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General News of Monday, 30 March 2020

Source: Actu Cameroun

Fermeture des buvettes: les policiers et militaires défient Paul Biya

En s’opposant systématiquement à la fermeture de leurs bars préférés après 18 heures, certains hommes en tenue bottent en touche le respect des consignes du chef de l’Etat.
Stop ! Monsieur je vous interdis de fermer ce bar et aucune chaise ne doit bouger ». C’est par cette injonction assortie d’une menace qu’un adjudant-chef en civil s’oppose à la fermeture d’un débit de boisson dans un quartier chaud de la ville de Yaoundé. « Laissez-moi faire mon travail chef», réplique avec sympathie l’élève gendarme.

Au même moment, un homme d’une cinquantaine d’année arborant un survêtement et un sac à dos visiblement mécontent de la fermeture de ce bar, tente de remonter les bretelles aux gendarmes. « Ne m’influencez pas. Je n’ai pas peur de vous. Nous faisons tout simplement notre travail», indique-t-il.

« Vous savez à qui vous parler ? On ne vous a pas appris à respecter vos chefs ? », interroge le monsieur en colère. « Mon capitaine,ne m’intimidez pas. Je suis juste les instructions du chef de l’Etat. Même mon chef ne peut pas m’empêcher de fermer un bar qui fonctionne à plus de 18 heures », répond son interlocuteur. Après une échauffourée de quelques minutes, le chef d’escorte lance : « si vous n’êtes pas content de cette mesure, allez écrire au chef de l’Etat. Nous nous allons poursuivre notre opération jusqu’à ce qu’il nous instruise d’arrêter ».



Cette scène n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Au quartier Mimboman, un policier s’est fait brutalisé après s’être opposé à la fermeture d’un bistrot. En effet, certains hommes en tenue haut gradés ou pas, habitués des coins chaud sont du mal à digérer la fermeture assez tôt des débits de boisson. « Ce sont les gendarmes, policiers et les militaires qui nous créent plus de problème sur le terrain. Ils encouragent l’incivisme», révèle une adju-dante ayant requis l’anonymat.

Roland M. se souvient du 18 mars dernier où il a eu un accrochage avec un commissaire de police pour avoir saisi et procéder a la fermeture forcée d’un débit de boisson.

« Il était 19h 30min et ce bar était toujours ouvert. La gérante nous méprisait parce que ie commissaire lui avait promis qu’on ne pouvait pas fermer son bar. Lorsque j’ai instruit cette dernière de fermer son commerce, ie commissaire m’a demandé si je ne voyais pas qui! buvait et qu’il était préférable pour nous de sortir. Puisque ia servante ne s’est pas exécutée, pour avons procéder à ia saisie des chaises, tables, casiers de bière et autre. C’est en ce moment que le commissaire m’a giflé et m’a ordonné de libérer les lieux. Ceia a créé une dispute mais avec l’aide de mes chefs nous avons fini par sceller ce bar», raconte-t-il.

Sanctions
D’après notre source, un tel comportement est sévèrement puni. D’ailleurs sur les quatre cas enregistrés jusqu’ici, ces éléments ont été reversés. « Ce sont les policiers et les gendarmes qui nous donnent fil à retordre sur le terrain […] lorsqu’il s’agit des policiers, nous saisissons ie délégué à la sûreté nationale mais quand ce sont nos éléments, nous leur infligeons des sanctions exemplaires », fait savoir notre source.

Quoiqu’il en soit, la gendarmerie Nationale entend poursuivre avec célérité ses actions dans la lutte contre la propagation du Coronavirus. « Nous avons demandé à nos éléments sur le terrain de ne pas se laisser influencer, de rester courtois et surtout d’être disciplinés. Nous allons faire un rapport au ministre afin qu’il prenne des mesures. Nous comptons également saisir le délégué général à la Sûreté nationale pour qu’il prenne aussi les dispositions afin de rappeler leurs éléments à l’ordre », apprend-on.

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