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Actualités Régionales of Wednesday, 4 August 2021

Source: www.camerounweb.com

Escroquerie d'Etat: l'établissement des cartes nationales d'identité se monnaie à Ngaoundéré

Sans moyens financiers, ils sont traités comme des moins que rien Sans moyens financiers, ils sont traités comme des moins que rien

• Un Camerounais fait des révélations sur la délivrance de la CNI

• Les populations de Ngaoundéré vivent l'enfer au poste d'identification AD01-DRSN ADAMAOUA

• Sans moyens financiers, ils sont traités comme des moins que rien



L'établissement et l'obtention de la carte nationale d'identité camerounaise sont devenus un véritable serpent de mer. On a parlé quelques fois mais jusqu'ici aucune solution n'est trouvée. Les citoyens de lamentent devant le regard indifférent des autorités qui brille par des slogans creux et vaseux. Ce mercredi matin encore un Camerounais ayant requis l'anonymat dénonce dans un témoignage parvenu à la rédaction de www.camerounweb.com la corruption, le favoritisme et le marchandage dans l'établissement des cartes nationales d'identité (CNI) dans certains postes de police à Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l'Adamaoua.

À croire les révélations de ce Camerounais, les populations de Ngaoundéré vivent l'enfer au poste d'identification AD01-DRSN ADAMAOUA lorsqu'ils y vont établir les CNI. Il rapporte que: « Les demandeurs de la pièce officielle (CNI) sont confrontés à des situations inconfortables. Ils passent toute une journée, voire deux, pour se faire établir ce précieux sésame. Chaque matin, dès 6 heures précises, les demandeurs de la CNI prennent d'assaut l'esplanade de la délégation régionale de la sûreté nationale. Très mal équipé et ne disposant pas de salle d'attente, les demandeurs de CNI sont assis au sol, livrés à eux-mêmes, à la merci de la faim, du soleil et des intempéries dans l'attente des fonctionnaires de la DGSN. », peut-on lire dans le récit.

Il ajoute par ailleurs que lorsque les demandeurs de CNI n'ont pas d'argent ni de relations, ils sont traités comme des moins que rien.

Ci-dessous l'intégralité de son témoignage

“ Le calvaire que vit les camerounais à Ngaoundéré au poste d'identification AD01-DRSN ADAMAOUA est un fait inédit qui relève de l'extraordinaire. C'est un terreau fertile à la corruption, au marchandage, à l'abus d'autorité et à un traitement inhumain.

Les demandeurs de la pièce officielle (CNI) sont confrontés à des situations inconfortables. Ils passent toute une journée, voire deux, pour se faire établir ce précieux sésame. Chaque matin, dès 6 heures précises, les demandeurs de la CNI prennent d'assaut l'esplanade de la délégation régionale de la sûreté nationale. Très mal équipé et ne disposant pas de salle d'attente, les demandeurs de CNI sont assis au sol, livrés à eux-mêmes, à la merci de la faim, du soleil et des intempéries dans l'attente des fonctionnaires de la DGSN.

À 7h30', les "facilitateurs", viennent à la rencontre des demandeurs afin de faire la collecte des dossiers qu'ils classeront par ordre d'arrivée. Les demandeurs qui parviennent à gagner la sympathie des facilitateurs, sont servis en premier. Ceux qui ont des "réseaux" sont servis en priorité. Idem pour les amis de hauts gradés ainsi que pour les fils du chef et des boss. Par ailleurs, ceux qui parviennent à glisser un billet de 1000 frs ou 2000 frs aux policiers, sont également servis avec la plus grande célérité.

Ceux qui avaient déposé depuis le matin, se retrouvent à attendre jusqu'à ce que les dossiers "côtés" soient épuisés. Les plus chanceux d'entre eux, sont reçus à partir de 14 heures. Les moins chanceux doivent revenir le lendemain. Cette catégorie est traitée avec condescendance, irrespect et mépris. Ces demandeurs sont constamment confrontés à la colère des "chefs" qui grondent à la moindre occasion. Frustrés et intimidés, les demandeurs ne sont même pas en mesure de faire de réclamation en cas d'erreur ou de réclamer leur reliquat. C'est à croire que les "chefs" ont affaire à des criminels ou des détenus en instance de condamnation.

Et même si c'était le cas, n'ont-ils pas des droits ? Pire encore, pour rapidement proroger la validité d'un récépissé en cours d'expiration, ceux qui veulent être rapidement servis, doivent glisser la somme de 500 frs. Tout ceci se passe sous le regard complice de la hiérarchie et des autorités administratives.

De plus, avec les tracasseries et exactions de mauvais goût, les CNI ne sont presque jamais livrés. Les demandeurs sont toujours contraints d'être au contact de la PI AD01 pour prorogation des récépissés.

Plus de 2 ans sans aucun retour des CNI. L'on se demande si les dossiers sont même acheminés à la DGSN pour traitement et exécution. Nous avons l'impression que les mesures récemment prises par le DGSN n'ont pas encore eu d'écho favorable à la périphérie (Adamaoua). Toutefois, selon certaines indiscrétions, un mouvement de foule et de contestation pour exprimer le mécontentement et le ras-le-bol des demandeurs de la CNI à Ngaoundéré est en vue. Nous souscrivons au mouvement #jeveuxmaCNI”

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