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General News of Thursday, 17 September 2020

Source: Actu Cameroun

Etoudi: les ambitions du responsables des fuites des lettres adressées à Laurent Esso dévoilées

Pourtant estampillées confidentielles, les « très hautes instructions » du chef de l’État au garde des Sceaux se retrouvent sur les réseaux sociaux, puis dans la presse. Généralement, avant même d’atterrir sur la table du principal concerné. Est-ce une manière de vouloir humilier, Laurent Esso, fidèle de Paul Biya ? Ou alors, le signataire de ces lettres veut-il faire savoir à l’opinion que c’est lui qui dirige, défait, la justice ?


S'agit-il d’un dysfonctionnement ? Les observateurs avertis sont d’avis que non. Ce n’est non plus une coïncidence, car le fait se répète avec une obstination diabolique. Ceux qui ont lu la dernière parution d’un journal de la place, spécialisé dans le traitement de l’actualité judiciaire, peuvent en témoigner. « L’arme du crime » s’y trouve. Une fois de plus. Une fois de trop. Cette fois, il est question d’une correspondance qu’adresse, le 31 août, le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, au ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux (Minjustice), Laurent Esso.


L’objet est relatif au quota de magistrats devant bénéficier d’un avancement en 2020. Comme dans une tragédie grecque, les « hautes directives du chef de l’État » se retrouvent sur la place publique. L’opinion apprend qu’instruction est donnée de relever le nombre de magistrats susceptibles de figurer au tableau d’avancement. « Dans les normes, ce type d’information doit être revêtue du , sceau de la confidentialité en raison des frustrations que. cela est de nature à engendrer dans le corps de la magistrature », explique un universitaire. Qui veut mettre les magistrats dans la rue ?

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Bien plus, ce n’est pas la première fois que les instructions confidentielles se retrouvent dans une certaine presse. En effet, il y a quelques jours, une correspondance, tout aussi sensible, du Sg/Pr avait, comme par enchantement, fuité. La lettre, datée du 12 août, s’apparente à une sommation. Le destinateur, passé les formules de politesse, instruit carrément le destinataire de lui faire connaitre la suite réservée à sa correspondance, répercutant les hautes directives du chef de l’État relatives à la nomination des huissiers de justice aux charges vacantes.

D’autres lettres du même tonneau fleurissent sur les réseaux sociaux, non sans noircir les colonnes d’une presse spécialisée. Le phénomène n’est pas nouveau. En 2019, suite aux émeutes à la prison centrale de Yaoundé, communément appelée Kondengui, l’on assiste à une scène pour le moins curieux. Des correspondances du Sg/Pr, Ferdinand Ngoh Ngoh, se retrouvent systématiquement sur les réseaux sociaux. Dans un style martial, il relaye les instructions du chef de l’État relatives au désengorgement des prisons. Quid des correspondances du garde des Sceaux ! Pourtant, il était connu de tous, que Laurent Esso, anticipant des soulèvements à Kondengui, suggéra le transfèrement de groupes prisonniers, réputés comme des agitateurs invétérés.

Volonté de pouvoir

Les experts sont unanimes. La fuite systématique des lettres, émanant, de la présidence de la République, et destinées à Laurent Esso n’est pas un fait anodin. « Quelqu’un de très haut placé ne se contente plus d’exercer subrepticement sa suprématie sur tout le monde. Il entend le faire savoir, d’où la fuite organisée des correspondances. Une analyse poussée desdites correspondances laisse apparaître une condescendance assumée. Le ton est froid, voire impératif. Il n’y a pas meilleure façon de signifier à l’opinion publique qu’on est le maître du pays », analyse un expert.

Un autre de relever, « Laurent Esso est fidèle à Paul Biya. Jamais, il ne le trahira. C’est l’un des farouches gardiens du temple. L’apparition sur ? la placé -publique des lettres dans lesquelles on lui dicte sans façon la conduite à tenir, même s’il s’agit de répercuter les instructions du président, participe d’une volonté de l’affaiblir, voire de le faire passer, aux yeux de l’opinion, pour un simple exécutant sans réel pouvoir. Un individu s’imagine à la place de Paul Biya tous les matins en se rasant ». Faut-il en rire ?

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