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General News of Monday, 8 February 2021

Source: La Voix du Centre N°187

Exclusif : les aveux d’un faux Amba boy recruté par le gouvernement du Cameroun

Approché par les autorités pour jouer le rôle d’ancien sécessionniste reconverti l’intéressé témoigne tout son mécontentement sous anonymat.

« On m’avait contacté pour faire semblant d’être un ancien ambazonien qui a abandonné la forêt pour suivre désormais les institutions en place. J’ai accepté. On m’avait promis une forte somme d’argent pour passer à la télévision faire un faux témoignage. J’ai accepté. Mais à la fin je me retrouve abandonné. Je n’ai même pas reçu le 1/10 de l’argent qu’on m’avait promis et aujourd’hui je suis seul et complètement ignoré ».

Le délit que l’on perçoit à travers les lamentations de ce faux ex indépendantiste pourrait se prolonger jusqu’au niveau des acteurs impliqués dans la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sans analyse aucune l’on saisit mieux la duperie et la manigance des décideurs dans le jeu qui consisterait à faire oublier les armes aux civils armés et à rejoindre l’État. Un élan publicitaire sans résultat probant. Pourtant dans les discours politiques et officiels la présentation quasi quotidienne des personnes indexées jadis comme indépendantistes envahit quelques vitrines. Mais on est bien loin de cet aspect fabuleux du désarmement des séparatistes.

« Nous étions nombreux à accepter la proposition du gouvernement de nous présenter publiquement comme anciens combattants ambazoniens. » Précise notre source sans donner les détails sur ce qui est advenu des autres. Un autre fait tout au moins plus grave que l’oubli des agents ayant motivés leur implication dans ce jeu trouble demeure la stigmatisation de ce dernier et les promesses de mort qui pèsent sur lui. « Dès que les membres de ma famille m’ont vu à la télévision et écouté mes propos sur mon ancienne vie dans la forêt ce qui n’était pas vrai, ils m’ont dit que je ne suis plus leur enfant. Je suis obligé de vivre cacher. Même dans mon village dans le Nord-Ouest je n’ai plus accès. Tout le monde me promet le pire. Je ne sais plus quoi faire ni comment vivre ».

Le regret dans son expression risquerait d’être pareil pour ces camerounais exhibés pour affirmer un choix moyennant quelques billets de banque mais à leurs risques et périls. La médiatisation du mensonge au profit de quelques figures bien protégées dans le sérail livre au contraire les plus faibles animés par le goût du lucre à la sentence d’une part incitée par les indépendantistes proprement dits et les familles de ces faux ex partisans de la sécession presque obligées de renier les leur pour avoir la vie sauve d’autre part. Après les fausses déclarations et le partage d’un peu de gain s’en suivent donc des cas d’individus piégés entre le marteau et l’enclume.

Mais le gouvernement quant à lui enregistre dans son compteur d’action politique et politicien un grand nombre d’ex indépendantistes armés désormais sous ses bons soins. Quitte à ce que les crédules chantent ses louanges. Pendant ce temps les victimes de sa ruse perdent leur emploi, la considération voire la vie. Tout est réduit en une consigne « l’efficacité » que Machiavel inspire à chaque prince peu importe la façon dont elle menée. Sans halte ni lendemain notre source a dû abandonner son commerce de rideaux dans un marché populeux de Yaoundé par crainte de représailles. Malgré les proclamations faites par le gouvernement sur l’abandon des combattants armés la guerre se poursuit dans les régions anglophones avec ses morts et réfugiés.

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