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General News of Tuesday, 13 April 2021

Source: Le point N°367

Fonds Covid-19 : le FMI tient le Cameroun par le cou

Des correspondances en provenance de la présidence de la République répercutant les hautes directives du Chef de l’Etat au ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des Sceaux et au ministre en charge du Contrôle supérieur de l’Etat, laissent entrevoir et dans les prochains jours, la survenue d’une action de grande envergure dans la gestion des fonds Covid au Cameroun. Vivra qui verra.


Il y a de l’électricité dans l’air dans la gestion des Fonds Covid au Cameroun. C’est le moins qu’on puisse dire au regard des correspondances sulfureuses qui sortent de la présidence de la République ces derniers jours. Tenez! Le 29 mars 2021, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République écrit au ministre en charge du-Contrôle supérieur de l’Etat: « j’ai l’honneur de vous répercu-’ ter les hautes directives duchef de l’Etat, vous prescrivant de faire accélérer la mission portée en objet (mission d’audit des fonds Covid au Min-santé) dont le rapport faciliterait la conclusion avec le Fmi d’un nouveau programme économique et financier. » Dans la foulée, c’est encore le même Sg/Pr qui monte au créneau pour des directives presque similaires au ministre d’Etat, ministre de la Justice garde des Sceaux le 6 avril 2021.
« En vous faisant tenir ci-joint thermocopie du rapport de la Chambre des comptes de la Cour suprême, relatif à l’objet repris en marge (Audit des fonds affectés à la lutte contre le coronavirus), j’ai l’honneur de vous répercuter les hautes directives du chef de l’Etat, prescrivant l’ouverture d’une enquête judiciaire contre les auteurs, co-auteurs et complices des cas de malversations financières y relevés. »


La plainte


Ça y est. Le mot est lâché. Malversations financières. Il est donc désormais clair que la gestion des fonds Covid par le gouvernement camerounais n’a pas été des plus orthodoxes. La preuve ? L’activité . épistolaire du Sg/Pr se poursuit- avec cette correspondance au..secrétaire général des services du Premier ministre.


« D’ordre du président de la République, j’ai l’honneur de vous demander d’instruire les structures ayant bénéficié des fonds Covid, dans le cadre de la riposte contre la pandémie, de faire le po’int à date, de l’usage de ces fonds accompagné-des justificatifs y relatifs. Vous voudrez bien rendre compte, dans les meilleurs délais, de l’exécution de cette instruction, pour la haute information du chef de l’Etat. »


La Task force


Dans la foulée, toujours à l’adresse du Sg/Pm, une autre lettre du Sg/Pr agissant toujours sur les ordres du chef de I Etat vient mettre en place une Task Force. «J’ai l’honneur de vous faire connaître que Monsieur le président de la République a décidé de la création d’u/ne Task Fore pour la riposte contre le Covid-19. Cette structure, écrit le Sg/Pr, qui complète le dispositif existant, est logée à la présidence de la République et se compose des administrations ci-après : un représentant des Spm ; deux représentants du Minât, un représentant du Minfi, un représentant du Min-def ; un représentant de la Dgsn. »

Une autre lettre toujours adressée au Sg/Pm datée du 8 avril met donc tout le monde au pas. Elle indique que « La création d’une Task Force Covid-19, logée à la présidence de la République, en complément du dispositif général existant ; la désignation du ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République comme ordonnateur du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le Coronavirus et ses répercussions économiques et sociales » s’impose désormais a tous.

La riposte contre la Covid-19 a pris une nouvelle tournure. C’était peut-être évident et naturel qu’on changea de cap tant les chiffres indiqués pour la première vague de la riposte semble avoir servi a d’autres fins.


Le cafouillage


En effet, ce sont des chiffres qui circulent sur la gestion de la pandémie qui donnent de la chair de poule. Ce qui semble contraindre le Chef de l’Etat à changer de fusil d’épaule et à sortir de sa légendaire réserve pour demander des comptes. Parlant par exemple des chiffres, une source en circulation semble donner raison aux accusations du député Jean Michel Nintcheu. Cette source évoqué que, en 2020, le Cameroun a acheté du matériel comme un masque chirurgical a 1000 Fcfa ; un thermomètre infrarouge à 150 000 Fcfa un gant à 10 000 Fcfa ; un masque de protection à 2500 Fcfa ; une combinaison à 80 0Q0 Fcfa ; une paire de lunettes de protection à 14 500 Fcfa pour un total de 331 millions de Fcfa (Ttc).


La même source précise que le prestataire pour cette commande serait Red médical, une solution de gestion médicale basée sur le web pour les professionnels de santé en Allemagne. Malheureusement, sur son site, les prix des produits commandés sont disponibles et donnent à peu près ceci. Un masque chirurgical à 95 Fcfa pour une commande de 100 000 pour le Cameroun pour un total de 9, 5 millions Fcfa ; un masque de protection à 430 Fcfa pour une commande de 10 000 pour le Cameroun soit 4, 3 millions Fcfa ; une combinaison de protection à 1 443 Fcfa pour 700 commandés par le Cameroun soit 1,3 million Fcfa ; une paire de lunettes de protection à 5 121 Fcfa l’unité pour 700 commandés par le Cameroun soit 3,5 millions Fcfa ; un thermomètre infrarouge à 11 212 Fcfa pour 1000 commandés par le Cameroun soit 11 millions de Fcfa ; un gant en latex à 92 Fcfa pour 1000 commandés par le Cameroun soit 92 000 Fcfa.


Cette fameuse commande aurait donc’coûté 30 millions de Fcfa. Soit un détournement pince sans rire de 300 millions de Fcfa. Curieusement, c’est cette facture pro pharma qui avait été largement été ventilée à travers les réseaux sociaux pour vilipender Alim Hayatou de regrettée mémoire. Bien malin également celui qui peut dire à quel dessein cette facture est revenue au-devant de la scène pour être publiée dans les mêmes réseaux sociaux pour justjfieron ne sait quoi, au moment où les audits sur la gestion des fonds Covid agitent le sérail et préoccupent au premier chef le président de la République. Sauf que le secrétaire d’Etat au Minsanté, Alim Hayatou, n’est plus là pour se défendre et donner sa part de vérité. Passons !


L’embouteillage


Ce qui est évident, c’est que dans le cadre de la riposte camerounaise contre la pandémie à coronavirus, ce sont 180 milliards de Fcfa qui avait été mis à disposition. Et la répartition avait été faite au point où beaucoup des départements ministériels en avaient bénéficié. Les missions du Consupe semblent donc avoir pour objectif de faire le point sur l’utilisation de ces fonds. Et à ce niveau, il y a de quoi faire paniquer surtout que dans certains de ces départements ministériels, les traces de leur implication dans cette riposte restent nulles.


Ont-ils donc délibérément mis ces fonds dans leurs propres comptes ? Seul l’avenir nous le dira. Surtout que des sources suffisamment introduites, la chambre des comptes auraient déjà bouclé ses investigations. D’où ces hautes directives du chef de l’Etat au ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des sceaux qui parle d’auteurs, de co-auteurs et de complices ? C’est donc dire que la liste des croqueurs des fonds Covid est suffisamment longue pour que de nouvelles cellules soient construites dans les grands pénitenciers de la République.


L’on pourrait donc conclure que le ministre de la Santé publique n’est pas le seul à se défendre, même si son enveloppe, 45, 63 milliards de Fcfa est de loin la plus costaude. Viennent ensuite le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (26 milliards), le ministère des Enseignements secondaires (7 milliards), le ministère de l’Education de base (6,5 milliards), le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation (6,1 milliards), le ministère de l’En-seignement supérieur (6 milliards), le ministère de l’Agriculture et du développement rural (6 milliards), le ministère de la Défense (3,6 milliards), la Délégation -générale à la sûreté nationale (3 milliards), le ministère de la Décentralisation et du Développement local (2,5 milliards), le ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Arti-sanat (2 milliards), le ministère des Pêches et des Industries animales (2 milliards), le ministère du Tourisme et des Loisirs (1,7 milliard).


Dossiers noirs


Parlant spécifiquement du ministère de la Santé publique qui fait l’objet de diverses accusations, force est de constater que ses comptes ne sont pas passés par les fourches caudines de la Chambre des comptes. Mais pourquoi donc ? Difficile à dire. Mais l’on se serait tout de même attendu que le ministre Malachie Ma-naouda rabatte le caquet à ses pourfendeurs face à la gravité des accusations du député du Sdf Jean Michel Nintcheu qui passe en revue dans une récente sortie présentée comme une question orale au Min-santé, les frasques du ministre. Tout y passe ! Prise illégale d’intérêt, conflit d’intérêts, corruption,’détournements de deniers publics, avec à la clé des chiffres qui donnent des vertiges.


In fine, on peut donc aisément conclure qu’il est clair que beaucoup ont profité de la détresse des Camerounais pour s’enrichir. En mettant aujourd’hui la Task Force logée à la présidence de la République, ne veut-on pas reprendre le flambeau pour mieux contrôler la gestion des fonds Covid surtout qu’il y va aussi de l’intérêt du Cameroun de tout faire pour obtenir d’autres financements. Sauf qu’à la présidence de la République, ce ne sont pas non plus des anges qui y gèrent les dossiers. Evitez de suivre notre regard.

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