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General News of Monday, 19 October 2020

Source: Actu Cameroun

Etat civil: près de 150 000 jeunes scolaires sans actes de naissance à l’Est

C’est le constat qui se dégage après les études menées par les pouvoirs publics et ses partenaires au développement en 2019. Le Bureau national de l’état civil (Bunec), en collaboration avec les administrations sectorielles, les partenaires au développement et les organisations de la société civile, veut inverser la courbe.

Selon nos sources, « les pratiques culturelles néfastes, le manque de personnels qualifiés, la démotivation des personnels engagés dans le processus d’établissement des actes d’état civil et le manque d’édifices des centres secondaires d’état civil… » sont, entre autres raisons, qui classent l’Est parmi les régions les plus impactées par le phénomène.

Les départements de la Boumba et Ngoko et du Haut-Nyong sont les plus touchés, tandis que les départements du Lom et de Djerem tentent de sortir la tête de l’eau grâce aux efforts consentis par le gouvernement à travers le Bunec, certains partenaires au développement et quelques organisations de la société civile locales.

En effet, le constat est alarmant selon le directeur général du Bunec. « Nous partons d’un constat selon lequel il existe à travers le monde 1,5 milliard de personnes sans acte de naissance. La moitié de cette population vit en Afrique subsaharienne et celle-ci représente environ 20 % de la population mondiale.



En 2019, le Bunec a recensé près de 400 000 enfants scolarisés qui se retrouvent sans acte de naissance, dont 11 000 d’entre eux étaient déjà en classe de cours moyen deuxième année. Ici dans la région de l’Est, nous avons également recensé près de 150 000 enfants scolarisés sans cette pièce indispensable pour faire preuve de leurs existences légales et pouvant faire preuve d’appartenance à la nation camerounaise », révèle Alexandre Marie Yomo.

C’est fort de ce constat que viennent de se tenir dans les villes de Bertoua dans le Lom et Djerem et Batouri dans la Kadey deux ateliers successifs consacrés à la redynamisation du système d’état civil dans la région du Soleil levant. Eobjectif globalement recherché par les participants est d’arriver à l’amélioration de l’accès aux services d’état civil.

« Nous incitons également les exécutifs communaux à pouvoir prendre en compte dans leurs budgets la rémuné-ratiorv mensuelle dès secrétaires d’état civil, la lutte contre les pratiques frauduleuses liées aux frais de jugement supplétif, susciter les modifications de la loi en vue d’instaurer la gratuité ou la baisse des frais liés au jugement supplétif, la mise à disposition dans les formations sanitaires des formulaires des certificats d’âge apparent, l’organisation des campagnes de jugements supplétifs en faveur des enfants et des adultes sans acte de naissance et la distribution en temps réel des carnets d’enregistrement des actes d’Etat-civil. Nous voulons enfin mobiliser les autorités administratives à faciliter le processus des nominations et d’assermentation des personnels d’état civil», a indiqué le patron du Bunec le 15 octobre 2020 au terme de la rencontre de Bertoua, en présence du gouverneur de la région de l’Est.

Grégoire Mvongo, en réaction, a fait la promesse d’accompagner ces actions pour garantir la droit à la citoyenneté des populations en mobilisant aux cotés des pouvoirs publics, toutes les forces en présence pour renverser la tendance. Comment se débrouillent le Lom et Djerem et la Kadey

En rappel, le gouvernement de la République à travers le Bunec dans la région de l’Est travaille en étroite collaboration avec le Conseil norvégien pour les réfugiés. Cette organisation non gouvernementale travaille dans les localités de Ketté, Batouri, kent-zou et Ouli dans le cadre du projet « Lyeke Oko ».

« Nous travaillons pour une meilleure accessibilité des services d’état civil, notamment des actes de naissance au profit des populations défavorisées et des couches vulnérables lorsque les délais prescrits par la loi sont dépassés. Nous accompagnons à cet effet nos cible dans ce processus en payant intégralement les frais dédiés jusqu’à la délivrance des actes de naissance. Nous veillons aussi à ce que les doublons dans ces opérations soient évités à travers un travail de coordination. Depuis le démarrage de cette opération en 2019, nos résultats sont probants », se félicite Clémentine Sakeng, en charge du Conseil norvégien pour les réfugiés dans le département de la Kadey.

Le Lom et Djerem pour sa part essaie de sortir la tête de l’eau grâce aux actions menées par le Bunec avec l’appui de la fondation Ngola.

« Depuis le démarrage en 2018 de nos activités relatives à la facilitation de l’accès services d’état civil, précisément des actes de naissance, nous avoisinons une moyenne de 10 000 actes de naissance délivrés aux enfants en âge scolaire et aux adultes. A titre illustratif, dans les communes de Bétaré-Oya et de Bertoua 2ème, nous avons par exemple permis la délivrance respective de 2861 et 2Ï56 actes de naissance. Nous venons de déposer auprès du tribunal de première instance de Bertoua près de 2000 dossiers de demandes de jugements supplétifs au profit des populations des arrondissements de Bertoua 1er et Bertoua 2ème.

Il faut souligner que nous sommes en plein recensement dans les arrondissements de Diang et Belabo où, selon les premières informations déjà disponibles, un important nombre de personnes y vivent sans acte de naissance. C’est dire que les défis sont énormes et nous saisissons cette opportunité pour interpeller les pouvoirs publics et ses partenaires au développement à nous soutenir dans nos missions », conclut Didier Ngola Mbelle, promoteur de la fondation éponyme.

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