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General News of Saturday, 6 June 2020

Source: camerounlink.com

Etoudi: 'les transitions ont toujours eu un goût de gré à gré'


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« Le gré à gré est un concept utilisé dans le langage des marchés publics. Il pourait, de ce point de vue, être défini comme l’octroi d’un marché à un prestataire des services préalablement choisi sans avoir à recourir à un appel d’offre national ou international. Transposé en politique, ce concept, utilisé par la frange de l’opposition camerounaise conduite par le Professeur Maurice Kamto, nous avons nommé le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), signifierait un changement de personnes au sommet de l’Etat, mieux, une transition politique qui n’est nécessairement pas une alternance politique- puisque les deux notions ne renvoient pas à une même réalité politique- de façon consensuelle sans recours préalable au choix « divin » du peuple « souverain ». Bien évidemment, dans le cadre du Cameroun, les auteurs de cette stratégie ont élaboré un scénario visant à modifier la constitution et à instaurer le poste de vice-président pour faire de celui-ci le successeur constitutionnel.

Soit !

Toutefois, il convient de dire, qu’en attendant la modification de la loi fondamentale, la succession de gré à gré reste une simple théorie que l’on qualifierait, d’ailleurs à juste titre, de complotiste, puisque, jusque-là, la loi fondamentale prévoit, en cas de vacance au pouvoir, que l’intérim est assurée par le Président du Sénat qui organise les élections auxquelles il ne prend pas part lui-même.

En outre, quant à l’acceptation du gré à gré par les camerounais, l’histoire des faits politiques et sociaux de l’Afrique et même du monde nous apprend que les transitions à la tête de la magistrature suprême ont toujours eu un goût de gré à gré. D’ailleurs, l’avènement du président Biya à la présidence de la République au Cameroun a été fait sous la base de cette théorie. Autrement dit, le peuple n’accepterait certainement pas une transition politique de gré à gré au Cameroun. Mais toute la difficulté reviendrait à démontrer aux yeux du peuple que la transition a été faite de gré à gré.

Tout compte fait, l’avènement d’un nouveau Chef d’Etat a toujours suscité au peuple une double réaction : la joie et le mécontentement ; tout dépend du bord politique des uns et des autres. C’est-à-dire que lorsque le moment viendra- car ce n’est pas encore le moment puisqu’aucune vacance n’a encore été constatée par l’instance compétente au





sommet de l’Etat- la procédure prévue par la constitution sera respectée et un président sera élu. Ce dernier, selon lès principes canoniques de la démocratie politique (on ne sera jamais tous d’accord sur un fait), sera accepté par les uns qui le qualifieront d’un choix juste et rejeté par les autres, qui trouveront certainement en son élection un arrangement préalable.

Le concept de gré à gré est donc, d’abord, une mise en agenda, mais surtout, une manœuvre dilatoire et insurrectionnelle dévoilant l’agenda politique caché des auteurs de cette théorie, pour cultiver dans la conscience populaire qu’une transition politique à la tête de l’Etat au Cameroun sans leur leader, quand bien même elle aura été constitutionnelle, serait vouée à l’échec et devrait être combattue férocement par les camerounais.

Il ne s’agira donc pas de contrecarrer le gré à gré au Cameroun, puisqu’il n’aura pas lieu, mais surtout et davantage de construire une conscience collective républicaine qui respecterait le choix du peuple, quelle que soit la manière avec laquelle ce choix arrivera ».


Nguendia François Aurélien, Diplômé de l’IRIC/IRMIC, Chercheur indépendant.

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