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Actualités of Tuesday, 7 September 2021

Source: Le Point

Essimi Menye ou la triste histoire d'un ministre sacrifié

Il est aujourd’hui en exil et Tchakui repose quelque part sous terre Il est aujourd’hui en exil et Tchakui repose quelque part sous terre

Le passage de Lazare Essimi Menye au ministère des Finances n’a pas été du goût de Lazare Atou et de sa sphère de protecteurs et acquéreurs de certaines parcelles litigieuses du domaine de l’Etat qui, redoutaient tant ce frère du village qui avait vite fait de constater les gaffes et les tripatouillages du cabinet conseil Atou dans la gestion et la sauvegarde des actifs résiduels des anciennes sociétés d’Etat le broyeur se mettra en activité comme cela est devenu légion dans la plupart des dossiers pendants au Tcs.

L’ancien Minfi sera jeté en pâture. Le ministère public se fera bourreau et la main noire perpétrera le reste. Mais, le sage Paul Biya reniflera l’entourloupe, faisant de son ancien collaborateur très apprécié un “réfugié” sanitaire qui, actuellement, voudrait en dire des tonnes sur cette mafia qui tient la République depuis des décennies. Le Point Hebdo révèle…

Ce qui est à rappeler c’est que quand Essimi Menye remplace Polycarpe Abah Abah au ministère des Finances, Lazare Atou se dit qu’en tant qu’originaire de la Lekié, la solidarité entre les deux frères sera spontanée. Il va vite se rendre compte du contraire. Et comment ?

L’histoire voudrait que dès les premiers mois de Lazare Essimi Menye au ministère des Finances, il se rend très vite compte que derrière la liquidation des anciennes sociétés d’Etat, se cache un gros scandale qui tourne autour d’un homme qui en est la boussole : le cabinet conseil Atou.

Essimi Menye sait également que le président de la république est déjà au courant de ce gros scandale. Mais, ce qu’il ne sait pas c’est que parmi les noms qui sont listés dans ce gros scandale, un a réussi à échapper : Lazare Atou qui connait toutes les magouilles qui se trament derrière ce dossier.

Et comment? La prompte réaction le 12 novembre 2007 du ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso viendra en recommandation. Dans sa correspondance qu’il adresse au ministre des Finances et qu’il dit être en exécution des hautes instructions du chef de l’Etat, il demande la mise sur pied d’une commission d’audit de toutes les liquidations effectuées au Cameroun.

De plus, il demande au ministre des Finances de procéder à la mise en sécurité des biens résiduels des liquidations de l’ex-Oncpb, l’ex-Onpc et l’ex-Régifercam par la création d’un point focal centralisant toutes les opérations y afférentes.

L’embuscade

C’est donc dès que Essimi Menye reçoit cette correspondance de Laurent Esso, qu’il entreprend alors de voir davantage clair dans ce sulfureux dossier des liquidations où foisonnent moult non-dits et dé zones d’ombre.

Le 30 novembre 2007, Lazare Essimi Menye recrute le cabinet Challenger Corporation de son camarade de classe Tcha-kui de regrettée mémoire. Il opère exactement comme avec le recrutement du cabinet conseil Atou, c’est-à-dire, sans appel d’offre. La mission de Challenger Corporation est d’auditer tous les contrats d’occupation des immeuôles appartenant à ces ex-sociétés en liquidation.

Naturellement, ceci n’est pas du goût de Lazare Atou qui estime que son frère du village est venu mettre du sable dans son tapioca. Lazare Atou rentre alors dans une colère noire. La raison, le cabinet choisi travaillait déjà avec le cabinet conseil Atou et donc, connait du bout des doigts toutes les magouilles et combines de Lazare Atou.

Challenger Corporation détient même la liste de toutes les hautes personnalités de la République parfois-appartenant au proche entourage du chef de l’Etat qui ont acquis frauduleusement, grâce à Lazare Atou des titres de propriété sur de nombreux biens de ces anciennes sociétés publiques et parapubliques.

Les manœuvres

En tout cas, dans un baroud d’honneur, Lazare Atou va tenter de s’opposer à l’installation du cabinet Challenger Corporation le 3 décembre 2007. Le préfet du Wouri et le commandant de la légion de gendarmerie du Littoral sont obligés d’assister Anatole Nkodo Ze, alors vice-président de la Commission de privations et de liquidations (Ctpl venu installer l’auditeur. C’est donc suffisamment édifié que Essimi Menye va enfin installer la commission d’audit de toutes les liquidations effectuées au Cameroun.

Dans la foulée, le rapport du cabinet Challenger Corporation du 4 janvier 2008 est suffisamment accablant pour le cabinet conseil Atou au point où le même jour, Essimi Menye est obliger de rappeler à l’opinion que le mandat du cabinet conseil Atou a expiré depuis le 3 avril 2007. Les différents rappels à l’ordre de Laurent Esso au ministre des Financés ne suffiront pas pour changer d’avis un Essimi Menye ferme et décidé. Pourtant, Lazare Atou ne démord pas.

La suite est connue. Lazare Essimi Menye est aujourd’hui en exil et Tchakui repose quelque part sous terre dans son village natal. C’est tout dire…

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