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General News of Wednesday, 28 November 2018

Source: L'OEIL DU SAHEL N°1153

Epervier: l’accusation peine à coincer Vamoulké

Après avoir sollicité un renvoi à l’audience du 08 juin dernier pour produire ses pièces, ce n’est que le 31 octobre, au cours de la dernière audience, que le parquet s’est enfin décidé à le faire. À cette audience, l’avocat général a ainsi présenté les éléments de l’accusation. André Tchoussi, qui représentait le parquet, a énoncé que, l’accusation s’appuyait désormais uniquement sur deux documents pour soutenir la culpabilité des accusés, en l’absence des témoins de l’accusation, finalement rejetés par le tribunal. Le premier document est donc le rapport de la mission de vérification effectuée à la Crtv par le Contrôle supérieur de l’État (Consupe) entre 2004 et 2005, et portant sur la gestion financière de l’entreprise publique courant cette période. Le deuxième document, lui, est le procès-verbal d’une enquête faite par la Direction de la police judiciaire (Drpj), suite au rapport du Consupe.

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Pourtant, le rapport de vérification du Consupe n’a jamais été défavorable à l’ex DG de la Crtv. Bien au contraire ! C’est plutôt son prédécesseur à la tête de cette entreprise, que le rapport semble incriminer. Le Pr Gervais Mendo Ze avait d’ailleurs à l’époque, suite à cela, été traduit devant le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) avec plusieurs collaborateurs accusés de complicité. Le même rapport avait par ailleurs plutôt incriminé de façon plus précise dame Antoinette Essomba, ancienne directrice de la Crtv marketing and communications (Cmca) et co-accusée dans cette affaire, pour des irrégularités de gestion tenant à des «dépenses injustifiées», « des dépenses sans certification de facture par le comptable matières », des «dépenses sans bons de commande», et des «dépenses sans facture». Ayant été recruté par l’ex DG Vamoulké, c’est ce qui le lie à cette affaire. Pourtant, malgré qu’elle ait été totalement blanchie à l’époque par le Cdbf, dame Essomba est elle aussi poursuivie dans cette procédure devant le TCS, pour coaction de détournement des fonds publics avec Amadou Vamoulké, de la somme de 212 millions de Fcfa.

La deuxième pièce présentée n’incrimine également en rien l’ex DG Amadou Vamoulké. Au contraire, celle-ci indique d’ailleurs que le concerné a fait preuve de bonne foi dans sa gestion. Seulement, ledit PV avait été «transmis au TCS à la suite d’un forcing d’une main noire visant à mettre en difficulté le sieur Vamoulké, pour le punir du sort réservé au sieur Mendo Ze et précipiter son limogeage de la Crtv », à en croire Kalara. Lors de sa présentation, l’avocat général n’a donc pas fait allusion aux 03 rapports d’expertises effectués dans le cadre de l’enquête judiciaire. C’est que, les auteurs desdits rapports n’ont jamais pu se présenter au Tribunal, depuis que leur qualité avait été contestée. Pourtant, c’était eux, les principaux témoins de l’accusation.

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Pour la défense d’Amadou Vamoulké, ils avaient été désignés experts judiciaires en finance et comptabilité, en violation des dispositions légales en la matière. En effet, pendant la phase de l’enquête judiciaire, les trois experts commis par le Juge ne remplissaient pas les conditions prévues aussi bien par la loi que par divers traités et conventions communautaires et régionaux. Mais, ce n’est pas tout ceci qui poussé au renvoi de la procédure. C’est qu’au terme de la présentation de l’avocat général, les conseils de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances Polycarpe Abah Abah, également coaccusé dans cette affaire, ont demandé le rejet pur et simple des deux pièces produites par l’accusation, estimant que celles-ci ne remplissaient pas les conditions de forme prévues par le code de procédure pénale, parce que fournies sous forme de copies non certifiées. C’est sur ces entrefaites que l’audience a été suspendue pour être renvoyée au 04 décembre 2018.

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