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General News of Thursday, 19 November 2020

Source: L'oeil du Sahel n°1440

Epervier: l’ex-sous-préfet de Lobo dans l'oeil du cyclone

Abdou Kaïgama est accusé avec 14 autres personnes d’avoir détourné et tenté de détourner en coaction la somme de 234800000 Fcfa.

Tout est parti en 2012, du projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala. Le projet en question, portait sur un tronçon de 100 kilomètres, allant de Nkolkoumou dans l’arrondissement de Yaoundé 7ème, à la localité de Pouma. Ceci étant, le 13 juillet 2012, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières signe un arrêté, déclarant d’utilité publique lesdits travaux dans la région du Centre et a de ce fait institué une commission de constat et d’évaluation des biens présidée par le gouverneur de ladite région, à l’effet de borner le terrain retenu, y poser les panneaux indiquant le périmètre des opérations, constater les droits et les biens mis en cause et.en identifier les propriétaires et les titulaires.

C’est ainsi que, divisé en sous-commission pour commettre les tâches ainsi reparties, le préfet est le président de la sous-commission qui doit conduire les indemnisations sur le tronçon PK10-PK20 dans l’arrondissement de Lobo, département de la Lékié. Le préfet s’est fait représenter par le sous-préfet Abdou Kaïgama), territorialement plus compétent.

Cependant, c’est une plainte (une lettre de dénonciation) du collectif des expropriés de l’autoroute de Yaoundé-Doua la du 21 juin 2017 adressée au ministre d’État, ministre de la Justice dans laquelle les auteurs exposent que les membres de la commission ayant conduit les travaux au niveau de. l’arrondissement de Lobo se sont enrichis dans le cadre desdites opérations au détriment de l’État et des véritables ayants droit en s’attribuant des indemnisations fictives à travers des prête-noms et d’autres arrangements tissés avec certaines victimes présumées,- ceci en usant de corruption, intimidation ou toute autre manœuvre dolosive, qui met le feu aux poudres, après que les premiers paiements aient été effectués.



Ainsi, des investigations ont été menées par la division des enquêtes du corps spécialisé d’officiers de police judiciaire et 15 personnes ont été mis en cause et interpellés : François Bindzi Ebode, Raudric Léonard Essama Onana, Jean Marie Odi Eloundou, Nkoa Ndzana, Dénis Cyrille Onana Onana, Narcis Ewodo (décédé), Joseph Rombo, Abdou Kaïgama, Jean Maria Assougna, Désiré Honoré Ongono Koa, Jean Jacques Emane, Carole Andrée Ngouleu Ngansob épouse Nta à Bitang, Joseph Etienne Mballa Manga, Jacques Haorawa et Jean Marie Séraphin Emo.

Il leur est clairement reproché d’avoir, pour les inculpés François Bindzi Ebode (31 532300 Fcfa), Raudric Léonard Essama Onana (524 800 Fcfa), Jean Marie Odi Eloundou (6500 000 Fcfa), Nkoa Ndzana (150 000 000 Fcfa), Dénis Cyrille Onana Onana (44 279 400 Fcfa) et Joseph Rombo (1937 500 Fcfa) d’avoir à Nkolkoumou, Nkolmeyang, Ongot, Ekekam 111, Nkongmessa et Lobo dans le département de la Lékié entre 2014 et 2017, «obtenu ou retenu frauduleusement les sommes ci-dessus mentionnées en guise d’indemnisations fictives ou indues au préjudice de l’État du Cameroun, représenté par le ministère des Travaux publics et le ministère des Finances».

Concrètement, il est reproché au premier d’avoir «mis sous terre, à une semaine du passage de la commission, les plants qui ont été pris en compte dans le cadre de cette indemnisation».

Pour le deuxième, d’avoir à en croire l’ordonnance de renvoi, frauduleusement bénéficié de l’indemnisation des mises en valeur sur un lot qui dit-il, lui avait été attribué par son père, ce que n’a pas mentionné ce dernier pendant son audition. Pour le troisième, c’est une histoire de mesures pour son , étang qui le clouera. Il a été ‘ indemnisé sur la base d’un étang de 1200 m2, alors que l’étang ne mesurait en réalité que 1800 m2.

Le quatrième lui, est victime de dénonciations des autres riverains pour la plupart accusés avec lui, qui soutiennent dans un premier temps qu’il n’a pas de plantations touchées par le tracé de l’autoroute, et dans un second temps, que son indemnisation aurait été faite sur une jeune cacaoyère qui ne produisait pas encore, sur ie conseil de Mme Nta à Bitang, suite à l’entente passée entre aux.

Le cinquième qui n’est autre que le chef du village, est poursuivi parce qu’en plus de l’indemnisation de ses deux champs à 3 millions et demi et de sa case de passage à près d’un million, il s’est retrouvé avec une indemnisation en plus de 40 000 000 Fcfa qu’il n’a pas contesté et perçut. Le dernier de cette liste aurait reçu son indemnisation de plus d’un million alors même que ne possédant aucun terrain.

Pour la deuxième vague, concernant Abdou Kaïgama, Jean Maria Assougna, Désiré Honoré Ongono Koa, Jean Jacques Emane, Carole Andrée Ngouleu Ngansob épouse Nta à Bitang, Joseph Etienne Mballa Manga et Jacques Haorawa, il leur est reproché, «dans les mêmes circonstances que les premiers, de quelque manière que ce soit, ou donné des instructions pour commettre les détournements de biens publics imputés aux premiers, ou aidé ou faciliter leur préparation ou leur consommation».

Pour l’ex-sous-préfet Abdou Kaïgama précisément, il lui est reproché d’avoir demandé à certaines per-, sonnes dont Mvondo Souga, selon les dires de ce dernier à en croire l’ordonnance de renvoi, de planter du cacao sur leurs terrains à quelques jours du passage de la commission, ce que certaines personnes ont fait, et leurs cultures ont été prises en compte à tort, faisant ainsi frauduleusement bénéficier des fonds à certains bénéficiaires. Ce mécanisme ayant été invoqué dans le cadre de (‘indemnisation de 31532 300. Fcfa allouée à François Ebode Bindzi.

Quant au dernier, Séraphin Emo qui est tout seul dans la 3ème vague, il est poursuivi pour avoir «tenté d’obtenir frauduleusement des biens publics de 80 000000 Fcfa, tentative manifes-, tée par un commencement d’exécution». Il aurait concrètement proposé la somme de 4 000 000 Fcfa aux membres de la commission de constat et d’évaluation, afin que ces derniers évaluent à 80 000 000 Fcfa ses cultures. L’entreprise aurait été un échec que par le refus d’un membre de jouer le rôle d’intermédiaire.

À l’audience du 12 novembre dernier, les.actes d’accusation ont été lus à l’attention des accusés qui ont tous plaidé non coupables. La cause a été renvoyée au 29 décembre 2020, pour les présentations de différentes listes de témoins.

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