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General News of Tuesday, 11 August 2020

Source: Expression Économique n°181

Fichier solde de l’Etat : le ministre Joseph Le démantèle un vaste réseaux mafieux

Mauvais montage du projet, choix peu judicieux du prestataire, déficit d’expertise sont quelques manquements évoqués par le ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative. C’était le 28 juillet dernier au cours de la première session du Comité chargé de l’assistance du prestataire, du suivi et du contrôle de la mise en œuvre d’un nouveau Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde.


Compte tenu de l ‘essoufflement constaté dans l’exploitation du système actuel, le temps presse ! Nous devons doter l’Etat dit Cameroun, d’un système de gestion des ressources humaines et de la solde performant, efficace, et moderne ». (J’est par ces mots que le ministre de la fonction publique (Minfopra) Joseph Lé a achevé son discours prononcé, au cours de la première session du Comité charge de l’assistance du prestataire, du suivi et du contrôle de la mise en œuvre d’un nouveau Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde. C’était le 28 juillet à Yaoundé.

Au cours de la rencontre présidée par Joseph Lé le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, il a été présenté les causes de l’échec de la première tentative de mise en exploitation du projet Système informatique de gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde (Sigipes-2), sur la période allant du 23 décembre 2013 au 27 octobre 2015. L’objectif était de poursuivre la modernisât ion de l’admi nist ration publique camerounaise, avec une refonte complète, des applications en charge de la gestion des ressources humaines de l’Etat.

Ce système, en plus de fédérer Sigipes et Antilope, avait pour but, d’améliorer la qualité des prestations fournies aux usagers du service public, en s’appuyant sur la dématérialisation du dossier de l’agent public et sur le développement des prestations à distance.



Les résultats des audits réalisés, à la suite de l’arrêt complet des activités du projet, après échec constaté, ont été portés à la l’attention du président de la République, (domine turpitudes ayant plombé cette phase infructueuse, il est clairement apparu que « les buses sur lesquelles reposaient la première phase de ce projet d’envergure, étaient particulièrement fragiles. Le choix du prestataire s’est avéré peu judicieux, puisque le consortium retenu, s’est disloqué avant le début de la phase opérationnelle, et l’expertise dans le domaine requis de la partie restante était sujette
Bien plus encore, « le mauvais départ du Sigipes, était aussi dû aux manquements du cahier des charges nébuleuses, qui a cruellement souffert: du déficit d’expertise et de vision de ses rédacteurs », ajoute-t-il.



A cela, se sont ajoutés « des maux qu’il convient sans doute de fustiger, pour qu’ils ne se répètent plus, je veux parler des querelles de personne, des conflits d’intérêts, de la navigation à vue. inhérente au non-respect des rétro plannings et aux errements techniques qui ont, entre autres, imposé chemin faisant, un management problématique, marqué par la mise ù l’écart systématique des sons de cloche dissonants», dénonce Joseph Lé. « Je veux aussi parler, de cette relative cacophonie, due à l’absence de convergence réelle entre les principaux mandataires en charge du pilotage du projet», conclu -1-il.

Nouveau projet propre à l’Etat


Avec cette expérience qui s’est soldé par un échec, l’Etat du Cameroun a décidé de tourner la page du Sigipes 2, qui aurait englouti plus de 7 milliards de 1 CFA. octroyés par l’Union européenne. Le président de la République, a instruit d’engager les diligences, devant conduire à la conception d’un nouveau projet, dans la perspective du développement d’une solution propre à l’Etat du Cameroun. C’est ainsi que le Premier ministre a prescrit une double démarche dont la mise en cohérence des options du Minfopra et du ministre des Finances (Minfi), afin d’assurer la conduite harmonieuse du projet et le recours à de nouvelles entreprises, pour l’implémentation du nouveau projet, afin d’éviter les risques d’une interférence négative avec le passif du contrat, liant l’Etat du Cameroun au Consortium CAC-CBL.

Soulignons que ces orientations, sont en droite ligne des résolutions du Conseil de Cabinet du 30 mars 2017. Au cours dudit Conseil, il avait été prescrit au Minfopra, d’engager les démarches nécessaires, en vue du recrutement d’un nouvel intégrateur. Objectif, pallier les insuffisances du consortium suscité. Il fallait également impliquer davantage, toutes les administrations compétentes dans ce domaine, à la réalisation du projet, en vue de son implémentation optimale.

Bien que le retard accusé par le Sigipes-2 dans sa mise en production soit regrettable, il offre néanmoins aujourd’hui, « l’opportunité de prendre en compte des nouveaux besoins, qui n’avaient pas été inscrits dans le cahier îles charges de la première opération de mise en exploitation de ce système », souligne le Minfopra.

En effet, ce cahier des charges n’avait pas pris en compte la biométrie et la dématérialisation des procédures administratives. Des fonctionnalités qui, aujourd’hui, « nous semblent indispensables, pour pérenniser les résultats s des différentes opérations d’assainissement des fichiers de gestion des agents publies », reconnaît-il.

A titre de rappel, la biométrie a vocation à améliorer, d’une part, le contrôle de l’effectivité de la présence des agents publics à leurs postes de travail, permettant ainsi au gouvernement de mieux combattre les phénomènes tels que l’absentéisme récurrent, la flânerie, les abandons rie poste, les absences irrégulières, etc., et d’autre part, à garantir la fiabilité du fichier des agents publics et de la solde de l’Etat.

En ce qui concerne la dématérialisation des procédures administratives et des archives, il s’agit, dans le cadre du nouveau projet, de prendre en compte la nécessité de sécuriser, de manière pérenne, les différentes procédures administratives, pour prémunir le système contre l’usage de faux actes de carrières, tout en facilitant les interactions entre l’administration et ses usagers.

La mise en œuvre de la biométrie et delà dématérialisation des procédures, devra en outre, permettre la production à échéance, de tous les actes de carrière des agents publics. Ceux ayant une incidence financière seront pris en charge de manière-automatique, contribuant ainsi à une meilleure maîtrise de la masse salariale et de sa budgétisation.

Véritable révolution


Dans la nouvelle vision que le gouvernement a du projet Sigipes, l’automatisation du traitement des dossiers, avec ses corollaires que sont la simplification et la mutualisation des ressources informatiques, entraînera une véritable révolution dans la gestion des ressources humaines de l’Etat. Avec le nouveau Sigipes, le Cameroun se donne pour objectif, de taire partie du cercle restreint des pays africains disposant d’un système intégré, pour la gestion des ressources humaines au niveau de l’administration publique. « Il nous a été donné environ 24 mois pour réaliser ce projet », confie le président du Comité.

Cette première session du Comité, avait pour objectif, l’installation officielle de ses membres et l’examen d’importants documents soumis à appréciation de la présidence dudit Comité. Pour ce qui est des Dossiers d’appel d’offres, ainsi -que les Appels à manifestation d’intérêts, ils ont été élaborés à partir des termes de références du nouveau projet Sigipes. «Nous devons nous y plancher, avec grand intérêt et inimitié ; étant entendu que les évolutions éventuelles de ces documents auront des répercussions sur l’ensemble du projet », assure le Minfopra.

Pour mémoire, le développement de l’application Sigipes a été confié à un cabinet local, à savoir CCicom, qui en 2005 a rétrocédé les codes sources à l’Etat qui depuis lors assurait la maintenance corrective et évolutive.

Dans le Document d’orientation budgétaire pour le trierinat 2021-2023, le Minfi note une absence d’harmonisation réelle des informations entre le système actuel île gestion des ressources humaines et le système de gestion des dépenses salariales, notamment concernant, la synchronisation des informations sur la carrière des personnels de l’Etal et les dépenses conséquentes, cela conduit à l’accumulation de la dette salariale des agents publics vis-à-vis de l’Etat.

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