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General News of Friday, 18 December 2020

Source: 237online.com

Faux témoignage à la télé: silence radio dans la famille de Stéphanie Djomo

Placée en détention provisoire puis libérée, Stéphanie Djomo, suite à une intervention controversée sur Equinoxe télévision, ne veut plus parler de ses ennuis judiciaires à la presse.

Incarcérée pour propagation de fausses nouvelles dans une émission à Equinoxe TV, où se trouve Stéphanie Djomo depuis sa libération suivie d’une interview à la CRTV ? Félix René Ekoulé Besé, beau-père de cette dernière est froid lorsqu’il faut aborder cette question. « Je ne veux plus parler de cette affaire à la presse », répond-t-il sèchement. Les autres proches de Stephanie Djomo, à l’instar de sa fille Tatiana Naoussi, entendent observer le même mutisme. « Nous ne voulons plus parler de la vie de notre maman dans les medias », affirme-t-elle.

Stéphanie Djomo a été arrêtée en date du 08 novembre 2020 suite à un témoignage sur la plateau de Equinoxe TV, sur la mort de ses jumelles dans la guerre qui sévit en zone anglophone du pays. Un témoignage qui n’a pas été favorablement apprécié par les membres du gouvernement. Après son arrestation, Stéphanie Djomo a été déférée à la prison centrale de New-bell par le commissaire du gouvernement du Tribunal militaire de Douala. Selon ses avocats, elle était menacée et harcelée afin qu’elle incrimine certaines personnes comme étant des commanditaires de son « discours controversé. »

A Bangou, son village d’origine, personne ne souhaite évoquer ce sujet. Ce dimanche 22 novembre 2020, à la gare routière, précisément au lieu-dit Bangou Carrefour, presque tout le monde bouge. A l’évocation du nom de Stéphanie Djomo, la méfiance s’installe. « Je connais bien leur famille. C’est à une moto d’ici… », commence à raconter un commerçant. Mais dès lors qu’il apprend notre qualité de journaliste, il se débine : « Je ne sais rien de cette affaire. Je n’ai plus rien à vous dire ». A Douala, même silence chez les deux grandes filles de Stéphanie Djomo (Nanda Naoussi Tatiana Ynené et Yepmo Naoussi Daphnie Maeva). «Elles ont décidé de ne plus répondre à la sollicitation de tout journaliste », explique, sous anonymat, une dame qui les a hébergés pendant une dizaine de jours suite à l’interpellation et la détention de leur maman. Elle craint aussi qu’une vague de répression injustifiée s’abatte sur les enfants de Stéphanie Djomo. Ces deux filles, âgées respectivement de 22 et de 19 ans, ont peur d’être victimes de représailles comme leur mère, en répondant aux médias. Ce qui est contraire à l’esprit et à la lettre de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 Décembre 1948. Cet article dispose que: « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher de recevoir et de reprendre sans considération de frontière les informations et les idées par quelques moyens d’expression que ce soit. »

L’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques signé et ratifié par le Cameroun va dans le même sens puisqu’il stipule que « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions. », et que « Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. »

La famille de Stéphanie Djomo évite-t-elle ses enfants ?

La militante associative qui a hébergé et nourrit à ses frais, les trois enfants et la petite fille (deux ans d’âge) de Stéphanie Djomo durant sa détention est amer face au silence observée par ses filles jusqu’au moment où nous allions sous presse. « J’ai géré toute seule leur nutrition. Ce n’était pas facile. Surtout qu’elles affichent des caprices des enfants qui ne sont pas allés au bout de leur cursus scolaire. Et ne disposent pas de formation professionnelle. Elles sont sorties de chez moi pour aller en location, sans être officiellement en contact avec leur maman. Depuis lors, il n’y a plus de communication entre nous », soutient la bienfaitrice. Cependant, une autre source relate que Stéphanie Djomo a regagné Douala depuis quelques jours et souhaite vivre dans la discrétion. Ce qui rend confus certains de ses proches.

D’ailleurs la dame qui a soutenu les enfants de Stéphanie Djomo durant sa détention continue à se poser une spirale de questions:« Blaise Alain Naoussi, le père des trois filles, n’a pas voulu s’impliquer ne serait-ce que pour donner des subsides à ces enfants. Pourquoi leur mère, même libérée, n’a pas cherché à prendre de leur nouvelle ? Pourquoi ce monsieur présenté comme Elie Yepmo, petit-frère de Stéphanie Djomo et travaillant, dans la haute administration à Yaoundé ne s’est-il pas impliqué pour les soutenir en ces moments de détresse liés au séjour de leur maman dans l’univers carcéral ?» Notre informatrice est autant perplexe que devant elle, les deux grandes filles de Stéphanie Djomo ont essayé de joindre leur grand-père paternel, il n’a point daigné décrocher le téléphone. Appelé par nos soins ce parent fait savoir qu’il ne veut plus parler de cette affaire de Stéphanie Djomo. Une affaire qui a semé la peur à Douala comme à Bangou.

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