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General News of Monday, 9 November 2020

Source: Actu Cameroun

Enseignements secondaires : vaste escroquerie demantelée

Depuis deux ans, des parents d’élèves paient, sans le savoir, 2000 Fcfa pour l’entretien des toilettes dont le marché est confié à une association privée. Une véritable mafia qui passe inaperçue, et qui est évaluée en milliard de F cfa.

Depuis 2019, le ministère des enseignements secondaires a inscrit dans les frais à payer à la rentrée scolaire la somme de 2000 Fcfa, à affecter à l’hygiène et la salubrité des établissements scolaires sur l’étendue du territoire national. La particularité ici, c’est que ce marché est confié à une certaine «Association camerounaise d’aide à l’hygiène et insertion des jeunes dans les collectivités (Acahijec)».

Qu’intessence du texte de Nalova Lyonga: «Madame Belema Chonga Yvonne Flore, fondatrice de l’association camerounaise d’aide à /’Hygiène et à insertion des jeunes dans les collectivités (ACAHJEC) a reçu l’autorisation de visiter et de réhabiliter des toilettes scolaires avec des fonds venant des communes et autres partenaires. Cette dernière nettoiera de manière journalière ces toilettes en présence ou non des enfants, moyennant une petite contribution, quand les enfants sont à l’école. Tout établissement qui validera cet accord devra informer le ministre des enseignements secondaires avant la mise en application dudit contrat».

Les chefs d’établissements que La Nouvelle Expression a contactés font savoir qu’il leur est demandé de se référer au ministère chaque fois que les responsables de l’Association commencent leurs activités dans leurs établissements.



« Au début de cette année, nous avions même déjà affiché la liste des frais exigibles, lorsque nous avons reçu des indications par rapport à ces 2000 supplémentaire. Nous avons repris la liste en y incluant ces deux 2000 Fcfa. Bien évidemment, les parents ne sont pas au courant de ce détail », révèle un chef d’établissement.

Et il ajoute: «les représentants de cette association qui sont arrivés chez nous ont fait savoir que c’est eux qui vont désormais assurer le service d’hygiène, sans nous dire concrètement en quoi consiste leur travail. Depuis, ils sont portés disparus. Et nous ne savons pas comment se fera leur rémunération».

Selon les enquêtes de La Nouvelle Expression, tous les établissements scolaires n’ont pas encore signé ce contrat, manifestement, faute de personnel que cette association inconnue est capable de mobiliser. Mais que fait-on de l’argent que les parents déboursent systématiquement, même pour un service qui n’est pas rendu ? Certains établissements résistent à introduire cette rubrique dans les «frais exigibles», en risquant par le fait-même de se mettre dans le collimateur du ministère.

Lors de sa dernière tournée dans le Littoral, Pauline Nalova Lyonga, selon une information confidentielle, a rendu une visite inopinée à un Lycée de Douaia. Sa première destination dès son entrée dans cet établissement était les toilettes, «pour apprécier leur entretien». Elle en est ressortie en manifestant clairement son dégoût de l’état des lieux», révèle la source. Notre informateur explique que le chef de cet établissement s’était opposé à la collaboration avec cette association. L’information est certainement remontée au sommet.

Si l’on considère que le Cameroun compte plus d’un million d’élèves dans le secondaire, on peut imaginer l’épaisseur de cette cagnotte. Où va l’argent des pauvres parents, financièrement déjà à genou ?

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