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Opinions of Tuesday, 12 February 2019

Journaliste: Georges ATANGANA

Etoudi: Paul Biya n’a que deux outils de travail

Le grand-père qui occupe le palais présidentiel d’Etoudi depuis 36 ans n’a que deux outils de travail : le marteau pour taper sur la tête des citoyens et le stylo servant à signer des décrets accordant nourriture et argent à ses griots, amis et frères. Ce bonhomme apparemment calme et réfléchi s’est révélé, au fil des années, comme un pilleur acharné des ressources financières du pays dans le but unique de jouir à travers des dépenses extravagantes. Tous ceux qui ont osé dénoncer ce comportement ou imiter ce style de vie ont été assassinés, emprisonnés ou sont en exil.

Tous les secteurs de production de cette richesse dont il raffole sont en recul, détruits, au moment où il a urgemment besoin d’énormes sommes d’argent pour rembourser les dettes colossales, financer les guerres qu’il a provoquées, payer les fonctionnaires, entretenir grassement sa garde prétorienne, arroser de billets de banque ses services d’espionnage internes et externes, corrompre les chefs traditionnels et les autorités administratives. Sa santé et celle de ses 70 ministres requièrent de nombreux et coûteux avions médicalisés. Pour soigner son image et corrompre les hommes politiques internes et extérieurs il faut que les travailleurs et le sous-sol de ce pays ravitaillent ses caisses.

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Son dernier exploit répressif a été l’ordre de tirer en mondovision, à balles réelles sur des citoyens manifestant pacifiquement contre les fraudes électorales et les détournements impunis de fonds publics. Son obsession du pouvoir pour la jouissance l’a amené à menacer de génocide, à travers un de ses ministres, dont il a approuvé les propos, cette ethnie Bamiléké dont tout le monde connaît le grand rôle dans l’économie de ce pays. L’arrestation et l’incarcération d’un rival politique issu de cette communauté aura de très graves conséquences sur les caisses de l’État et la paix sociale. Le recours aux armes, comme en zones anglophones, n’est plus à exclure. Cette autre catastrophe financière n’emportera- t- elle pas le régime ?

La France et la Chine qui soutiennent la répression au Cameroun, n’échapperont pas aux conséquences économiques de la répression (boycott des produits et services des entreprises chinoises et françaises, réduction des commandes de marchandises chinoises et françaises).

Pour le moment, manquant cruellement d’argent, le dictateur a vendu la région de l’Est aux entreprises de la Chine et de Singapour qui rejoignent sur place les forestiers et mineurs français. Les côtes camerounaises, découpées en lots, ont été vendues aux entreprises étrangères pour y exploiter gaz et pétrole. Les rafles/arrestations massives dans les marchés (Yaoundé, Douala) et universités font peur aux investisseurs potentiels. La diaspora, qui est ciblée et menacée dans nos aéroports, ne viendra pas investir dans ce pays. La diaspora anglophone finance depuis deux ans le combat des Ambazoniens.

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Le régime de Yaoundé doit réfléchir avant de s’attaquer à la diaspora francophone qui soutient le M.R.C de Maurice Kamto car cette attitude éloigne les investisseurs et surtout les transferts d’argent qui pourraient servir à mettre en difficulté militaire ce régime répressif, en cas de guerre civile. L’économie du Cameroun dépend donc étroitement du comportement anti-démocratique du régime qui met en danger la création des emplois bénéfiques pour la jeunesse.