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General News of Sunday, 31 May 2020

Source: cameroonvoice.com

Fin du régime: Wilfried Ekanga défie ouvertement le régime Biya

Jeudi dernier, intervenant en duplex sur la télévision privée Equinoxe TV, l’opposant et fin analyste politique a désillusionné ce qui tient encore lieu de régime Biya, en battant en brèche l’idée propagée à tort et à travers par ses partisans et pontes selon laquelle, l’absence de mobilisation active des Camerounais contre leur système marque l’adhésion de ceux-ci à sa politique, et, par voie de conséquence, le désaveu de ses adversaires politiques et autres critiques de la société civile, qui décrient son caractère infernal.

En effet, à force de mystifier le monde au sujet de sa supposée popularité qu’il sait pourtant acquise à coups de répression, de musellement de l’opposition interdite de facto de s’exprimer sans risquer de se retrouver “au village de si je savais” (la prison ou le cimetière), de cooptation forcée au sein du sérail, d’intimidations, de privations de toutes sortes pour tenir par le ventre les plus récalcitrants quand les autres méthodes n’ont pas prospéré, et -pour ne rien laisser au hasard- de trucage des élections, le pouvoir en place au Cameroun a fini par se convaincre qu’il était en harmonie avec les Camerounais. Mais cette conviction, l’opposant Wilfried Ekanga basé en Allemagne l’appelle d’autant plus à s’en débarrasser qu’il a trouvé le fin mot de l’histoire : pour avoir passé le clair de son temps à déployer des efforts surhumains pour faire prendre des vessies pour des lanternes, le pouvoir de Yaoundé a fini par croire à son propre mensonge. Comme le scorpion qui meurt, victime de son propre dard.

Aussi Wilfried Claude Ekanga Ekanga pose-t-il le constat diagnostique d’un régime tellement ancré dans les mauvaises pratiques pour sa survie qu’il en est arrivé à croire que l’écart peut devenir la norme simplement parce qu’il le veut : l’acte du violeur ne devrait pas être considéré comme le viol, du moment où son auteur peut exciper de son amour pour la victime et de l’impossibilité pour lui de faire consentir cette dernière. La fraude aux élections pour faire gagner le plus largement possible le parti le plus détesté et le plus inutile du pays n’en serait pas une, pour la simple raison que les pontes de ce parti étant au pouvoir, ne conçoivent pas autrement que comme une catastrophe –pour eux, bien sûr-, le fait de laisser le pouvoir à des “non patriotes”, à des “anglofous”, à des “tribalistes Bamilékés”, ou à des “anglo-bamis” et autres “agents endogènes des puissances impérialistes et forces exogènes de déstabilisation de notre cher et beau pays”, parce que ces vendeurs d’illusion porteraient fatalement dans leurs gênes le virus de la guerre civile qu’ils inoculeraient tout de suite à tout le Cameroun afin de l’embraser –dans quel intérêt ?- dès leur prise du pouvoir.

Pour le jeune prodige politique qui a marqué les Camerounais pendant la campagne électorale de la présidentielle d’octobre 2018, « Le Cameroun est dans un système de conservation du pouvoir où on pense que parce qu’on s’est habitué, (l’habitude étant une seconde nature -ça fait 40 ans qu’on est là-), on a fini par oublier que le palais d’Etoudi n’est ni construit par Paul Biya –c’était Clément Olivier Cacoub qui n’est même pas Camerounais- mais en plus n’est pas la maison de Paul Biya. Il est en location dans une institution qui va appartenir à quelqu’un d’autre après lui -et il vaut mieux déjà s’y préparer-, soit par la sélection naturelle, soit par la voie politique. ».

Invitant les destinataires de ses piques à retourner à une réalité qui serait plus triste, rapportée à l’illusion de la popularité dans laquelle ils feignent de baigner, le politologue et essayiste camerounais s’apitoie sur : « Les Biyaïstes, les artisans du régime en place [qui] pensent sérieusement en ce moment que la majorité de la population camerounaise est derrière eux », et tance : « Quand vous muselez un peuple avec la police, que vous intimidez et que vous arrêtez tout, quand même dans les familles on a peur que tu t’intéresses à la politique parce qu’on va te tuer. Quand les gens savent que le régime est totalement carnassier et pour cela préfèrent se barricader, repliés dans leur coin sans s’exprimer, oui on finit par avoir l’illusion qu’on a l’adhésion populaire. Le principal vainqueur de l’élection 2018 ce n’étaient pas les 71%, c’était l’abstention ».

Puis, concluant sur une note de défi, l’auteur de “Des Afriques et des Vers” lance « Laissez l’occasion au peuple de s’exprimer et vous verrez ce qu’il pense réellement ».

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