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Politique of Monday, 31 August 2020

Source: Actu Cameroun

Elections régionales: avec un budget de 7 milliards, le RDPC sort déjà vainqueur

Une note interne au Rassemblement démocratique du peuple camerounais rappelle à ses militants les exigences légales et du parti pour être candidat. Une démarche qui annonce l’imminence du scrutin.

Tout porte à croire que les élections régionales sont imminentes. Depuis quelques jours, sur instructions du ministre de l’Administration territoriale les autorités administratives multiplient des concertations avec les représentants du commandement traditionnel. Il y a quelques mois, le 3 juin précisément, le journal L’œil du Sahel, citant des sources à la présidence de la République, titrait à sa grande une : « Les régionales se préparent pour octobre 2020».

Le journal précisait que des instructions avaient été données dans ce sens par la présidence de la République à Election’s Cameroon (Elecam), l’organe en charge de l’organisation des élections. Un observateur avisé du landerneau politique camerounais accorde du crédit à cette information en rappelant qu’au sortir du bureau de vote à l’occasion des élections législatives et municipales du 9 février dernier, le président de la République, Paul Biya, a déclaré : «Nous aurons aussi, quand les élections municipales auront pris fin, à élire les conseillers régionaux».

Autre indice qui pourrait conforter l’hypothèse de la tenue de ces élections dans les tout prochains jours, la dotation générale de la décentralisation pour 2020 a prévu une provision de 7 milliards de FCFA pour la rémunération des présidents et des membres des bureaux des Conseils régionaux et le démarrage de fonctionnement de ces instances.

Provision de 7 milliards

D’après la loi électorale, le président de la République pourrait donc convoquer le corps électoral constitué des conseillers municipaux élus et des représentants du commandement traditionnels en août ou en septembre. Pour ne pas être pris de court, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) prépare d’ores et déjà ses candidatures.

Dans une note interne publiée il y a quelques jours, le RDPC indique à ses militants les conditions prévues par la loi électorale ainsi que par le parti présidentiel pour être candidat à ce scrutin jamais organisé au Cameroun. Si la loi exige du candidat d’avoir au moins 23 ans révolus à la date du scrutin, le RDPC impose à chaque militant désirant être conseiller régional le loyalisme envers les institutions républicaines, l’engagement et l’expérience politiques, le militantisme et les services rendus au parti, la crédibilité et la compétence, etc.

Le parti au pouvoir rappelle la composition du dossier autant du point de vue de la loi que du parti à tout postulant à l’investiture. S’agissant des exigences légales.

chaque postulant doit produire une déclaration sur l’honneur en cinq exemplaires par laquelle ce dernier certifie qu’il n’est que sur cette liste et ne se trouve dans aucun cas d’inéligibilité prévu par la loi, une attestation d’inscription sur une liste électorale, le paiement d’une caution de 50 000 FCFA et une attestation de domicile ou de résidence dans la Région concernée. En plus le RDPC un état des services rendus au parti et les justificatifs de cotisation des cinq dernières années avant le scrutin.

Vainqueur déjà

Au regard du poids du RDPC au sein des conseils municipaux issus du scrutin du 9 février, il est évident que le parti présidentiel sera le grand vainqueur de ces premières élections régionales organisées au Cameroun. En effet, le parti du flambeau ardent a raflé l’écrasante majorité des 10 626 conseillers municipaux du pays, lui permettant ainsi de contrôler 314 communes sur 360 et 13 communautés urbaines sur 14.

C’est sans doute conscient que les jeux sont déjà faits que le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), qui a boycotté le dernier double scrutin, et donc ne dispose d’aucun conseiller municipal, a refait parler de lui il y a quelques jours. Dans sa communication, Maurice Kamto met en garde contre l’organisation des élections régionales avant satisfaction préalable de deux exigences. D’abord la résolution de la crise anglophone à travers un cessez-le-feu et l’ouverture d’un vrai dialogue politique national inclusif.

Le candidat malheureux de la présidentielle d’octobre 2018 exige aussi la réforme consensuelle du système électoral actuel « dont tout le monde reconnaît désormais qu’il garantit les fraudes électorales massives conduisant à la désignation des dirigeants illégitimes, et constitue dès lors la principale cause des tensions électorales et des crises post-électorales dans notre pays ».

Pour d'aucuns, il s agit d’une fuite en avant. Ceux qui partagent cette manière de voir rappellent à Maurice Kamto qu’il a participé à la dernière présidentielle en pleine crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Et en ce moment-là, le système électoral qui lui sert de prétexte pour franchir un nouveau cap dans sa logique insurrectionnelle était bel et bien en vigueur.

Au sein du RDPC, on soutient que ces cris d’orfraie du leader du MRC ne sauraient constituer une entrave à l’organisation des élections régionales. Celles-ci interviendront alors 24 ans après la promulgation de la Constitution de janvier 1996 consacrant le Cameroun comme État unitaire décentralisé.

Le texte fondamental crée deux collectivités territoriales décentralisées : la commune et la région. Il précise que le Cameroun compte dix Conseils régionaux correspondant aux dix régions administratives. Chaque Conseil régional est constitué de 90 conseillers, dont 70 délégués des départements et 20 autres représentants des chefs traditionnels élus par leurs pairs. Elus pour cinq ans, les conseillers régionaux sont rééligibles.

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