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General News of Thursday, 6 August 2020

Source: ndengue.com

Fonds Covid-19 : voici comment le gâteau a été partagé entre les ministres camerounais

Dans un souci de transparence dans la gestion des ressources liées à la lutte contre le coronavirus, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a signé le 22 juillet dernier, un décret fixant la répartition de la dotation du fonds au titre de l’exercice 2020. D’une enveloppe globale de 180 milliards de francs CFA, les dépenses de fonctionnement sont fixées à 131 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses d’investissement se chiffrent à 48 milliards de francs CFA. Bien plus, le décret du Premier ministre renseigne aussi sur ce que chaque département ministériel devra recevoir, afin de mettre en œuvre les activités liées à la lutte contre cette pandémie.

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Sécurité et défense : 8 milliards de francs CFA Covid-19




Selon les chiffres contenus dans le décret du Premier ministre, les ministères en charge des questions de sécurité et de défense, notamment le ministère de l’Administration Territoriale (AT), le ministère de la Défense (Mindef) et la Délégation Générale à la Sureté Nationale (Dgsn) recevront une enveloppe de 8 milliards de francs CFA. Soit 1,4 milliard pour l’AT, 3 milliards pour la Dgsn et 3,6 milliards pour le Mindef. En ce qui concerne l’AT, les ressources mis à leur disposition devront servir à l’accompagnement des autorités administratives dans le pilotage de la riposte, et à la veille sécuritaire de protection civile. La Dgsn pour sa part travaillera au renforcement de la sécurité aux frontières ainsi qu’à la protection du personnel. Le Mindef, notamment la gendarmerie nationale aura pour principale activités de « veiller au respect du plan gouvernemental de lutte contre le Covid-19 », mais aussi « l’amélioration du soutien sanitaire au personnel de la gendarmerie nationale dans le cadre de la lutte contre le Covid19 ».

Agriculture : 6 milliards et 5 activités à financer

Le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader) va bénéficier d’une enveloppe de 6 milliards de francs CFA. Dans le détail, ce financement sera orienté sur cinq principales activités, à savoir « l’acquisition, distribution et suivi de l’utilisation des semences de céréales, légumineuses, racines et tubercules, cultures maraichères pour 1000 organisations de producteurs ». Il sera en outre question de procéder à « l’emblavement de 2500 hectares de terres et bas-fonds pour la production des spéculations à cycle court dans les zones périurbaines des chefs-lieux de régions les plus touchées ». La troisième activité portera sur « la réhabilitation des fermes semencières et la production des engrais organiques dans les zones les plus impactées par le Covid-19 au Cameroun ». Aussi, le département ministériel que dirige Gabriel Mbairobe devra « analyser la situation alimentaire et nutritionnelle des populations due à l’impact du Covid19 sur le deuxième semestre 2020 ». Et comme dernière activité inscrit dans le décret du Premier ministre, l’équipe Mbairobe disposera de 1,190 milliards de francs CFA pour « la constitution des stocks de sécurité de riz, maïs et mil au bénéfice des régions vulnérables du Cameroun ».

Education de base : 6,5 milliards de francs CFA

En tant que l’un des ministères les plus exposés à la pandémie, le gouvernement a pris des mesures pour réduire la propagation du coronavirus au sein des établissements scolaires. Ainsi, le ministère de l’Education de Base ( Minebase) se retrouve avec une enveloppe de 6,5 milliards de francs CFA. Dans le détail, 250 millions de francs CFA seront consacrés à la désinfection des établissements scolaires, pendant la reprise des cours durant la période des examens et la période du premier trimestre 2020-2021. 150 millions de francs CFA serviront à la dotation des écoles en dispositif de lavage des mains ; 240 millions de francs CFA des centres d’examen du Certificat d’Etudes Primaires en masques aux élèves et encadreurs. La réhabilitation des salles de classe dans les régions du Centre, Sud, Littoral et de l’Ouest fait aussi partie des activités à mener par le Minedub. Et cela va coûter 2 milliards de francs CFA. 500 millions de francs CFA vont être alloués à la fabrication des tables bancs. La mise en place du dispositif d’enseignement à distance n’est pas en reste. 54,2 millions seront investis dans ce domaine, à travers la radio, la télévision, les plateformes internet en ligne et la distribution des supports pédagogiques aux élèves. Par ailleurs, la formation des acteurs de la chaîne d’encadrement pédagogique et des responsables du système éducatif sur les dispositifs d’enseignement à distance à travers l’internet, la télévision et la radio va coûter plus de 100 millions de francs CFA. Tout comme l’organisation de la diffusion des cours et du processus d’apprentissage à travers l’internet, la télévision et la radio.

2 milliards pour l’elevage, Pèches et les industries animales

Le département ministériel en charge de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia) s’est vu accorder une enveloppe de 2 milliards de francs CFA, selon la répartition faite par le Premier ministre. Priorité sera accordée à l’acquisition des réactifs et consommables pour renforcer les capacités du Laboratoire National Vétérinaire (Anavet) au diagnostic du Covid-19 et au contrôle de l’incidence et à la gestion des risques. De même, la Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime au Cameroun (Midepecam) recevra un appui de 100 millions de francs CFA pour renforcer le dispositif de collecte des produits de pêche et de distribution dans les grands centres. En outre, 200 millions de francs CFA seront mis à la disposition de la Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales, (Sodepa), pour la « constitution des stocks de sécurité et le transport des denrées animales vers les grandes zones de consommation ». Le Minepia va également « acquérir des équipements innovants en aquaculture des alevins améliorer pour la production des poissons ». En plus, l’appui aux organisations des producteurs en intrants poussins, petits ruminants, alevins, œufs, porcelets) et nutritionnels et médicamenteux constituera l’une des activités phares du Minepia. Sans oublier « le renforcement de la capacité de traitement et de réaction des délégations régionales à travers l’acquisition des désinfectants, virucides, etc ».

Résilience : 26 milliards pour booster l’économie

Le secteur de l’économie n’a pas été mis aux oubliettes dans la répartition faite par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Le département ministériel dirigé par Alamine Ousmane Mey disposera à cet effet de 26 milliards de francs CFA pour redonner de l’oxygène à la fois aux entreprises et à l’extension du projet filets sociaux. Dans le détail, 10 milliards de francs CFA seront destinés au programme 972, intitulé résilience économique et financière. L’action à mener portera sur la mise en place du fonds de relance économique au profit du secteur productif, notamment au soutien des entreprises, principales créatrices d’emplois et de richesses. En d’autres termes, conscient de ce que les entreprises ont subi de plein fouet les effets du coronavirus, l’Etat entend voler à leur secours en mettant à leur disposition la somme de 10 milliards de francs CFA, question de leur permettre d’amoindrir les chocs qu’elles ont subi. Toutefois, il convient de souligner que les responsables du patronat camerounais estiment que ces ressources sont insuffisantes au regard des pertes enregistrées jusqu’à ce jour. Le deuxième volet qui constituera l’action du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), repose sur le programme 974, à savoir la résilience sociale. Concrètement, il est question de donner à ce secteur la capacité de résister le plus longtemps possible aux conséquences négatives de cette crise sanitaire. Dans cette perspective, 16 milliards de francs CFA seront mis en contribution pour l’extension du programme filets sociaux, avec un accent sur les foyers de contamination. Dans ce sens, l’activité à mener portera sur l’assistance aux ménages vulnérables pendant la pandémie du Covid-19.

Tourisme et loisirs : 1,7 milliard pour la relance du secteur

Il ne fait pas de doute que le secteur du Tourisme et des loisirs constitue une un maillon essentiel dans la lutte contre le Covid19. Dans cette perspective, la répartition faite par le Premier ministre prévoit une enveloppe de 1,7 milliard de francs CFA pour redynamiser ce secteur. Comme activités majeurs, le ministère du Tourisme et des Loisirs va apporter un appui de 125 millions de francs CFA aux 16 sites touristiques aux taux de fréquentation élevés. Parmi lesquels les chutes d’Ekom Kam, site de Mouanko, le campement touristique de Basheo, les berges de la Benoué, site touristique Lac Tisson, bois de Mardook, Lac Pagnerie, etc. Aussi, un appui de 50 millions de francs CFA sera-t-il-accordé aux 20 offices de tourisme. Lesquels se trouvent à Ngoumou, Ngog Mapubi, Eseka, Mokolo, Douala 1er, Nkongsamba 2ème, Barre Bakem, Mouanko, Guider, Mokolo, Oku, Bafoussam 2ème, Dschang, Foumban, Bouda, Djoum, Kribi, Mintom, Limbe, etc. Par ailleurs, il est prévu d’apporter un appui de 260 millions de francs CFA à 500 établissements de loisirs, snack bar, restaurants, night clubs, parcs de loisirs, centre de loisirs et de vacances. De plus, les 150 agences de tourisme et guides touristiques bénéficieront quant à eux d’une enveloppe de 40 millions de francs CFA. Les restaurants la Fourchette 1, 2 et 3 recevront une enveloppe de 190 millions de francs CFA. Le renforcement des capacités des points focaux des Collectivités Territoriales Décentralisées du tourisme et des loisirs aux mesures barrières anti Covid-19 et cadre d’intervention pendant le Championnat d’Afrique des Nations ( Chan) et la Coupe d’Afrique des Nations 2021, constituera l’une des activités à mener par le Mintoul.

1 milliard pour le secteur des transports

Le ministère des Transports a également une partition à jouer dans l’élimination du coronavirus. Pour ce faire, il disposera d’un milliard de francs CFA pour mener à bien ses différentes activités. Il s’agit du suivi du respect des mesures barrières dans les compagnies de transport routiers ( 175 millions), sur les principaux axes routiers ( 215 millions), la prévention et la sensibilisation dans les gares routières ( 105 millions) ainsi que dans les agences de transport ferroviaires (115 millions). Bien plus, 150 millions de francs CFA serviront à la sensibilisation et la prévention routière dans le contexte du Covid-19, 40 millions de francs CFA à l’organisation des examens de permis de conduire, 150 millions de francs CFA au suivi du respect des mesures barrières au niveau des frontières maritimes et 50 millions de francs CFA à la supervision des activités de lutte contre le coronavirus au sein du ministère des Transports.

6 milliards pour l’enseignement supérieur

Au ministère de l’Enseignement supérieur, l’action principale portera sur le développement des outils d’apprentissage et contrôle à distance des plateformes de travail virtuelles. En termes d’activités, 850 millions de francs CFA seront destinés à la désinfection des salles de cours, TD, et amphithéâtres, 550 millions de francs CFA à la prise en charge médicale et psychologique des étudiants, 198 millions de francs CFA à l’approvisionnement en eau potable, 1,1 milliard à la salubrité au sein des campus, 118 millions de francs CFA à la veille de la distanciation sociale et de la sécurité au sein du campus, 50 millions de francs CFA à la supervision, suivi de la mise en œuvre des activités du fonds spécial de solidarité pour la lutte contre le Covid-19 et 3,134 milliards de francs CFA à l’apprentissage à distance et en présentiel.

420 millions pour la communication

En tant que composante essentielle dans le combat contre le coronavirus, le ministère de la Communication s’est vu attribuer la somme de 420 millions de francs CFA. Dans cette enveloppe, 115 millions de francs CFA vont être orientés à l’intensification de la sensibilisation de proximité dans les espaces publics, et les établissements scolaires, au travers des caravanes mobiles sonorisées dans les 10 régions du Cameroun. Tandis que 305 millions de francs CFA vont être alloués à l’animation des cadres de dialogue communautaires avec les leaders d’opinion et les médias de proximité mobilisés pour la promotion des bonnes pratiques liées à la thématique du Covid-19 dans les 10 régions du Cameroun.

Santé : 32 milliards pour la prise en charge des cas confirmés

La répartition de la dotation du Fonds spécial de solidarité pour la lutte contre le coronavirus consacre la part du lion au ministère de la Santé publique. Logique. Le département placé sous la houlette du Dr. Manaouda Malachie est en première ligne dans cette crise. Montant de la dotation : 45,630 milliards de francs CFA. Objectif principal ? Le renforcement du système sanitaire. A cet effet, le document signé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute le 22 juillet dernier présente une kyrielle d’activités à mener et à financer dans le cadre de ce programme de riposte gouvernementale. Et donc la priorité reste la prise en charge des cas positifs de Covid-19 confirmés. Pour ce seul pan des actions annoncées, le montant de l’enveloppe s’élève à 32 milliards de francs CFA. Ici, 13 activités à financer. Notamment : la construction, la réhabilitation, l’extension et l’aménagement des unités d’isolement des patients positifs (7 milliards de francs) ; l’aménagement et l’équipement des Centres spécialisés de prise en charge des cas positifs (2 milliards de francs) ; l’acquisition des équipements médicaux de prise en charge (6,2 milliards de francs) ; l’acquisition des ambulances médicalisées (1,1 milliard de francs) ; l’aménagement et l’équipement des morgues des formations sanitaires spécialisées (600 millions de francs). Dans ces mêmes 32 milliards de francs, 750 millions sont destinés à la construction et la réhabilitation des Centres d’imagerie médicale ; 1 milliard pour la maîtrise d’œuvre des travaux de construction, d’aménagement et d’équipement ; 2,941 milliards pour l’acquisition des équipements de protection individuelle ; 1 milliard destiné à l’acquisition des médicaments de prise en charge. La prise en charge hospitalière des patients atteints de Covid-19 elle, s’élève à 7,276 milliards de francs CFA. Tandis qu’il a été arrêté un montant de 750 millions de francs pour l’aménagement des Centres de mise en quarantaine dans les logements sociaux ; 890 millions pour la gestion de l’hygiène en milieu hospitalier de prise en charge ; et 454 millions pour la gestion des dépouilles mortuaires des patients décédés de Covid-19. rEChErChE DES CAS ET réGuLATiOn SOCiALE Les actions à implémenter par le ministère de la Santé publique ne se limitent cependant pas qu’à la seule ligne concernant la prise en charge des cas positifs. Il y a également la «recherche active des cas», pour laquelle une enveloppe de 10,6 milliards a été mobilisée notamment pour l’acquisition des tests de dépistage rapides (4,7 milliards), la surveillance communautaire dans les districts (4,1 milliards) et la conduite des campagnes de dépistage dans les dix régions (1,7 milliards). Des moyens qui vont permettre de renforcer les actions déjà menées sur le terrain notamment dans le cadre de la stratégie des 3T du gouvernement (Tracking, Testing, Threating). «Dans certaines agglomérations, nous avons multiplié les points de prélèvement et de testing. Ça permet au maximum de Camerounais de pouvoir se faire tester. Nous allons monter en grade avec des caravanes dans les marchés, les entreprises et les administrations. Partout, nous allons adosser des postes de prélèvement et nous allons pouvoir tester tous ceux qui voudront l’être », promet le ministre de la Santé. Dr. Manaouda Malachie doit enfin veiller à une « régulation sociale » pour laquelle le Fonds spécial de solidarité prévoit une enveloppe de 2,939 milliards. Notamment destinés : au renforcement des mesures barrières (7 millions) ; à la gestion de l’hygiène et l’assainissement des milieux ouverts au public (850 millions) ; à la gestion de la quarantaine des passagers arrivés au Cameroun en contexte d’épidémie (450 millions), etc.

Minresi : 4 milliards pour produire la chloroquine et l’azithromycine

6,1milliards de francs CFA. C’est le montant de l’enveloppe destinée au ministère de la Recherche scientifique (Minresi) en guise de dotation du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le Covid-19. Selon la répartition qui a été faite par le Premier ministre, ces ressources sont divisées en deux grands programmes d’action. D’abord le développement de la recherche et la production des produits pharmaceutiques de première nécessité dont les fonds arrêtés s’élèvent à 4,730 milliards de francs. Ici, la principale activité à financer pour un montant de 4 milliards de francs CFA, concerne la production de la chloroquine et de l’azithromycine. Si la fabrication au plan local de ces deux médicaments – qui, de l’avis de certains experts font partie du protocole de soin mis en place par le Comité scientifique du gouvernement, reste que la fermeture des frontières freine encore le processus. La preuve : le ministère de la Recherche scientifique éprouve des difficultés à faire venir les intrants. Le Cameroun entend donc se tenir prêt en mobilisant les ressources et les acteurs de sorte à faire tourner les machines, une fois que certains pays feront sauter le verrou de ces fermetures de frontières. En attendant, le Minresi devra s’atteler à financer à hauteur de 75,5 millions de francs l’évaluation de la performance des tests de dépistage rapides en vue de la certification ; 600 millions de francs pour le développement de la recherche et de la production locale des produits pharmaceutiques de première nécessité antibiotique, antipaludique, anti-inflammatoire et immuno-modulateur ; 100 millions de francs pour la collaboration entre naturopathes et personnels soignants pour le développement et la certification des produits traditionnels. Le second programme d’actions dont e coût s’élève à 1,370 milliards de francs concerne le renforcement de la production des semences améliorées et d’un meilleur encadrement des producteurs pour ce qui est de la culture de grande consommation ou des produits de substitution. Trois activités principales à financer au sein de l’Irad (Institut de Recherches Agronomiques pour le Développement). Notamment : l’utilisation des extraits des plantes médicinales traditionnelles pour le contrôle des parasites intestinaux des ruminants et des maladies/ravageurs des plantes et produits agricoles (320 millions) ; la production des semences de prébase de cultures vivrières prioritaires pour le renforcement de l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle (660 millions) ; et enfin le renforcement de la production piscicole et de monogastriques améliorés (390 millions).

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