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Actualités of Tuesday, 7 September 2021

Source: Repères

Epervier: Atou, la descente aux enfers

Le cabinet conseil va être audité par une mission du Contrôle supérieur de l’Etat Le cabinet conseil va être audité par une mission du Contrôle supérieur de l’Etat

Le cabinet conseil va être audité par une mission du Contrôle supérieur de l’Etat, pour sa gestion controversée des actifs résiduels de l’ex-Régie nationale des chemins de fer du Cameroun (Regifercam) et Office national des ports du Cameroun (ONPC).

Le document porte les mentions ‘’Confidentiel’’ et ‘’Très urgent’’. En date du 1er septembre 2021, le ministre délégué à la Présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’État (Consupe) a alerté son collègue des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe. «En exécution des très hautes instructions de Monsieur le président de la République, chef de l’Etat, une mission spéciale de contrôle et de vérification des services du Contrôle supérieur de l’Etat auditera la gestion par le cabinet Atou, des actifs résiduels des ex-Regifercam et ONPC», fait savoir Mme Mbah Acha Rose Fomundam, dans un correspondance ayant pour objet «Mission de vérification de la gestion, par le cabinet Atou, des actifs résiduels des ex-Regifercam et ONPC.»

Les moindres précisions sont fournies par la signataire de la correspondance. Ainsi, les brigades mobiles de vérification commises à cet effet sont dirigées respectivement par les inspecteurs d’Etat Aboubakary Modibbo Amadou et Alfred Wambang Nyamalum. Le ministre des Transports est invité par ailleurs à prendre des mesures nécessaires en vue d’une «saine collaboration des responsables de son département ministériel avec les membres de ladite équipe pour un déroulement harmonieux des opérations y afférentes», précise le Consupe. L’annonce du déploiement de la mission spéciale de contrôle et de vérification des services du Contrôle supérieur de l’Etat auprès du cabinet conseil Atou intervient une semaine après la tenue, à Yaoundé, de la 15ème session du comité de suivi des travaux de reconstitution des limites des domaines publics portuaires du Cameroun du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, consacrée justement à la restitution des actifs résiduels de l’ex-ONPC gérés par Lazare Atou et son cabinet.

Tribunal criminel spécial

Sentant que l’heure a sonné pour qu’il rende enfin compte de sa gestion du patrimoine de l’ex-Office national des ports du Cameroun, ancêtre du Port autonome de Douala (PAD), Lazare Atou, administrateur général du cabinet Atou, a choisi de prendre les devants en portant plainte au directeur général du PAD à la Division du corps spécialisé d’officiers de police judiciaire du Tribunal criminel spécial (TCS), au motif qu’il aurait découvert des faits constitutifs de détournements de deniers publics d’un montant de 53 milliards de FCFA dans la conception et l’exécution du marché spécial du 13 avril 2018 relatif au projet de sécurisation du périmètre et le contrôle des accès du Port de Douala-Bonabéri

En réalité, la dénonciation du directeur général du PAD par Lazare Atou est motivée par l’obstination de Cyrus Ngo’o «à faire incorporer, dans le patrimoine du PAD, les actifs immobiliers résiduels de l’Ex-Office national des ports du Cameroun, dont Sieur Atou Lazare se prévaut d’être le liquidateur», précise une source proche du dossier. Cette obstination résulte d’une volonté du DG du PAD de mettre en exécution une instruction du président de la République qui a décidé, à travers le décret du 24 janvier 2019, de la rétrocession en gestion de tous les biens de l’ex-Office national des ports du Cameroun.

Opacité

Mais, pour d’aucuns, cette procédure s’apparente en réalité à une machination. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que Lazare Atou et son cabinet se trouvent depuis des lustres au cœur d’une vive controverse. La polémique se nourrit de l'impunité dont semble bénéficier celui qui continue de gérer par ailleurs les actifs de l’ex Office national de commercialisation des produits de base (ONCPB). Pourtant, sa gestion du patrimoine de ses anciennes sociétés d’Etat, évalué à plus de 100 milliards de FCFA, brille par son opacité.

Soupçonnant une braderie des biens de l’État à ses soutiens haut placés, des membres du gouvernement ayant compétence sur la gestion de la liquidation de ses anciennes sociétés publiques lui ont retiré son mandat. A l’exemple du ministre de l’Economie et des Finances, Polycarpe Abah Abah, en 2007. Ce dernier sera désavoué par un puissant soutien de Lazare Atou qui, visiblement, n’a pas intérêt à ce que la lumière soit faite sur ce dossier épineux. Aussi, une correspondance datée de janvier 2008 et signée du secrétaire général de la présidence de la République réhabilite Lazare Atou. Exemptant ainsi depuis ce dernier de rendre compte de sa gestion de la liquidation de ses anciennes sociétés

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