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General News of Friday, 23 October 2020

Source: www.camerounweb.com

Et si Biya ne se teignait plus les cheveux ?

Cette réflexion a été publiée par l'écrivain camerounais Patrice Nganang en 2010.

Rigolo Biya’a dont les cheveux sont plus noirs que ceux d’Obama qui de trente ans est son cadet ! Qu’il nous dise donc la vérité : quels produits utilise-t-il pour les noircir tant ? Ce ne peut plus être un gel-crème recolorant, car à 80 ans, le coton de sa tête est devenu de toute façon intraitable à la teinture de surface. Il faut sans doute qu’il aille jusqu’à la racine de chaque cheveu pour le bien teindre. Avec le pactole de 30 ans de règne, il fait certainement fi des ‘Just for Men’ qui se liquident au marché, c’est clair, et de ces aides-pousse qui renforcent la vanité des cou-pliés en leur faisant repousser la calvitie de granules. Qu’est-ce qui surprendrait de ce type qui a dirigé notre pays sous un pseudonyme, et sans doute sous un âge de Kumba ? Car serait-il le seul de sa génération qui au Sud du Cameroun ne soit pas ‘né vers 1930’ ? Qu’il y a-t-il d’autre en lui donc qui ne soit pas faux : son dentier ?

Il pourra se maquiller comme il veut, le tyran, il ne pourra jamais changer ceci : l’ignominie a le visage de la putréfaction. Il pourra noircir ses cheveux autant qu’il veut, le despote, il ne pourra jamais effacer cette vérité simple : l’infamie a le visage dégoulinant de laideur. Cela est une loi universelle dont aucun coiffeur ne le sauvera jamais. Pourtant ah, que d’artifices il invente pour cacher son âge dans une culture qui pourtant vénère la vieillesse ? La vérité ne saurait cependant nous échapper trop longtemps, car aujourd’hui le président du Cameroun est sans caleçon ! Imperator nudus est. Oui, chers amis, regardez-le, regardez-le bientôt grabataire, qui envoie ses soldats opprimer un peuple dont la majorité est jeune ! Regardez-le, regardez-le qui assassine la jeunesse, lui qui a eu besoin de se taper une petite pour, hyène nous cacher son hideux visage ! Et pourtant dites-moi donc, mes amis, dites-moi : quelles huiles ne met-il pas sur son front pour le dérider ? Et sa moustache, oui, sa moustache, ne la colore-t-il pas également ?

Et puis ô !, regardez-le, oui, regardez le tyrannique vieillard au visage d’emprunt et à la voix de ferraille, regardez le cou-plié qui croit posséder le futur de ce pays nôtre dans son lit, qui croit que chacun de nous, que chaque Camerounais est cette Chantal qu’il malaxe et gnoxe au viagra, et dans sa précipitation écervelée de noceur ainsi oublie cette sagesse simple que n’importe quel jeune lui chuchoterait, lui qui veut signer, non, qui veut caller à Etoudi : mon type quand on ne te veux plus, pars, pars seulement avant qu’on ne te chasse ! Oui, nous voulons bien des élections ; mais pas de sa candidature à lui.

Elections sans Biya ! Tel est notre programme de campagne. Demander à Biya’a de partir n’est pas pour nous une supplication ; c’est plutôt un conseil de sagesse. C’est lui faire comprendre que lui donner sept ans de plus par-delà les 30 qu’il aura passées à la tête du Cameroun ne serait pas seulement commettre un crime politique pour notre pays. Sept années de plus aggraveraient son cas à lui. Car il ne lui suffira jamais d’avoir gagné les élections d’octobre 2011 pour se prévaloir de quelque légitimité que ce soit. La centaine de morts de son passé criminel la lui enlève de toutes les façons, et heureux est-il s’il parvenait plus tard à arracher de ce peuple camerounais qui le tolère, la retraite paisible qu’il n’a pas donné à son propre prédécesseur, Ahmadou Ahidjo.

Quitter le pouvoir dignement est une élection qui se gagne ou se perd, mais c’est un choix qui cette fois est aussi aux mains du tyran. Or les exemples sont là pour le renseigner : victorieux à 80,21% des voix aux élections le 25 novembre 2010, Blaise Compaoré ne dort plus que d’un œil devant ce peuple qui se réveille soudain à sa filouterie. Il a dû se faire rapidement ministre de la défense à côté de président pour bien marquer sa main sur cette armée qui aussi veut le chasser. Museveni qui à 74% vient de gagner des élections tout aussi frauduleuses ne peut maintenir son pouvoir qu’au prix d’empêcher à des citoyens dans son pays de taper à pied comme il leur sied. Mais jusqu’à quand ? Il ne suffit pas de gagner des élections pour rester au pouvoir. Ben Ali qui avait gagné les élections présidentielles le 25 octobre 2009 seulement, à 89,62% avec une participation de 89,40% dirait ceci : un peuple qui longtemps se tait n’est pas nécessairement consentant.

Alors, Biya’a, arrête donc de jouer les imbéciles. La sagesse politique ne consiste pas à s’imposer au peuple en inventant des subterfuges, ou au bout des fusils du Bir. La sagesse politique consiste à assumer la vérité du temps, ce seul tyran qui te dit : trente ans pour un homme, c’est trop ! Ah, le temps : demande donc à Ggagbo qui savait en faire une arme redoutable, demande-lui ce qu’il serait aujourd’hui s’il avait démissionné le 30 mars ! Le pouvoir est juteux pour qui l’a encore, mais la rage d’un peuple dépossédé de ses droits pendant plus d’un demi-siècle est une régicide poudrière qui ne pardonnera pas l’imposture, et crois-moi, Biya’a, oui, cois-moi, Biya’a Paul, car tel est ton véritable nom, même la blancheur de tes cheveux ne méritera plus aucun respect quand la colère des Camerounais se réveillera.

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