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General News of Friday, 11 September 2020

Source: www.camerounweb.com

Fonds Covid-19 : JEUNE AFRIQUE crucifie Manaouda Malachie

Factures impayés, prestataires en colère, Jeune Afrique fait une immersion dans la gestion des fonds Covid-19 destinés à lutter contre la pandémie au Cameroun. Plusieurs irrégularités ont été constatées et le ministère de la santé semble être le principal indexé. Des cadres du ministères tentent de relativiser. CamerounWeb vous propose l’intégralité de l’article de Jeune Afrique.


Sollicitées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, des entreprises attendent toujours que l’État règle la facture. Parmi elles, une dizaine d’hôteliers de Douala ayant accueilli des voyageurs en quarantaine.

Au Cameroun, une trentaine d’entreprises s’inquiètent de n’avoir toujours pas été payées pour des contrats passés avec le ministère de la Santé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Des impayés qui, selon elles, s’élèvent à plusieurs millions de F CFA et qui plombent la trésorerie de PME déjà durement frappées par la crise sanitaire.

« Mes prestations non payées s’élèvent à plus de 4 millions de F CFA [près de 6 100 euros] », affirme à Jeune Afrique Antoine Nzeubou. Lui a eu la charge de la conception et de la production de supports de communication pour le compte du ministère de la Santé. Cette somme, explique-t-il, représente « l’équivalent de [ses] bénéfices sur un trimestre ». « Les gros fournisseurs auxquels l’État a acheté du matériel médical ont été payés, s’offusque un autre opérateur. Alors pourquoi pas nous ? »

Facture explosée

À Douala, une dizaine d’hôteliers réclament également d’être payés par les autorités camerounaises. Le 17 mars dernier, un peu plus de 600 chambres d’hôtel avaient été retenues par les gouverneurs des régions du Centre et du Littoral afin d’accueillir les voyageurs en provenance de l’étranger et contraints à rester en quarantaine.

Les chambres, réparties dans dix établissements de la ville de Douala (ainsi que dans dix-neuf hôtels de la capitale, Yaoundé), devaient servir durant quatorze jours. Mais cette durée a été dépassée, faisant exploser la facture.

Dans un bilan financier rendu public le 29 juillet dernier, le ministre camerounais de la Santé, Manaouda Malachie, assurait avoir déboursé 614 millions de F CFA pour s’occuper « des personnes confinées dans les hôtels de Yaoundé et Douala ». Une somme comprenant, outre le logement, les frais liés à l’alimentation des voyageurs, selon des sources au sein du ministère.

Un mois après la publication de ce rapport, les montants évoqués suscitent des interrogations chez les membres du Syndicat patronal des industries du tourisme et de l’hôtellerie, tant le paiement des factures contractées par le gouvernement demeure une gageure. « Le 31 mars, tous les hôteliers ont reçu un premier paiement correspondant aux quatorze jours de quarantaine sollicités par les autorités. Mais toutes les chambres d’hôtels n’ont pas été libérées à la fin de cette période et certaines ont continué d’accueillir des cas suspects et des patients », explique le responsable d’un hôtel de Yaoundé.

Résultat des courses, une nouvelle facture pour l’État, dont le règlement continue de faire l’objet de tensions. Car si le ministère de la Santé a épongé sa dette vis-à-vis des hôteliers de la capitale, ceux de Douala attendent toujours. « Le Syndicat patronal des industries du tourisme et de l’hôtellerie de Yaoundé s’est mobilisé. Nous avons eu recours à de hauts cadres de la République pour mettre la pression sur le ministère. Sans l’intervention des services de la primature, nous n’aurions sans doute pas encore été payés vu que nos collègues de Douala attendent toujours », ajoute la même source.

Des retards minimisés

À en croire les entrepreneurs concernés, les difficultés ont débuté au mois de mai. Une grève ayant éclaté au Centre des opérations des urgences de santé publique (Cousp) de Yaoundé, le ministre Manaouda Malachie a choisi de retirer la mission d’ordonnancement des marchés du Covid au directeur de cette structure, le Dr Etoundi Mballa, pour la confier à son secrétaire d’État, Alim Hayatou.

Face aux plaintes, les responsables du ministère de la Santé relativisent l’ampleur des retards. « Ces prestations sont pour la plupart en dessous des 45 jours prescrits par la loi de finances comme délai d’attente après validation des paiements », affirme un cadre du ministère, pour qui les « légers retards » observés procèdent des « vérifications nécessaires pour [que] les fonds du Covid-19 [soient employés] en toute transparence ».

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