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General News of Thursday, 6 August 2020

Source: Actu Cameroun

Flambée des prix : à Maroua, comment la tomate est devenue un légume de luxe

Très consommée, la tomate en fruit est devenue depuis quelques semaines, un produit de luxe dans la ville de Maroua. Son prix sur les étals des marchés est hors de portée. Si bien que les ménagères moyennes ne parviennent plus à s’en procurer.

Au marché abattoir, au petit marché de la gare routière ou au petit marché de Pitoaré, il n’est plus possible d’acheter les tomates avec une pièce de lOO FCfa. Désormais, le prix d’un tas de tomates commence à partir de 200 FCfa. Du coup les ménagères éprouvent des difficultés à s’en procurer.

Pour pouvoir s’offrir une quantité acceptable de ces fruits, les ménages sont obligés de débourser une somme minimale de SOOFCfa. Rencontrée au marché abattoir, Fadimatou Bouba dénonce la cherté de la tomate à Maroua. «Depuis plus de deux semaines avant la fête de la Tabaski, nous n’arrivons pas à acheter la tomate comme nous le voulons. Ces fruits deviennent de plus en plus chers. Les tas qu’on avait l’habitude d’avoir avec 50FCfa ou lOOFCfa s’obtiennent maintenant avec 300 FCfa ou 400 FCfa. Et il faut dire que ce n’est pas toutes les femmes qui ont les moyens pour s’offrir ces fruits à un tel prix. Nous les ménagères souffrons énormément pour cette situation», indique-t-elle.

Rachel Laouna, une autre ménagère venue faire le marché, déplore non seulement la cherté de la tomate, mais aussi la réduction du nombre de ces fruits par tas. « Le commerçant me propose trois petites tomates à 200 FCfa et 7 à 500 FCfa. J’ai négocié pour une remise de 10 tomates à 500 FCfa mais il a refusé. Je ne sais plus quoi faire. Pour consommer aujourd’hui la tomate à Maroua, il faut être d’une certaine catégorie sociale. Nous les pauvres qu’allons-nous faire» fait savoir la trentenaire.

Face à cette cherté le panier de Haouwou a pris déjà un sérieux coup. «Chez nous, nous consommons beaucoup de tomates. Nous l’utilisons pour faire la sauce, dans la salade et beaucoup d’autres mets. Je suis venue au marché faire les achats pour le repas du soir. Mais comme vous pouvez le constater, j’ai réuni tout le nécessaire mais il me manque la tomate en fruit. Et les 400FCfa que j’ai actuellement ne peuvent me permettre d’acheter une bonne quantité de tomate pour toute ma famille», confie cette mère.

Dans certains ménages l’on a cessé de consommer ces fruits. Les femmes font simplement recours aux tomates en sachet vendus dans ies boutiques. C’est le cas de Nadege Pago, ménagère résidant au quartier Lougueo. «Avec la cherté de la tomate en fruit, nous nous contentons des tomates en sachets. Car, avec 100 FCfa vous pouvez au moins cuisiner» mentionne-t-elle.

Chez les vendeurs grossistes, le cagot est vendu entre 15.000 FCfa et 16.500 FCfa. Les commerçants expliquent que cette cherté est causée par la fin de la production des tomates dans la région. Elle est également liée aux dépenses enregistrées lors de l’acheminement de ces fruits sur les marchés de Maroua. «Auparavant je me ravitaillais chez les producteurs des localités environnantes telles que Godola et Meskine qui sont des bassins de production de tomates.

Mais cela fait bientôt trois mois qu’il n’y a plus de tomates produites dans ces villages. Comme on ne produit plus les tomates ici, nous partons les acheter à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua pour venir les revendre ici à Maroua. Le carton qu’on achetait ici pendant la saison de tomate à 2500 francs Cfa son prix a doublé là-bas. Il varie entre 6000 FCfa et 8000 FCfa. Les frais de transport pour Maroua c’est 2000 FCfa. En route nous enregistrons également d’autres dépenses. Ce qui fait que lorsque les tomates arrivent ici nous nous rendons compte que ce n’est pas grand-chose que nous gagnons», se plaint Alhadji Aminou vendeur grossiste des tomates.

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