préventif, il jouissait de la présomption d’innocence…», raconte cet autre commerçant.

Il est donc clair que Jean Louis Tiotsop est décédé en prison à cause de la non observation des règles minimas de l’Organisation des nations unies (Onu) sur les conditions de détention dans les prisons, notamment le droit à la santé pour tout détenu ou prisonnier. La lecture de l’article 14 du Pacte international pour les droits civiques et politiques et de l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples prescrivent des règles qui remettent en cause des pratiques récurrentes dans bon nombre de juridictions camerounaises. Cette disposition du Pacte international, souligne que : 2. Toute personne accusée d’une infraction pénale est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. 3. Toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, au moins aux garanties… »



Défenseur des droits humains basés à Foumbot, M. Moulioum trouve que cette localité est une terre par excellence pour la pratique de la corruption et divers abus par les acteurs de monde judiciaire. En effet, depuis le mois de décembre 2020, à Foumbot, l’a tête du magistrat Ombouda, procureur de’ la République près des tribunaux de la place, est mise à prix par certaines personnes qui refusent de dévoiler leur identité. Elles ont fait diffuser des tracts. Des documents apocryphes où lenihef de la magistrature debout de cette ville agricole est chargé pour divers maux. Le marchandage des gardes à vue lors des interpellations des personnes nanties et ciblées rentre dans le champ des récriminations en question.

A la lecture d’un document apocryphe et intitulé «Sos Alerte», les pourfendeurs du Procureur de la République semblaient interpeller le gouverneur de la région de (’Ouest et le ministre déjà Justice, Garde des sceaux. L’auteur ou les auteurs du tract en circulation à Foumbot attribuaient au chef local de la magistrature debout cette devise : «n’est pas venu gérer le social et ne vient procureur à Foumbot qui veut». Cette accusation de «corruption» était fortement contredite par une élite de la localité. Mais avec les récents événements, elle ne sera plus prête à tenir le même langage…

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter