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General News of Friday, 22 February 2019

Source: Le Jour N°2877

Epervier: détournement d’un projet de 150 millions destiné aux jeunes

Où est passé les 150.000.000 FCFA destinés à 110 jeunes de la région de l’Adamaoua dans le cadre du projet du secteur informel pour la relance de l’économie du Cameroun ? C’est la question que se pose les bénéficiaires sélectionnés il y a près de 18 mois par la coordination régionale du projet logé à la délégation régionale de l’emploi et de la formation professionnelle de l’Adamaoua. Après avoir suivi une formation avec des remises des attestations de formation avec paiement dans un compte bancaire de10% du montant à eux exigés, les sélectionnés du projet P-SINREC de la région de l’Adamaoua sont sans nouvelle de la chef d’antenne régionale madame Aromo Apolline Barbara Ambatta et du président du conseil d’administration du P-SINREC, Willy Belinga Ongola. Les contacts téléphoniques des deux responsables sont injoignables depuis le 20 juin 2018. A la délégation régionale de l’Emploi et de la formation professionnelle de l’Adamaoua où ils avaient élu domicile le bureau régional est aujourd’hui fermé. Aucune information n’est disponible sur la destination prise par les responsables du projet P-SINREC de l’Adamaoua.

Même le délégué régional de l’Emploi et de la formation professionnelle de l’Adamaoua reste muet, renvoyant les jeunes bénéficiaires du projet dans les services du gouverneur de la région.

Il y a quelques jours, le collectif des « 110 jeunes abusés du P-SINREC de la région de l’Adamaoua a saisi par correspondance le premier ministre du Cameroun, Joseph Dion Nguté, ainsi que le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji et Issa Tchiroma Bakari, du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle. C’était pour dénoncer les responsables régionaux du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle mais aussi certains collaborateurs du gouverneur de l’Adamaoua qu’ils accusent de complicité. A la délégation régionale de l’Emploi et de la formation professionnelle où le reporter de votre journal s’est rendu pour rencontrer les responsables du projet, aucune information n’a été donnée au journaliste. Les multiples demandes de rencontre avec le délégué se sont avérées infructueuses. « Le délégué est en réunion. Il ne reçoit pas. Revenez dans deux jours » répond certains collaborateurs du délégué régional du Minefop Adamaoua. « Je suis vraiment désolé j’ai fait savoir au délégué que vous étiez là et il ne m’a pas donné de réponse. Je ne peux rien faire pour vous » ajoute une collaboratrice du délégué régional Minefop Adamaoua. Joint au téléphone par le Jour madame Aromo Apolline Barbara Ambatta, s’est refusé de tout commentaire sur le sujet. Idem pour le président du conseil d’administration du projet P-SINREC.

Face à cette situation, certains jeunes ont déposé une plainte au parquet de Ngaoundéré contre les responsables du projet P-SINREC et le délégué régional du Minefop pour escroquerie. « J’ai été dépouillé d’une somme de 1.400.000 FCFA par ce que les responsables du projet m’ont demandé de verser 10% dans un compte bancaire et que j’allais recevoir 14.000.000 FCFA pour mon projet. Depuis lors, les jeunes sélectionnés pour recevoir une subvention du projet P-SINREC sont sans nouvelle des responsables et attendent toujours recevoir le financement dans leurs comptes bancaires. « Ma mère s’est endettée parce que j’avais soumis un projet pour le séchage et la conservation des légumes et fruits. Aujourd’hui, je n’ai rien reçu après avoir versé 750.000 FCFA à P-SINREC. J’ai passé trois nuits en cellule avec ma mère parce qu’il fallait rembourser l’argent » explique la jeune Fadi.