Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 06 11Article 519781

General News of Thursday, 11 June 2020

Source: 237online.com

Eric Kengue s'engage dans un bras de fer avec le préfet du Moungo


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

Taxé de ne pas recourir aux voies légales et réglementaires dans toutes ses revendications par le préfet du département du Moungo, Yves Bertrand Ndjana, le maire de Njombé /Penja, Paul Eric Kingue n’est pas allé du dos de la cuillère pour répondre à son interlocuteur.

Le climat entre le préfet du Moungo et le maire de la commune de Njombé/Penja, est probablement très tendu en ce moment. Pour cause, dans une correspondance adressée à l’exécutif communal de Njombé/Penja le 02 juin 2020 par le chef de terre du département du Moungo, ce dernier fait savoir à son destinataire que faisant « suite aux nombreuses plaintes adressées à votre encontre par certains services techniques départementaux et divers opérateurs économiques, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir privilégier le recours aux voies légales ou règlementaires dans toutes vos réclamations ».

Car poursuit-il « l’utilisation de toute autre méthode dans la recherche des solutions à vos préoccupations ou difficultés, serait assurément inefficace en ce qu’elle fragiliserait la bonne gouvernance locale que vous êtes censés incarner d’une part, et d’autre part vous exposerait ainsi que votre Commune à des poursuites judiciaires de toute sorte, entravant ainsi la bonne marche de collectivité et le processus de décentralisation tout entier ». Réponse du berger à la bergère, Paul Eric Kingue a apporté des clarifications au préfet sus cité, tout en lui faisant un cours magistral sur la question de décentralisation et ses implications.

Dans une note à lui adressée le 08 juin dernier, le président du Mouvement patriotique pour un Cameroun nouveau (Mpcn) lui répond en relevant tout d’abord quelques insuffisances liées à la correspondance du préfet. « J’accuse bonne réception de votre correspondance… Y faisant suite, j’observe, qu’à l’entame, votre correspondance contient des formules simplement déclaratoires et, par conséquent, insusceptibles de renseigner clairement sur la nature et la source organique « des plaintes », puis sur mes méthodes de travail qui mineraient la gouvernance locale », a-t-il relevé. Et d’ajouter « j’en déduis que vos remarques, à peine voilées, ont trait à ma détermination à éradiquer le pillage et la commercialisation illégaux de la pouzzolane qui obèrent, substantiellement, les recettes communales pourtant déterminantes à la réalisation des objectifs de développement local destinés au bien-être des populations dont le maire est le mandataire en chef, astreint à l’obligation de bilan au terme du mandat populaire ».


Décentralisation administrative

Il déclare par ailleurs que puisque l’Etat de droit a pour corolaire l’inscription du « droit de se faire rendre justice » dans la loi fondamentale,
les poursuites judiciaires prédites s’inscrivent ce faisant dans l’ordre normal de régulation juridictionnelle des éventuels conflits interpersonnels



et institutionnels. Par conséquent, « la potentielle victime de l’activité d’une Commune ayant, naturellement et de toute évidence, la latitude sacrée de se pourvoir devant le juge compétent », a-t-il rappelé. Et il n’a pas manqué de rappeler à l’administrateur civil principal que l’émergence des élans de moralisation voire d’intimidation décelés dans le contenu de sa note se situent aux antipodes du cadrage normatif des rapports de tutelle entre le préfet et le maire qui, quoiqu’il en soit, entend résolument adosser ses activités de service public et de police administrative, en
assurant du reste pleinement ses prérogatives, sur la juridicité de la décentralisation administrative rénovée de 1996 à nos jours.


En conséquence, conclut-il « la Commune, en définitif, n’est pas un service déconcentré de l’Etat, dont relève ici la préfecture, afin que le préfet s’estime fondé, à tort assurément, à donner des instructions à l’élu qu’est le chef de l’exécutif communal, comme si ce dernier est son subordonné, signe évident d’une résurrection du pouvoir hiérarchique qui ne saurait, en aucun cas, prendre le pas sur le seul lien souple de tutelle prescrit par la Constitution et répercuté corrélativement par le Code général des Collectivités territoriales décentralisées. S’en écarter procède d’une vassalisation d’un organe juridiquement protégé par la légitimité démocratique ». Chaud devant !

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Join our Newsletter