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General News of Wednesday, 21 April 2021

Source: Kalara n°380

Epervier: un caissier de Oyono s’explique sur la gestion de 680 millions des jeux universitaires

Un ancien régisseur de Finances à l’Université de Douala est entendu devant le Tribunal criminel spécial pour le supposé non-reversement des
taxes et impôts en rapport avec les jeux universitaires de 2015 et 2016.
Louis de Gonzague Eyenga Ottou, coaccusé de Dieudonné Oyono, ancien recteur de l’Université de Douala, a des difficultés à convaincre l’accusation et le collège des juges du Tribunal criminel spécial avec les pièces justificatives qu’il présente pour soutenir sa défense. Le représentant du parquet et les avocats de l’Etat du Cameroun estiment que les documents présentés par l’accusé ne sont pas à la forme requise par la loi et présentent un décalage certain entre la période des fils ont été établis et les exercices querellés.

Le 6 avril 2021, M. Eyenga Ottou donnait son témoignage sur les faits qui lui sont reprochés. Poursuivi pour le non reversement de la taxe de la valeur ajoutée (TVA) et l’impôt sur le revenu (IR) pour les exercices 2014 et 2015, l’accusé a expliqué que la caisse d’avance de 2014 qu’il gérait n’avait pas les prévisions de la TVA et de TIR. Ceux-ci devant être prélevés à la source, c’est-à-dire par la personne en charge des paiements, notamment la Trésorerie générale de Douala, tout en précisant que la retenue pouvait, d’après lui, être faîte par le régisseur des Finances de l’université ou par toute autre personne désignée pour le faire.


Il soutient que les taxes (TVA et IR) de l’exercice de 2014 ont effectivement été payés par l’Université de Douala. 11 note que sa caisse ne disposait que de l’argent prévu pour deux budgets, en l’occurrence, la restauration pour un montant de 300 millions de francs et l’hébergement à concurrence de 150 millions de francs. Il indique, pa*r ailleurs, que les fonds mis à sa disposition, ont été entièrement utilisés, sans problème. Sauf qu’il indique que ces fonds ont permis de résoudre les dépenses non prévues dans le budget.


S’agissant de l’exercice 2015, M. Eyenga Ottou a déclaré que les prévisions avaient pris en compte la TVA et de l’IR, qui ont été payés par l’Université de Douala en deux tranches, selon lui. Le premier paiement effectué par l’agent comptable de l’université s’élevait à 15 millions de francs, alors que le second d’une valeur de 103,4 millions de francs a été retenu à la source par la Trésorerie générale de Douala. «En 2015, étant donné que nous nous déplacions pour les jeux universitaires organisés à Yaoundé, ma caisse a eu le net à payer, les fonds alloués aux impôts et taxes sont restés dans la caisse de l’université parce qu’ils sont payés à Douala», a-t-il confié.


Documents contestés
Abordant le volet du détournement supposé de la somme de 539,9 millions de francs destinée à l’organisation des jeux universitaires à Yaoundé, M. Eyenga Ottou a dit qu’ils ont servi à la nutrition et au transport des étudiants, athlètes et leurs encadreurs, à l’hébergement des hôtes, au paiement des primes des athlètes et les ordres de mission des officiels de l’Université de Douala. Il a souligné que les paiement des factures lors, de ses jeux se faisaient à travers des prestataires qu’il avait sélectionnés. II s’agit de Robert Nama Nama chargé de la restauration des officiels, M. Mengue Olama qui s’occupait des repas des étudiants et de Gorges Djouyep qui fournissait les boissons et assurait la restauration (tes invités.

«Je n’étais chargé d’aucune rubrique, ma mission consistait à mettre de l’argent à la disposition de ces différents responsables contre des décharges. A la fin (tes jeux, ils m’ont remis chacun des pièces justificatives », a-t-il conclu son propos.,Tour soutenir son argumentaire, l’accusé a présenté au tribunal, les pièces qui justifient, selon lui, le paiement de la TVA et de l’IR pendant les deux exercices 2014 et 2015.

En réaction, le ministère public a déclaré que les pièces fournies par M. Eyenga Ottou posent problème. D’abord parce qu’elles auraient été établies en 2017 et 2018 alors que les exercices querellés sont ceux de 2014 et 2015. D’après l’avocat général, la question de l’authenticité desdits documents se pose. «En compulsant les pièces que l’accusé a fournies, je constate que celles-ci présentent des lacunes. Il y a de la peine à identifier les personnes qui les ont certifiés. Comment le juge d’instruction pouvait-il renvoyer l’accusé en jugement, si les documents qu’il présente étaient en place au moment où la commission d’enquête et le contrôle supérieur de l’Etat avaient travaillé ?», s’est demandé l’avocat général.

La même remarque a été faite par les avocats de l’accusation qui ont émis «des réserves sur la sincérité et la régularité des documents de la défense» avant de demander au tribunal de les rejeter. Convaincu par la pertinence des arguments de l’accusation, le tribunal a écarté du dossier de procédure certains justificatifs de la défense. Face à ces différentes déconfitures, l’avocat de l’accusé a sollicité et obtenu un renvoi en vue ’de mieux préparer les documente de soutien à la défense de son client.

Rappel : M. Oyono Dieudonné, l’ex-recteur de l’Université de Douala et cinq de ses anciens proches collaborateurs ont été renvoyés en jugement pour répondre d’un supposé détournement d’un montant d’environ 1,8 milliard de francs qu’ils auraient perpétré entre 2012 et 2015. L’affaire revient le 28 avril 2021, pour le contre-interrogatoire de M. Eyenga Ottou.»

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