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General News of Friday, 12 March 2021

Source: Info Matin n°840

Empoisonnement : ces milliers de Camerounais que Sano a tués (Enquête)

L'eau de cette marque parmi les plus consommées à travers le pays et curieusement produite par des marabouts, a certainement fait d'innombrables victimes depuis 2013. Enquête.

Ils n'auront pas attendu du bien longtemps pour passer à l'offensive. Les responsables de Sno Sarl, dont l'activité a été suspendu pour 6 mois le 04 mars par le ministre en charge de l'industrie, Babriel Dodo, ont mis juste quelques heures pour accuser le coup et monter à l'abordage. Pendant le week-end, ils ont battu en brèche le prétexte pris ledit membre du gouvernement, à savoir le "non-respect des normes d'exploitation et de conditionnement des bouteilles et de bonbonnes d'eau destinées à la consommation du public". Dans la foulée, ils décrient l'attitude du ministre du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana qui dans la foulée a demandé à son responsable de la brigade nationale des contrôles et de la répression des fraudes "au nom de la protection et de la préservation de la santé des consommateurs (...) d'organiser toutes affaires cessantes, le déploiement de ses équipes sur le terrain en vue de procéder au retrait immédiat des produits incriminés du marché".

Ils brandissent pour leur défense, un rapport dit de décontamination totale du site de Douala-Ndokoti, qui aurait été dressé par une structure agréée par le ministère de la santé publique. Ils affirment également avoir fait approuver par les autorités compétentes, leur plan de gestion des déchets. Et contrairement aux images effroyables, montrant des ouvriers à mains nues entrain de remplir des bonbonnes d'eau réputée pure, ils jugent que leur unité dispose d'une ligne d'emplissage et de conditionnement totalement automatisée pour toutes les gammes de leurs produits. Dans le même ordre d'idées, ils appuient leurs dies par des résultats d'analyses phyto-chimiques et microbiologiques réalisées leS 07 et 17 janvier 2021. Lesquels ont conclu qu'il n'existait "aucun argument bactériologique en faveur d'une eau infectée", ni "aucun paramètre physicochimique susceptible de nuire à la santé".

Les dirigeants de Sano Sarl ne nient pas l'authenticité de la vidéo devenus virale sur les réseaux sociaux. Une "indélicatesse" clament-ils mais expliquent que la chaîne de production présentée "n'est pas celle destinée à la production de l'eau mise sur le marché", qu'il s'agit d'un point de nettoyage pour le recyclage.

Etrangeté

Loin de faire profil bas, Sano Water développe plutôt la thèse du complot et joue les victimes expiatoires. Indirectement un doigt accusateur est pointé vers le gouvernement. Tout engagé qu'ils sont à défendre l'honneur d'un produit dont plusieurs consommateurs dénoncent l'arrière-goût bizarre, ses promoteurs ne disent rien quant à l'ultimatum à eux donné le 26 février par le directeur général de l'Agence nationale des normes et de la qualité (Anor), Charles Boto A Ngon, qui leur donnait un délai maximum de 3 mois pour corriger les non-conformités révélées lors de l'évaluation de leurs produits. On rappellera qu'en mars 2013 , Sano a obtenu un certificat de conformité de l'Anor en tant que "eau potable destinée à la consommation humaine", un document qui dans le jargon normatif ne lui conférait pas le droit de présenter ses produits dans les catégories des eaux minérales naturelles. D'ailleurs le site internet de l'entreprise, jusqu’à l'heure où nous mettions sous presse restait évasif sur l'origine dudit liquide dont les riverains affirment qu'il est issu d'un forage. L'on y apprend officiellement qu'il est tiré " à partir d'une altitude de 1450 mètres" pour finir par confirmer qu'elle est d'origine souterraine. Même; la société du non moins promoteur de la chaine de télévision Canal 2 International, Emmanuel Chatué n'explique pas cet autre miracle venu tout droit du laboratoire hygiénique et environnement du centre Pasteur du Cameroun. Ses examens bactériologiques attestent certes que ledit produit est de qualité satisfaisante selon les critères microbiologiques analysées". Mais en regardant de plus près le document, quelques constats majeurs se dégagent. D'abord que le prélèvement examiné a été effectué le 25 mai 2013 par Sano lui-même, ce qui constitue déjà une faute professionnelle. Le plus curieux, c'est que les résultats d'analyses du CPC ont été édités le 2 mai 2013 et donc longtemps avant même d'avoir reçu l'échantillon de Sano. De ces étrangetés, l'industriel n'a toujours pas fourni des réponses à ce jour.

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Les manquements du distributeur d'eau minérale sont pourtant d'une incontestable gravité. Il n'est qu'à observer les nombreuses photos de ses installations, obsolètes, rouillées ou plongées dans un état de saleté indescriptible pour imaginer les conditions dans lesquelles l'eau de Sano est produite, traitée et proposée à des millions de consommateurs. Ou encore combien parmi ceux-ci ont été victime de ce produit infect depuis 2013.

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