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General News of Thursday, 19 November 2020

Source: www.camerounweb.com

Etoudi: voici le laboratoire de fake news de Paul Biya au Cameroun

Paul Biya en compagnie de Mvond Ayolo Paul Biya en compagnie de Mvond Ayolo

Dans une récente enquête titrée « Comment le dictateur du Cameroun donne des millions aux entreprises américaines pour polir sa réputation avec des "fake news" », le site Belge mo.be dévoile les différentes techniques ainsi que les outils dont se sert le régime Biya pour se maintenir au pouvoir. Parmi ces différents outils, les médias, servant de fabrication de Fake news.

Voici ce que mo.be publie à ce sujet. Extrait...


Le “fake news” au Cameroun


Le président Biya a dépensé des millions de dollars en relations publiques. À l’approche des élections d’octobre 2018, un certain nombre de canaux qui sont remarquablement partiaux sont mis en place sur les médias sociaux. Elles passent la responsabilité de chaque incident violent aux séparatistes, sans mettre en avant le rôle de l’armée camerounaise.

Parmis eux on a trouvé, par exemple, @CameroonTruth (fondée en août 2018) :

Et aussi @AgenceCamPresse, qui fait partie de l’ ‘agence de presse’ Agence Cameroun Presse, fondée en juillet 2018 :

Agence Cameroun Presse est particulièrement intéressante. Leur objectif, selon leur site web, est de présenter ‘les faits et les vraies nouvelles du Cameroun’.

Au lendemain des élections de 2018, des observateurs étrangers apparaissent à la télévision nationale, indiquant qu’ils ont été envoyés par l’ONG internationale Transparency International pour surveiller les élections. Ils rapportent que le processus électoral s’est déroulé en toute équité.

Transparency International réagit rapidement en déclarant qu’elle n’a pas envoyé d’observateurs au Cameroun et qu’elle n’a aucune affiliation avec les soi-disant observateurs. L’organisation s’oppose fermement à l’utilisation abusive de son nom. Michael Hornsby, responsable de la communication chez Transparency International, le confirme personnellement dans un e-mail de 2018 : ‘Il semble que [les observateurs] aient été invités par l’Agence Cameroun Presse’.

Les soi-disant ‘observateurs’ s’avèrent être un mélange de petits voleurs, de jardiniers et de chômeurs. Aucun d’entre eux n’a d’expérience en matière de surveillance des processus électoraux et ne comprend les affaires africaines. Parmi eux, Nurit Greenger, qui déclare sur Twitter le 9 octobre 2018 qu’elle a été invitée à la fois par l’Agence Cameroun Presse (ACP) et Transparency International.

En juillet 2018, au moment de la création de l’ ‘agence de presse’ ACP, deux contrats de relations publiques avec le gouvernement camerounais étaient en cours : Mercury Public Affairs (1,2 million de dollars) et Squire Patton Boggs (400.000 dollars). Les deux contrats stipulent explicitement que leur objectif est ‘d’améliorer l’image du Cameroun aux États-Unis’.
Est-ce une coïncidence si, comme en 2004, le régime Biya utilise de fausses déclarations d’étrangers indépendants en apparence pour donner de la crédibilité à sa réélection ? Est-il possible que les ‘observateurs’ ou leurs clients aient fait du travail non rémunéré ? Aussi improbable que cela puisse être, au moment où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas pu établir un lien plus direct entre l’Agence Cameroun Presse et Squire Patton Boggs de Mercury Public Affairs.

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