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General News of Tuesday, 11 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Fédéralisme, péchés de Biya : Paul Ayah Abine se confie à Jeune Afrique

Paul Ayah Abine Paul Ayah Abine

• Paul Ayah Abine est toujours favorable au fédéralisme

• L’ancien magistrat est privé de sa pension de retraite

• Il regrette la modification de la constitution du Cameroun


Paul Ayah Abine s'est retiré de la vie politique mais reste toujours engagé pour le développement de sa région. A Buea où il a élu domicile depuis sa sortie de prison en 2017, l'ancien magistrat camerounais fait des confidences aux confrères du magazine Jeune Afrique. L'homme qui traine les séquelles de son séjour carcéral est toujours favorable au fédéralisme. Il estime que les régions anglophones du Cameroun n'ont jamais été unifiées. Ayah Abine évoque la résolution de 1608 des Nations Unies du 21 avril 1961 pour se justifier.
« Pour moi, si l’on s’en tient au droit, les deux Camerouns n’ont toujours pas été réunis. La résolution 1608 des Nations unies du 21 avril 1961 stipule que le Southern Cameroon obtient son indépendance, mais qu’il doit finaliser un accord de gouvernance avec la Grande-Bretagne et avec la République du Cameroun. Cela n’a jamais été fait », a laissé entendre l’ancien député de Akwaya qui reste fidèle à ses convictions.

La source des malheurs du Cameroun

Paul Ayah Abine regrette la modification de la constitution qui a permis à Paul Biya de se représenter en 2011. Cet acte est selon le juriste, la cause des problèmes auxquels le Cameroun fait face.

« Personne ne m’a compris lorsque j’ai mené cette campagne, en dépit de toutes les menaces, raconte-t-il. Je pense que cet amendement nous a fait faire un bond de deux cents ans en arrière et je suis convaincu que tout ce qui arrive aujourd’hui ne serait pas arrivé sans cette modification de la Constitution », confie-t-il. Sa prise de position contre ce projet de modification de la constitution lui avait valu la foudre du RDPC dont il était militant. Il démissionnât et créa le Peoples Action Party (PAP) avec lequel il participe à la présidentielle de 2011.

Le régime de Yaoundé n’a jamais toléré les prises de position du juriste. En plus d’avoir été embastillé, Paul Ayah Abine s’est vu priver de sa pension. Et pourtant l’homme a servi son pays pendant 40 ans. Pour le régime, il faisait partie des cerveaux des mouvements séparatistes qui ont enclenché la crise anglophone.

«Ce sont les avocats et les enseignants qui ont engagé la revendication, se défend-il. Je n’ai jamais été membre du Consortium des anglophones de la société civile. Je leur avais demandé d’ouvrir cette plateforme aux politiques comme moi afin que des questions telles que le fédéralisme puisse être posées sur la table, ce qui n’a pas pu se faire. », martèle-t-il.

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