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Actualités of Wednesday, 26 May 2021

Source: L'Anecdote n°1181

Fonds Covid-19 et prisons en vue des coupables: le grand déballage

A la prison de Kondengui A la prison de Kondengui

Des ministres pris en flagrant délit de jonglerie avec les fonds publics tandis que d’autres se défaussent sur leurs collègues et la présidence pour se sortir du guêpier. Entre autres griefs mis à la charge de ces derniers, surfacturations, fausses déclarations, livraisons fictives ou encore détournements de deniers publics.

23 départements ministériels se sont partagé 128,2 milliards de Fcfa de dotations, soit 71 % des 180 milliards de la dotation globale du Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus. Saisis par la justice, notamment le Tribunal criminel spécial, seuls 19 ministres ont répondu à la convocation de la justice.

Les magistrats de la haute juridiction ayant travaillé avec les données mises à leur disposition, ont dressé un inventaire des irrégularités faisant ressortir 30 fautes de gestion. Aussi ont-ils ouvert 10 procédures judiciaires contre des membres du gouvernement s’étant rendus coupables de faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale.

Au total, ces derniers, au nombre de 12 désormais, devront convaincre les magistrats du TCS de leur innocence dans la gestion des ressources allouées à la riposte gouvernementale ainsi que celles reçus des bailleurs de fonds notamment le FMI, afin de contrer la progression de la pandémie et d’en limiter les effets néfastes sur l’économie.


Parmi ces derniers, il y a le ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi), Madeleine Tchuinte, prise en flagrant délit de tromperie sur la marchandise et de déclaration à tout le moins questionnable sur la production de l’hydroxychloroquine.

En effet, Madeleine Tchuinte s’était portée garante de la production locale de ce médicament au Cameroun par les soins de l’institut de recherches médicales sur les plantes médicinales (IMPM). Le Pr. Essono Oyono, le patron en second de cet établissement public administratif, se chargera de rassurer les autorités sur la capacité du pays à produire 5 millions de comprimés localement afin de démocratiser la riposte.

C’est ainsi que 6,1 milliards de Fcfa seront affectés à ce département ministériel dans un premier temps. Par la suite, le secrétaire général de la présidence de la République, séduit par l’idée de produire localement les médicaments, va décider d’une rallonge additionnelle de 4 milliards de Fcfa au Minresi. Soit au total plus de 10 milliards de Fcfa. Mais au final, la chloroquine sera fabriquée en Inde et les emballages porteront l’indication « Made in Cameroon».

Cette jonglerie, en dépit des justifications du ministre face aux enquêteurs, intéresse au plus haut point les magistrats qui ne voient pas cela d’un bon œil. Car, en réalité, selon des sources, une mission de l’IMPM s’est rendue en Inde dans le but d’isoler les principes actifs de la molécule devant servir à la production de la chloroquine au Cameroun. Mais à l’issue de la mission, une négociation sera menée avec un laboratoire indien pour la livraison du médicament à un prix démocratique déjà prêt à l’importation.

Ne restait plus qu’une seule chose : estampiller les comprimés made in Cameroon, les conditionner et empaqueter. Tache dont vont s’acquitter des indiens arrivés au Cameroun en urgence, aidés en cela de quelques camerounais.

«Le mémoire de défense produit par le ministre n’est pas conforme à la réalité parce qu’au lieu de fabriquer la chloroquine ici, on est allé l’acheter et on l’a estampillée ici. Si tant est que les locaux de l’IMPM n’étaient pas prêts, pourquoi faire croire que les médicaments ont été produits au Cameroun en les estampillant made in Cameroon », souffle une source.

Le cas Atanga Nji, ministre de F Administration territoriale questionne autant qu’il détonne. Le Minât devait fournir 20 000 masques de protection au ministère de la Santé. Dans un premier temps, il va soutenir avoir effectivement livré le volume indiqué plus haut. Mais vérification faite on ne trouvera que la trace de 5000 masques en tissus livrés par le Minât. Aussi va-t-il se dépêcher pour compléter la livraison en fournissant 15 000 masques faciaux supplémentaires. La facture finale adressée au ministre de la Santé sera de 280 millions de Fcfa.

L’argent sera viré dans un compte ouvert dans les livres de la banque UB A à Yaoundé par le ministre de l’Administration territoriale. Mais deux jours après le paiement de cette facture, les fonds disparaîtront comme par enchantement de ce compte. Après enquête minutieuse, les fins limiers retraceront la destination de ces fonds dont les véritables bénéficiaires sont déjà connus.

Le cas du Premier ministre reste énigmatique. En effet, l’on.reproche à Dion Ngute d’avoir influencé la passation de certains marchés au profit de proches ou d’entreprises jusque-là sans réels états de services dans le domaine de la santé. C’est le cas de l’entreprise Mediline médical Cameroon, appartenant à l’homme d’affaires Mohamadou Dabo, mis en cause dans le rapport d’étape de la chambre des comptes. Par le biais de son directeur de cabinet, Balungeli Confiance Ebune, des sommes faramineuses sont mises à son compte. L’on parle de 25 milliards de Fcfa de marchés passés à cet homme.

Si certains ont cru bon de ne pas déférer aux convocations de la justice, reste que les jours à venir seront plus difficiles pour les prestataires et les membres du gouvernement dont les explications peinent à convaincre lés fins limiers du TCS.

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