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General News of Tuesday, 2 February 2021

Source: Actu Cameroun

Epervier: voici ce qui se cache derrière la divulgation des documents confidentiels du dossier Atanga Kouna

Des dossiers sensibles sont, allègrement et régulièrement, ventilés sur les réseaux sociaux. Le dernier en date, celui relatif à l’arrêt des poursuites contre Basile Atangana Kouna. Objectifs, saboter l’action de la Justice et nuire à l’ancien Dg de la Camwater après une décision du chef de l’État, président du Conseil supérieur de la magistrature.

Le document, estampillé «Confidentiel», est daté du 2 décembre 2020. Emanant du ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République (Sg/Pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, il est adressé au ministre d’Etat, ministre de la Justice (Minjustice), garde des Sceaux, Laurent Esso. Et porte sur l’«affaire ministère public et Camwater (Cameroon Water Utilities Corporation) contre Basile Atangana Kouna et autres».

Répercutant les très hautes directives du chef de l’Etat, l’expéditeur indique que Paul Biya a décidé de l’arrêt des poursuites contre les mis en cause. En tant que tutelle administrative, le Minjustice est ainsi prié de répercuter la mesure au président et au procureur près le Tribunal criminel spécial (Tcs), mais aussi au ministre des Finances (Minfi). Ceux-ci, chacun en ce qui le concerné, est chargé de jouer sa partition dans le cadre de la mise en œuvre des modalités pratiques de reversement au Trésor public du corps du délit cantonné dans les comptes bancaires de l’intéressé, au montant arrêté par le juge d’instruction. Ferdinand Ngoh Ngoh prie son correspondant de lui rendre compte de ses diligences, pour la très haute information du président de la République.

Ce qui choque, ce n’est pas tant que ce dossier soit, visiblement, sur le point de connaître son épilogue. Il s’agit davantage de la vitesse avec laquelle les documents sensibles, émanant des grands corps de l’Etat et adressés au Minjustice, se retrouvent, généralement, sur la place publique. Tout concourt, en effet, pour croire à une œuvre de sabotage, conduite par quelques esprits maléfiques tapis dans la haute administration publique, bien déterminés à torpiller les initiatives visant à une justice sereine et républicaine. Dans le cas de M. Atangana Kouna, les réseaux sociaux, depuis quelques jours, se sont emparés de l’affaire avec parfois des allusions perfides sur fond de tribalisme. Ils comptent, manifestement, nuire à Atangana Kouna et torpiller la sérénité de la justice.

Récurrence des fuites. Si la dernière correspondance du Sg/Pr, datée du 2 décembre 2020, n’est révélée que deux mois, environ, plus tprd, d’autres documents de la même veine, eux, ont été éventés bien avant même de parvenir à Laurent Esso. A qui profité le crime ? Peut-on évoquer le hasard, lorsque la récurrence des faits laisse un arrière-goût complotiste ?

Dans l’«affaire ministère public et Camwater contre Basile Atangana Kouna et autres», l’on pourrait néanmoins s’aventurer à penser que les hautes directives de Paul Biya seront suivies à la lettre, et que la libération de l’ex-patron de la société publique de l’eau potable ne serait plus qu’une question de jours. On en veut pour quelque preuve l’a diligence avec laquelle le dossier est, ces derniers mois, traité au niveau du Tes. Déjà, lors de l’audience du 26 janvier, l’avocat général a requis aux juges du Tes une demande de main levée de blocage des comptes bancaires du coffre-fort de celui qui fut aussi ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), poursuivi pour des faits de détournement présumé de-deniers publics portant sur la somme de 1.265.327.640 francs. La deuxième requête portait sur la jonction de procédure. La cause a été renvoyée au 9 février, c’est-à-dire deux semaines plus tard, là ou certains renvois durent des mois.

C’est lieu de saluer la discrétion de Laurent Esso, chantre de la confidentialité partout où il a servi l’Etat ainsi que l’efficacité de ses services. Et il tient à ce que ces derniers, loin de prêter le flanc aux oiseaux de mauvais augure ou de succomber aux sirènes de ceux qui veulent les détourner des objectifs fixés par le sommet de l’Etat, poursuivent sereinement leur œuvre. Ils l’ont encore démontré lors de la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature en verrouillant les réseaux de fuites de documents destinés à la très haute sanction du président de la République, chef suprême de la magistrature.

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