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xxxxxxxxxxx of Monday, 31 May 2021

Source: La Météo n°1134

Fonds Covid-19 : comment la Pca et le Dg de l'IMPM ont roulé Tchuinté dans la farine

Avec la bénédiction du secrétariat général de la présidence de la République, Rose Leke et Essame Oyono ont ourdi une combine dans le dos de la Minresi Madeleine Tchuinté. L’objectif inavoué étant de faire main basse sur les fonds débloqués sur instructions du chef de l’État et destinés à la fabrication des médicaments contre le coronavirus.

Le pot aux roses, autour du vrai-faux projet de fabrication de comprimés pour ia prise en charge des malades du Covid-19 au Cameroun, vient d’être découvert. L’enquête, menée sur le sujet par votre rédaction, permet de mettre totalement hors de cause la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi), le Dr Madeleine Tchuinté. Elle démontre, par contre, le cynisme de dirigeants d’un organisme sous tutelle ayant manœuvré . pour s’accaparer une dotation destinée à sauver des vies.

Le pré-rapport attribué à la Chambre des comptes de la Cour suprême sur l’audit des fonds destinés à la lutte contre la pandémie du coronavirus, réserve un chapitre croustillant au Minresi. Ce département, à travers l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (Impm), s’était engagé à produire de la chloroquine et de l’azithromycine pour la prise en charge des malades. Ladite activité a été budgétisée à hauteur de 4.054.445.000 francs.



A fin décembre 2020, mentionne le rapport, une enveloppe de 657.088.524 francs avait été débloquée pour ia fabrication locale de 5 millions de comprimés de chloroquine, et autant d’azithromycine. Cette activité, relève le document, découlait d’une proposition du Minresi au chef de l’Etat, lequel a marqué son accord dès le 9 avril 2020.



«En réalité, souligne le rapport, l’Impm n’a pas lancé de fabrication locale mais a plutôt procédé à l’acquisition en Inde de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine, 500.000 comprimés d’azithromycine, livrés en juillet 2020. Il a alors procédé à leur reconditionnement dans des emballages achetés et imprimés « fabriqué par Zaneka, conditionné par l’Impm », alors même que les médicaments étaient entrés au Cameroun dans des emballages respectant les bonnes pratiques de fabrication et de conditionnement.»



Et le rapport de constater que l’Impm n’était pas en mesure de produire lesdits médicaments sur place, qu’elle «a passé une commande contraire à la proposition faite au président de la République», un achat par ailleurs contraire à la règlementation en vigueur confiant l’acquisition de tels produits à la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables essentiels (Cename).

Sans compter qu’au 31 décembre 2020, aucun de ces médicaments n’avait été. transféré au ministère de la Santé publique (Minsante) pour leur mise à disposition aux centres de prise en charge, et ce en dépit des instructions émanant de la présidence de la Le pot aux roses, autour du vrai-faux projet de fabrication de comprimés pour la prise en charge des malades du Covid-19 au Cameroun, vient d’être découvert.



L’enquête, menée sur le sujet par votre rédaction, permet de mettre totalement hors de cause la ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi), le Dr Madeleine Tchuinté. Elle démontre, par contre, le cynisme de dirigeants d’un organisme sous tutelle ayant manœuvré . pour s’accaparer une dotation destinée à sauver des vies.

Le pré-rapport attribué à la Chambre des comptes de la Cour suprême sur l’audit des fonds destinés à la lutte contre la pandémie du coronavirus, réserve un chapitre croustillant au Minresi. Ce département, à travers l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (Impm), s’était engagé à produire de la chloroquine et de l’azithromycine pour la prise en charge des malades. Ladite activité a été budgétisée à hauteur de 4.054.445.000 francs.

A fin décembre 2020, mentionne le rapport, une enveloppe de 657.088.524 francs avait été débloquée pour la fabrication locale de 5 millions de comprimés de chloroquine, et autant d’azithromycine. Cette activité, relève le document, découlait d’une proposition du Minresi au chef de l’Etat, lequel a marqué son accord dès le 9 avril 2020.

«En réalité, souligne le rapport, l’Impm n’a pas lancé de fabrication locale mais a plutôt procédé à l’acquisition en Inde de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine, 500.000 comprimés d’azithromycine, livrés en juillet 2020. Il a alors procédé à leur reconditionnement dans des emballages achetés et imprimés « fabriqué par Zaneka, conditionné par l’Impm », alors même que les médicaments étaient entrés au Cameroun dans des emballages respectant les bonnes pratiques de fabrication et de conditionnement.»

Et le rapport de constater que l’Impm n’était pas en mesure de produire lesdits médicaments sur place, qu’elle «a passé une commande contraire à la proposition faite au président de la République», un achat par ailleurs contraire à la règlementation en vigueur confiant l’acquisition de tels produits à la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables essentiels (Cename). Sans compter qu’au 31 décembre 2020, aucun de ces médicaments n’avait été. transféré au ministère de la Santé publique (Minsante) pour leur mise à disposition aux centres de prise en charge, et ce en dépit des instructions émanant de la présidence de la République.

Entreprise fictive. Sur un autre plan, il est avéré que, sur les 70 millions de francs débloqués dans son budget d’investissement en vue de la rénovation de son site pour la production des médicaments, l’Impm a utilisé plus de 15,3 millions de francs «pour des dépenses éloignées de l’objet». De même, l’institut n’a ni opéré des retenues sur certaines commandes publiques, ni reversé au Trésor les impôts et taxes retenues à la source, allant jusqu’à contracter «avec une entreprise non existante et donc fictive, et une entreprise inactive c’est-à-dire n’ayant pas rempli ses obligations fiscales».

Mais comment en arrive-t-on à ce niveau de mal-gouvernance ? Beaucoup, aussitôt que le document de la Chambre des comptes a «fuité» sur les réseaux sociaux, se sont en effet empressés de pointer un doigt accusateur sur la patronne du Minresi, le Dr Madeleine Tchuinté, présentée comme celle qui a distrait les fonds destinés à combattre le Covid-19 dans son propre pays. La vérité est pourtant moins exquise.

Le 27 mars 2020, la session extraordinaire du conseil d’administration de l’Impm confirme sa capacité à fabriquer des médicaments pour la prise en charge des malades du Covid-19, à hauteur de 5 millions de comprimés d’hydroxychloroquine et autant d’azithromycine. Le 9 avril, le président de la République donne son accord pour l’opération.

Doses génériques. Quelques jours auparavant et le détail n’est pas innocent, le Dg de l’Impm, Jean-Louis Essame Oyono, engage une petite campagne de lobbying pour faire passer la pilule. «La chloroquine pour nous n’est pas une nouveauté», plastronne-t-il dans les colonnes de Cameroon Tribune du 6 avril. Et de poursuivre : «Nous avions déjà les équipements et, au moment où je vous parle, nous avons lancé les commandes de la matière première au niveau de la Chine et de l’Inde. Aussitôt que cette matière première . sera là, nous allons faire les comprimés d’hydroxychloroquine qui est l’association entre la chloroquine et l’azithromièine.»

Se vantant de disposer d’un «personnel , expérimenté», «de tout le matériel et [de (‘[équipement nécessaire», il annonce que «cela va aller très vite à moyenne échelle. Mais à long terme, nous lançons ce lundi un marché pour la construction d’une grande usine, à ambition sous-régionale».

Les choses vont ainsi s’accélérer puisque, le 14 avril, le payeur spécialisé du ministère des Finances informe le Dg de l’Impm de la mise à sa disposition d’une somme de 657.088.524 francs destinés à l’opération. En mai, tout semble réuni pour le démarrage des activités. Le compte rendu de la session extraordinaire du conseil d’administration de l’Impm note que deux sites ont été identifiés et un seul partiellement rénové pour la production des médicaments, que les équipements nouvellement acquis ont été installés et qualifiés, sur le premier site, les anciens équipements réparés et qualifiés, pour le deuxième.

Les manuels de procédures étant disponibles, le Dg de l’Impm a alors entrepris des démarches, vers le haut-commissaire de l’Inde au Cameroun, en vue de l’importation des intrants nécessaires et des accessoires. Mais, déjà, le document mentionne un détail qui intrigue : il fait état de «l’importation de 2,5 millions de doses génériques desdits médicaments (…), à travers une société pharmaceutique indienne qui a un agrément Oms [Organisation mondiale de la Santé]».

Mais le coup de théâtre interviendra deux mois plus loin, lorsque l’Impm finit par avouer son incapacité à fabriquer les comprimés pour lesquels elle s’était engagée, parce que la gestion des fonds a été confiée à des points focaux. Le 17 novembre, le secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, finit par demander au Minresi de surseoir à l’opération spéciale de fabrication des médicaments, et de mettre le stock disponible à la disposition du Minsante.

Ce que nos sources précisent, c’est qu’il s’agit bien d’une autre obscure manœuvre, contrôlée par le non moins ministre d’Etat depuis le Palais présidentiel, pour distraire des fonds publics dans le dos de Madeleine Tchuinté. Des sources proches du dossier, au Tribunal criminel spécial (Tes), espèrent que les enquêtes préliminaires actuelles perméttront de comprendre le rôle exact joué par M. Ngoh Ngoh dans cette autre affaire sulfureuse.

Manque d’expertise. Dès le 28 décembre 2000, le Dr Madeleine Tchuinté saisit son collègue du Minsante, Manaouda Malachie, pour l’informer de la mise à sa disposition d’un stock de comprimés d’hydroxychloroquine et d’azithromycine. La Minresi précise que les certifications de contrôle qualité desdits médicaments ont été effectuées par le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d’expertise (Lanacome), «sous la demande de l’Impm», leurs certificats d’analyse ayant été fournis au Dg de l’Impm, sur sa demande, par la firme indienne Zaneka.

Madeleine Tchuinté ne sait pas qu’elle vient d’être roulée dans la farine par Jean-Louis Essame Oyono, en poste depuis 23 ans et par la présidente du conseil d’administration (Pca) de l’Impm, le Pr Rose Gana Fomban épse Leke, alliés dans la fourberie. Le 5 octobre 2020, cette dernière finit par avouer la supercherie à la Minresi. Elle lui apprend, entre autres, que l’institut s’est décidé à faire recours à la firme indienne Zaneka Healthcare Limited parce qu’il ne dispose pas d’une licence en bonne et due forme et de certificats de bonnes pratiques.

De plus, l’Impm «manque d’une expertise avérée dans le domaine au sein de son personnel et l’urgence d’une réponse immédiate aux demandes de soins des victimes du coronavirus (est) sans cesse en augmentation entre mars et mai 2020». On est loin des assurances d’antant quant aux équipements techniques et aux ressourcés humaines de qualité, mis en avant pour obtenir des financements publics.

Selon des sources proches du dossier, ce revirement tient plutôt au fait que le tandem, sous le prétexte de la fabrication des comprimés, caressait le doux espoir d’obtenir également la gestion des 4 milliards de francs affectés aux points focaux du Minresi pour la lutte contre le Covid-19. Courroucés de voir la proie de leurs rêves s’éloigner, Jean-Louis Essame Oyono et Rose Gana Fomban, connue pourtant pour être une immunologiste de haut vol, se résolvent à saborder un programme pour lequel Paul Biya en personne s’est mobilisé.

Finalement, le 23 février 2021, le Dg du Cename informe le Minsante de ce que des stocks d’hydroxychloroquine provenant de l’Impm ont été réceptionnés par une commission multidisciplinaire, mais que les bulletins d’analyse ne comportent pas le dosage du principe actif. Et donc qu’un contrôle préalable sera nécessaire avant leur libération. Dans l’espace, des moyens colossaux ont été débloqués par pure perte.

N’empêche que Jean-Louis Essame Oyono continue de rouler les mécaniques, en dépit des charges contenues dans le rapport de la Chambre des comptes et sur lesquelles il aura à répondre devant les officiers de police judiciaire du Tes. Il répète, dans les salons huppés de Yaoundé, qu’il est le prochain patron du Minresi. Il promet pour cela l’enfer à Madeleine Tchuinté et à quelques cadres dudit département, eux qui ont permis de mettre au grand jour sa fumisterie criminelle autour d,e la riposte contre le coronavirus au Cameroun.

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