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General News of Tuesday, 7 April 2020

Source: cameroonintelligencereport.com

Etoudi: 'le silence de Paul Biya contre son peuple devient criminel'

Le président âgé du Cameroun est critiqué pour son absence de la scène nationale alors que le pays d'Afrique centrale fait face à une crise de coronavirus en plein essor.

Un mois après l'enregistrement du premier cas de COVID-19, Paul Biya, 87 ans, n'a pas encore parlé à la nation - un silence qui pour les partisans est un signe de gravité mais pour les critiques un échec.

Selon des chiffres officiels publiés lundi matin, le Cameroun compte 658 cas de virus, avec neuf décès, ce qui en fait le deuxième pays le plus touché après l'Afrique du Sud en Afrique subsaharienne.

Le Cameroun mène déjà deux violents conflits, l'un contre les djihadistes de Boko Haram au nord, l'autre contre les séparatistes anglophones à l'ouest.

Les combattants du nouveau front sont des médecins et des infirmières qui manquent cruellement de masques et d'appareils respiratoires.

Au cours de ses 37 années au pouvoir, les Camerounais se sont habitués aux longues absences de Biya, principalement en raison d'une mauvaise santé, mais son silence sur la pandémie soulève de vives questions.

Il a posé pour les caméras après des entretiens avec l'ambassadeur américain le 11 mars, mais n'a pas parlé à la presse.

Six jours plus tard, Biya a exhorté les Camerounais sur Facebook à «respecter» les mesures prises pour lutter contre le virus, mais depuis lors, il n'y a pas eu autant de chuchotements de la part d'un dirigeant qui a supervisé de nombreuses crises depuis son arrivée au pouvoir en 1982.

- Biya «ne peut pas être épinglé» -

Les antécédents de Biya suggèrent qu'il n'est pas un communicateur majeur dans le meilleur des cas, ne faisant que trois ou quatre apparitions par an. Mais pour le chercheur Stéphane Akoa, "Dans un contexte comme celui-ci, le message présidentiel est important."

La semaine dernière, les rumeurs ont monté sur les médias sociaux que Biya pourrait être morte, provoquant un déni public formel du ministre des Communications René-Emmanuel Sadi, qui a insisté sur le fait que Biya «vaquait à ses activités officielles comme d'habitude».

Mais le président lui-même n'a rien dit, provoquant une attaque brutale du principal chef de l'opposition, Maurice Kamto, finaliste de Biya aux élections de 2018.



Vendredi, Kamto a exigé que le président s'adresse à la nation dans un délai de sept jours, sinon "le peuple ... verra inévitablement son échec".

Le silence de Biya "devient criminel", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail, Grégoire Owona, a riposté, affirmant que Kamto souhaitait politiser la crise, la qualifiant de "honteuse".



Oswald Baboke, chef adjoint de cabinet du président, a salué la «sagesse… (et) la retenue» de Biya, écrivant dans la presse que «le temps du président ne peut pas être improvisé et ne peut pas être fixé.»

Jusqu'à présent, le jeune ministre de la Santé, Malachie Manaouda, a été l'homme de la crise du coronavirus, tweetant des mises à jour fréquentes et détaillant la réponse du gouvernement.

Mais les critiques se sont intensifiées avec l'augmentation du nombre de cas connus de 142 à 658 en une semaine.

- 'Manque de coordination' -

«La communication du gouvernement est faible, sa réponse a été tardive et à certains égards mal préparée», a déclaré Stéphane M'Bafou, consultant en gestion publique et gouvernance.

"Il y a un manque évident de coordination", a déclaré l'économiste Albert Ze.

Le 13 mars, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a annoncé des mesures telles que la fermeture des frontières et l'interdiction des rassemblements, qui ont été prolongées.

La seule nouvelle étape depuis lors, attribuée à Biya mais annoncée par Ngute, a été la création d'un fonds de solidarité d'un milliard de francs CFA (1,5 million d'euros / 1,65 million de dollars).

D'autres disent que la réponse ne va pas assez loin.

«Nous devons rapidement déclarer un couvre-feu, isoler les villes où les cas sont confirmés et évoluer vers un confinement général quel que soit le coût socio-économique», a expliqué M'Bafou.

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