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General News of Thursday, 4 February 2021

Source: Mutations

Fausses promesses : les ex Amba Boys de Buea menacent

Le premier ministre, Joseph Dion Ngute, a dépêché mardi dernier dans le Sud-Ouest, sa conseillère spéciale Ndoh née Bakata Bertha pour désamorcer un mouvement d'humeur des ex-combattants ambazoniens hébergés au centre de désarmement, de démobilisation et de réintégration de Buea.


Ceux-ci protestaient pour une énième fois contre leurs conditions de vie. Ils estiment en effet avoir été floués par les responsables du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration qui auraient promis les réinsérer dans la société au bout de six mois après le dépôt des armes. Ils en sont à un peu plus d'un an pour certains. Selon nos informations, tout serait parti du recrutement, il y a quelques mois de certains de leurs anciens camarades par une entreprise parapublique dont le siège est à Yaoundé. Ces "repentis" qui disent ne plus supporter de vivre en coupe réglée attendent depuis que la patronne de cette entreprise concrétise sa promesse de recruter d'autres vagues en vain.

Lors du débrayage d'il y a trois jours, ils ont clairement exigé des autorités qu'elles les remettent à leurs familles. Mais les responsables du Cnddr pourraient-ils prendre un tel risque avec des individus qui pour certains, ont commis des crimes de sang? Ainsi que le prévoit le protocole du Cnddr, avant d'arriver à la réinsertion dans la société, les "repentis" doivent passer par deux principales étapes : la déradicalisation et la réintégration qui suppose la formation à un métier. Or en l'état actuel des choses, le comité national de désarmement estime que les remettre aux familles serait simplement les offrir en sacrifice à leurs anciens camarades restés dans le maquis, qui les considèrent comme des traitres. A défaut, ces derniers, devenus incontrôlables, pourraient reprendre les armes. Vu sous cet angle, le premier ministre fait preuve d'une extrême légèreté dans la gestion de la grève de Buea. La mission qu'il a dépêchée sur le terrain a, sur des bases totalement floues, sélectionné 70 ex-combattants parmi les grévistes, à qui il sera remis une enveloppe de 500 000 francs chacun. Cet argent est censé selon nos informations, les aider à se réinsérer dans la société.

Traitement princier

Des cartes d'identité nationale leur seront établies dans une perspective pour un montant total de 1 million déjà débloqué sur instruction du chef du gouvernement. Le risque c'est qu'une telle bienveillance vis-à-vis des grévistes de Buea ne finisse par entrainer un effet boule de neige: les pensionnaires des centres Ddr de Bamenda et de Meri pourraient légitimement demander à bénéficier du même traitement princier. Il est à noter que le budget affecté à la prise en charge des ex combattants soit 75 millions par trimestre est le même dans les trois centres

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