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General News of Sunday, 11 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Financement des activités du RDPC dans le Nyong: un membre du parti dénonce

Un membre du parti RDPC dans le Nyong vient de faire de fracassantes révélations sur un gros scandale financier dans le financement des activités du RDPC dans le Nyong. Ce cadre qui a requis l'anonymat parle d'une gabegie financière béante aux yeux et à la barbe des responsables centraux du parti.



DENONCIATIONS

Cela ne fait plus l’objet de doute, la vitalité et la sérénité politique jadis reconnues comme marque caractéristique du parti du flambeau ardent, le RDPC, dans la circonscription politique du Haut-Nyong qui regorge au total quatorze (14) Sections, ont cédé la place à l’imposture, à la gabegie, au mercantilisme, au clientélisme, au népotisme, aux diverses formes de corruption et même à la boulimie financière. En un mot comme en mille, on vole de scandale en scandale et le Parti Politique du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA est désorienté et en perte de vitesse.


La restructuration du Parti à la base conformément aux textes en vigueur et la nomination des Hommes et des Femmes à la tête des Délégations Permanentes Régionales et Départementales tant attendue et vivement souhaitée est aujourd’hui à l’origine de toutes les souffrances des militants particulièrement dans le département du Haut-Nyong.

En effet, à la faveur de la Décision du 19 mai 2016 de Monsieur le Président National, Son Excellence Paul BIYA portant nomination de responsables dans les structures opérationnelles du RDPC et rendue publique le 25 mai 2016 par Monsieur le Vice-Premier Ministre, Secrétaire Général du Comité Central du RDPC, Monsieur Jean NKUETE, l’on a découvert l’entrée en jeu d’un autre type de militant porté à la tête de cette importante et délicate structure en la personne de Monsieur AMAMA AMAMA Benjamin.

Si au départ la discipline du Parti et le respect des décision et choix de la Hiérarchie du Parti ont convié l’ensemble des militants, il faut dire qu’au fil du temps, les méthodes dirigistes et caporalistes du plénipotentiaire dans cette Unité Politique, son management et son fonctionnement au quotidien faits d’opacité et de gabegie, sont devenus une pilule que la quasi-totalité de militants, y compris les membres du bureau nommés par la même Décision Présidentielle, ne parviennent plus à avaler.
Sont particulièrement pointés du doigt, la gestion gabégique et la boulimie financière, l’opacité dans la gestion des fonds campagne issus de la générosité militante, la mise à l’écart volontaire et intentionnelle des membres statutaires de la chaine de gestion et de dépenses, la frustration des responsables politiques locaux, les multiples cas de mépris à l’endroit des acteurs politiques de terrain.

Gestion gabégique et boulimie financière

S’il est établi, depuis les opérations d’intensification des inscriptions sur les listes électorales prescrites par le Président National du Parti courant 2010 et début 2011 ayant abouti à l’organisation de l’élection Présidentielle du 11 Octobre 2011, que l’autofinancement était devenu un principe pour assurer la vitalité du Parti à la base, il faut dire et reconnaître que dans la circonscription politique du Haut-Nyong, l’usage qui est fait des cotisations a pris des proportions profondément questionnables et fort inquiétantes.

Dans le Haut-Nyong aujourd’hui, le Parti est pris comme une vache à lait pour un groupuscule qui s’en sert à des fins mercantilistes. De même qu’il est utilisé pour régler des comptes politiques, procéder à des cooptations et les désignations des membres chargés de représenter le parti est généralement tributaire de la relation filiale ou amicale et beaucoup plus se fonde sur l’épaisseur du porte-monnaie du mandaté indépendamment du dynamisme militant et du niveau de conviction politique. Cette mercantilisation et cette transfiguration des nobles et sacrés idéaux originels du Parti ont permis de façonner une carrière politique à certains anonymes politiques que l’on pourrait appeler des « parachutés politiques » en l’espace de dix-huit, vingt et vingt-deux mois et donc fait le lit de leur ascension lors des dernières consultations électorales à des postes politiques stratégiques.

Aujourd’hui dans le Haut-Nyong, ce qui constitue en vrai la pomme de discorde, c’est la gestion gabégique, opaque et boulimique des fonds de campagne issus de la générosité militante et des sacrifices des sympathisants.

En effet, en prélude à chaque campagne ou consultation électorale, il est organisé des appels de fonds qui font engranger à la Délégation Permanente Départementale d’importantes ressources financières sensées être orientées à la conquête de l'électorat à la base. Malheureusement, cette forte mobilisation financière sert à engraisser le plénipotentiaire du RDPC dans le Haut-Nyong et son homme aux ordres qui tient à tous les coups la caisse. Le cas le plus patent et d’ailleurs le plus révoltant est la gestion de la somme de 30 047 000 FCFA (Trente millions quarante sept mille francs CFA) cotisée par l’élite du Haut-Nyong dans sa globalité et destinée à soutenir la campagne électorale du double scrutin législatif et municipal du 09 Février 2020. Au lieu de répartir équitablement les fonds reçus entre les quatorze commissions communales, l’argent mobilisé, s’il n’a été orienté aux dépenses de prestige personnel, a plutôt servi à engraisser le plénipotentiaire du RDPC dans le Haut-Nyong et son « Homme de main » aux ordres sans surprise. Ce qui conforte d’ailleurs est que pendant toute la campagne, les équipes de terrain n’ont rien reçu de la Délégation Permanente Départementale en dehors de l’appui du Comité Central du RDPC d’un montant de 28 085 000 FCFA (Vingt-huit millions quatre vingt-cinq mille francs CFA), soit 1 515 000 FCFA (Un million cinq cent quinze mille francs CFA) par et 15 000 FCFA (Quinze mille francs par mandataire du RDPC multiplié par le nombre de bureaux de vote. Triste réalité !

Tenez par exemple, pendant que les équipes de terrain se battent avec les moyens de bord pour atteindre les militants dans leurs localités généralement difficiles d’accès et parfois avec leurs propres moyens de locomotion qui reviennent d’ailleurs au bout de deux semaines de campagne totalement amortis et d’autres en épaves, le plénipotentiaire du RDPC loue des véhicules neufs tout terrain avec le fruit du sacrifice des élites et des militants. Où est donc le militantisme de conviction et le sacrifice pour la noble cause du Parti par celui-là même qui devrait montrer le bon exemple ? Cette petite illustration cache mal d’autres postes de dépenses gabégiques qui se rangent dans le prestige notamment l’hébergement (Point 11 : 1 700 000 FCFA). En cinq ou six jours de tournée dans les arrondissements où d’ailleurs la délégation ne dort pas dans certains unités comment accepter et justifier une telle dépense ? Y-a-il des hôtels cinq étoiles dans le Haut-Nyong ? Le Quartier Général départemental et les chambres d’hôtel peuvent-elles justifier de telles dépenses ? Toutes ces questions et même bien d’autres peuvent être posées pour d’autres postes de dépenses tels que la prise en charge des médias (Point 12 : 3 500 000 FCFA), le carburant et lubrifiants (Point 13 : 3 100 000 FCFA), la ration alimentaire, les réparations des véhicules (neufs ?) et les courses de liaison chiffrées à coût de centaines de mille.

Et comme si cela ne suffisait pas, des postes de dépenses fictifs sont décelés dans ce qui tient lieu de compte d’emploi tels que les prétendus appuis alloués aux chargés de mission en termes de ration, téléphone, transport. Ces derniers ont d’ailleurs criés au scandale lors qu’ils ont appris l’existence d’un tel poste de dépense dans le compte d’emploi où chacun aurait bénéficié de la rondelette somme de 260 000 FCFA (Cf Point 10).

La cerise sur le gâteau qui met à nu la gestion scandaleuse est la prime dite de « gestion de caisse » de copinerie allouée à son homme de main, le nommé ANZEBAM Patrick, d’un montant de 300 000 FCFA (Point 28). La gabegie est tellement outrancière et incoordonnée que l’homme de main et son mentor se mêlent les pédales dans le rendu de ce qui est appelé « Compte d’emploi » par la prise en compte distincte d’un même poste de dépense avec deux dénominations (Cf. Point 18, Matériel didactique d’un montant de 202 000 FCFA et le Point 27, Secrétariat Technique avec un montant de 300 000 FCFA). S’agit-il là d’un aveu dans la classification des postes de dépenses et l’élaboration d’un compte d’emploi dont le plénipotentiaire semble se targuer publiquement d’être le seul à en maîtriser sa conception dans l’ensemble du département contrairement aux autres quatorze Présidents et différents Chargés de Mission à qui il entend d’ailleurs organiser une session de formation.

Des réunions d’évaluation non tenues

Après le double scrutin du 09 Février 2020, l’organisation d’une réunion d’évaluation a été vainement réclamée à cor et cri par les élites et les militants. Ceux qui se sont d’ailleurs obstinés avec insistance dans cette voix ont d’ailleurs été taxés de pourfendeurs du plénipotentiaire qui, en vertu de son statut de « Chef Politique Départemental » réitère à qui veut l’entendre que ses actes sont marqués du sceau de la « souveraineté ». Or, il n’échappe à personne que les réunions d’évaluation post activité sont un cadre d’échanges privilégié pour garantir la bonne marche de la structure, qui crédibilise les dirigeants et redonnent confiance aux membres du groupe.

C’est d’ailleurs là que devraient être présenté le compte d’emploi qui, en plus d’être un élément de synthèse, est un outil de transparence pour les structures faisant appel à la générosité publique comme dans le cas d’espèce. Alors, dire en public, comme cela a été le cas du plénipotentiaire lors de la réunion de lancement de la campagne que l’on a opté pour la probité et l’orthodoxie, et trainer d’aussi parlantes et bruyantes casseroles est somme toute paradoxale ainsi que le révèle au grand jour le compte d’emploi servi aux contributeurs et aux militants tel que ce fût le cas le 23 novembre 2020 à Abong-Mbang lors de la réunion de lancement de la campagne en vue de l’élection des Conseillers Régionaux du 06 décembre 2020.
Or, il est bien connu de tous, dans les usages de l’homme, qu’après chaque campagne, un congé paisible d’au moins deux semaines est pris pour passer du bon temps du côté de l’hexagone avec l’argent des élites et des pauvres militants qui se sacrifient pour faire rayonner le Parti du Président Paul BIYA sur le terrain.

De la mise à l’écart technique des Chargés de Mission

Le plan de détournement des fonds de campagne est savamment orchestré et minutieusement ourdi car les Chargés de Mission officiellement nommés par le Président National du RDPC, Son Excellence Paul BIYA, sont totalement et impunément mis à l’écart des questions financières au grand dam d’un inconnu politique, ANZEBAM Patrick, toujours désigné Caissier-Comptable et co-signataire du fameux compte d’emploi, qui fait la pluie et le beau temps avec l’argent mobilisé pour la cause du Parti.

Ces pratiques qui ont pris corps et qui se sont enracinées au sein de la Délégation Permanente Départementale sont aujourd’hui à l’origine du ras-le-bol des militants et surtout la principale raison du boycott de toute initiative de mobilisation des ressources pour soutenir le Parti. Une action salvatrice est attendue de toute urgence de la part de la Haute Hiérarchie du Parti pour éviter d’émousser le militantisme de ce bastillon imprenable du RDPC.

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