Vous-êtes ici: AccueilActualités2021 07 15Article 608317

Actualités of Thursday, 15 July 2021

Source: www.camerounweb.com

Epervier: Edgard Alain Mebe Ngo’o ridiculise le Parquet général

Il qualifie 'd’incongruités et d’absurdités arithmétiques', les accusations du Parquet général Il qualifie 'd’incongruités et d’absurdités arithmétiques', les accusations du Parquet général

• Edgard Alain Mebe était encore devant le juge du TCS ce mercredi 14 juillet 2021

• Il qualifie d’«incongruités et d’absurdités arithmétiques», les accusations du Parquet général

• Il était interrogé par l’une de ses Avocates, Me Noelle Amougou Koé



L’ex-ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense (Mindef) Edgard Alain Mebe était encore devant le juge du Tribunal criminel spécial (TCS) ce mercredi 14 juillet 2021 dans le cadre de l’opération Epervier destinée à lutter contre les détournements de deniers publics. L’homme ne retire rien de sa ligne de défense et ne cesse de clamer son innocence.

Selon lui, «l’affirmation qui consiste à dire que monsieur le ministre a détourné de l’argent n’existe que dans l’imagination». Et de ce fait, il n’a pas raté le représentant du Parquet général.

« Le Ministère public s’est appuyé sur un témoignage qui est d’une indigence inqualifiable, à l’image du témoin lui-même. », a répondu Edgard Alain Mebe Ngo’o devant la collégialité du Tribunal criminel spécial (Tcs), interrogé par l’une de ses Avocates, Me Noelle Amougou Koé sur les observations relatives au détournement supposé des marchés dits fictifs et surfacturés.

Il faut rappeler que les marchés en question sont passés entre 2012 et 2013 et pour l’année 2012, le montant des surfacturations est de 903 millions 320 mille 572 Fcfa:
- 04 marchés dits fictifs sont comptabilisés au cours de la même année, pour un total de 6 milliards 285 millions 289 mille 261 Fcfa.

- 03 de ces marchés se distinguent de par leur caractéristiques, qualifiés à la fois de fictifs et de surfacturés.

Le montant total du détournement qui en résulte est de 04 milliard 075 millions 444 mille 311 Fcfa.

A la question de l’avocate de savoir comment il fait pour détourner une somme supérieure à celle sortie des caisses de l’Etat, l’ex ministre Edgard Alain Mebe a répondu en lançant un pic à l’accusation :
« Je ne sais pas d’où sortent ces chiffres. L’accusation a additionné au montant des marchés, le montant des surfacturations, plus le détournement des retenues à la source (26 milliards Fcfa Ndlr). Je n’ai pas d’explication à donner à ce genre de phénomène. J’avoue ne pas comprendre ce qui m’est exactement reproché», a insisté Edgard Alain Mebe. Et d’ajouter que « les évaluations qui ont été faites pour soutenir l’accusation contiennent des incongruités et des absurdités arithmétiques ».

« A supposer que j’étais un braqueur, comment cela pourrait être possible ? C’est une incongruité. Je ne reviendrai pas sur l’équilibre psychologique du témoin de l’accusation. », ironise Edgard Alain Mebe.

A la barre, Mebe Ngo’o cite des noms qui choquent tout le monde

Même s’il continue par clamer son innocence, l’ancien ministre de la défense ne compte pas sombrer seul. Devant le tribunal criminel ce 24 juin 2021, Edgar Alain Mebe Ngo’o, accusé de détournement de fonds, a tenté de démonter point par point les griefs formulés par le procureur général. L’ancien ministre de Biya a d’abord attaqué le rapport de l’Agence nationale d’investigations financières (Anif), un des éléments clés du dossier d’accusation.

« Edgar Alain Mebe Ngo’o conteste tout. Le rapport de l’Anif témoignant d’un supposé enrichissement illicite de l’accusé ? « Une instrumentalisation, affirme-t-il. Cet organisme a été saisi en violation des règles qui l’organisent ». Les 21 marchés publiques ayant fait l’objet de surfacturation ? ‘’Juridiquement grotesque, se défend-t-il. C’est comme si j’étais l’acteur unique du processus de passation de ces marchés, pourtant il existe au sein de l’administration une chaîne de la commande publique’’ », révèle Jeune Afrique dans un article publié sur son site internet.

Paul Biya, Laurent Esso et Ferdinand Ngo Ngo

L’affaire Mebe Ngo serait plus compliquée. Evoquant le contrat que son ministère avait signé en 2013 avec la société chinoise Poly Technologies portant sur la fourniture d'équipements militaires pour 300 millions d'euros, Mebe Ngo accusé d'avoir "bénéficié d'énormes libéralités" surprend l'audience en citant les noms de plusieurs personnalités de la République.

« Je suis allé en Chine par la volonté du chef de l’État, avec des ordres de mission signés du secrétaire général [de la présidence de la République, Laurent Esso, actuel ministre de la Justice, ndlr], a-t-il expliqué à la Cour. Il était au courant de tout. Les quatre marchés constituant le contrat litigieux ont tous été validés aussi bien par la présidence de la République que par l’état-major particulier du chef de l’État à travers leurs visas. Il ne s’est pas agi d’une manœuvre personnelle de ma part menée de manière subreptice. », a-t-il déclaré.

L’ancien ministre de Biya souhaite également voir dans le box des accusés le Secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh et le ministre de la justice Laurent Esso. Ces deux personnalités sont selon Mebe Ngo’o, les signataires des pièces à conviction et à ce titre, devraient comparaitre au procès. Le Tribunal Criminel Spécial n’a pas accédé à cette demande.
« L’audition des accusés devrait se poursuivre à la mi-juillet. Le parquet ayant choisi de faire ses réquisitions uniquement sur les pièces reversées au dossier, aucun témoin n’est attendu à la barre », révèle Jeune Afrique.

Le secret d’Etat

Si l’ancien ministre de la défense est prêt à livrer plusieurs ministres et proches de Biya, il ne souhaite pas cependant étaler certaines pièces. Pour Edgar Alain Mebe Ngo’o, il n’est pas question de révéler des informations secrètes. Il préfère passer ses derniers jours derrière les barreaux.

« Ce serait une faute pour moi de produire des pièces pour justifier mes propos, a-t-il expliqué à la Cour. Je demeure astreint au devoir de réserve bien que je ne suis plus en fonction. Je préfère la réclusion à vie plutôt que de dévoiler le secret défense », a-t-il déclaré.

Rejoignez notre newsletter!