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Crime & Punishment of Thursday, 1 April 2021

Source: camerounactuel.com

Est : un Mbororo tué par des Kako village Boulembé

Les faits se sont produits dans la soirée du 27 mars 2021, dans ce village qui accueille les communautés Kako et Mbororo. Le village Boulembé est situé à une trentaine de Km de la ville de Bertoua, dans la Commune de Mandjou.

Plus rien ne va plus entre les communautés deux riveraines. En effet, elles sont à couteau tirés suite au décès du jeune Djibrila (20 ans) au cours d’une bagarre. Selon les témoignages, tout est parti d’une altercation entre le jeune garçon et l’un des fils du chef du village Boulembé 1.

« Le nommé Djibrila est allé prendre une tasse de thé communément appelé, Chaï dans une cafétéria du centre du village Boulembé 2. Après avoir été servi, est arrivé le fils du chef du village voisin. Ce dernier lui a intimé l’ordre à Djibrila de lui offrir une tasse de thé. Il lui a averti qu’en cas de refus, il allait subir des représailles. Pas du tout inquiet malgré ces menaces, il a carrément refusé de céder. C’est alors que le fils du chef a craché dans la tasse de thé de Djibrila.

En voulant riposter, son agresseur s’est brutalement jeté sur lui. Aidé par ses frères, le fils du Djaouro (chef) a trainé Djibrila sur la chaussé sur une longue distance. Armés de gourdins, ils l’ont tabassé à mort jusqu’à la place de la chefferie du village Boulembé 1 », relate la sœur aînée du défunt. Halima fait savoir par ailleurs qu’elle a failli subir le même sort lorsqu’elle a voulu séparer les deux parties.

« J’ai dû fuir pour échapper à la mort. Tous ceux qui ont essayé d’intervenir pour extirper Djibrila des mains de ses bourreaux ont failli être guillotiné. En dehors de mon frère cadet qui a rendu l’âme, ils ont blessé trois autres personnes. Une fois informés, les éléments des forces de maintien. de l’ordre de Mandjou sont descendus sur les lieux à l’effet de constater les faits. Ils ont trouvé que mon petit frère était déjà mort. On a conduit les victimes à l’hôpital. Mais plusieurs coupables de ces actes d’une extrême barbarie sont encore libres de leurs mouvements. Ils se baladent au village sans que ceci n’émeuve aucun Kako. Tandis que les ressortissants de la communauté Mbororo sont en larmes. Selon nos informations, ce n’est pas le cas d’agression avec mort d’homme dans cette localité. Apeurés, on craint le pire si rien n’est fait par la justice afin de punir les criminels qui ont assassiné froidement mon frère », relate Halima avant de fondre en sanglot.

De bonnes sources, l’affaire fait actuellement grands bruits dans cette localité. La communauté Mbororo dit être victime des supplices indescriptibles de la part des Kako. Un doigt accusateur est d’ailleurs pointé sur le chef de troisième degré du village Boulembé 1. « Depuis l’arrivée à la tête de cette chefferie de 3ème degré du village voisin, on a perdu la paix. L’insécurité est galopante et le chef d’orchestre est bel et bien SM Ndozeng Philémon. Il encourage ses enfants à quitter leur village pour venir semer la tristesse et la désolation dans au sein de la communauté Mbororo du village Boulembé 2 », dénonce SM Abdoul Karim. Le chef du village de 3ème degré Boulembé 2 Mbororo se dit offusqué par la volonté manifeste de son homologue voisin qui veut à tous les prix l’assujettir.

« Je suis chef de ce village depuis juin 2019 mais SM Ndozeng Philémon m’interdit de gérer paisiblement mon trône. J’ai une population estimée à plus de 1000 âmes mais il me dit que je n’ai aucun territoire. Il quitte son territoire de commandement pour venir vendre les terres dans mon village, prétextant que nous sommes des nomades. Mes populations et moi ne parviennent plus à mener nos activités agropastorales librement », se lamente SM Abdoul karim.

Conflits fonciers

Eléveurs et agriculteurs s’affrontent régulièrement à Boulembé. Très souvent, ces conflits dégénèrent et produisent des conséquences négatives qui remettent en cause la cohésion et l’intégration nationale. Des vertus qui contribuent à la sauvegarde la paix et de l’unité nationale si chère au Chef de l’Etat du Cameroun. Installés dans la localité de Boulembé depuis un demi-siècle, la communauté Mbororo est rejetée et ignorée par les Kako.

« Pour cultiver, il faut payer une caution 15 mille francs CFA par an au chef du village Boulembé 1 et verser les frais de location au propriétaire du terrain(Kako). Tout récemment, il a décidé d’exproprier une dizaine de famille installée sur une parcelle de terre de 6ha. Il nous a donné un délai de 3 mois pour libérer le plancher. Actuellement, on ne sait pas où aller s’installer. Et pourtant, nous sommes nés dans ce village », relate le président des jeunes Mbororo du village Boulembé. Youssapha va plus loin en dénonçant les actes de tribalisme dont est victime sa communauté.

« Ils nous appellent ici les oiseaux. Ils disent que nous n’avons pas de territoire et que nous devons aller ailleurs. Le chef du village voisin encourage les jeunes Kako et notamment ses enfants à nous mépriser et à multiplier les actes de vandalisme sur nos biens et de violence sur les personnes », décrit-il.

Pour jouer la carte de l’apaisement, le bureau d’arrondissement de l’Association pour le développement social et culturel des Mbororo du Cameroun (Mboscuda), appelle ses membres à faire preuve de calme et de patience. Aussi, il invite le gouvernement à régler cette problématique afin de calmer les tensions sociales entre les deux communautés locales appelées à vivre ensemble dans la paix et l’harmonie comme voulu par le président de la République.

« Nous supplions les autorités compétentes à prendre à bras le corps ce conflit qui dure depuis des années compte tenu du passif assez sombre. Nous demandons à nos frères et sœurs de se calmer la violence n’est pas la meilleure solution. Nous faisons confiance à la justice de notre pays et nous estimons que les Fmo vont aider les magistrats à prendre la meilleure décision. L’an passé pendant la période du ramadan, ils ont tué l’un des nôtres et les coupables n’ont pas été punis. Cette fois, il faut que cette pratique démentielle cesse. Nous attendons urgemment que les décideurs viennent trancher cette affaire et que les délimitations des territoires entre les villages Boulembé 1 et 2 soient connus. C’est inadmissible que le chef du village Boulembé 2 et ses populations soient infantilisés de la sorte sur le prétexte selon lequel, les Mbororo sont des oiseaux », fait savoir Manu Egi Sabga, chef d’antenne Mboscuda de Mandjou.

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