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General News of Thursday, 14 November 2019

Source: Cameroon Info

Elections législatives et municipales: Wilfried Ekanga se désolidarise du Mrc

L’opposant installé en Europe pose trois préalables pour une organisation efficiente des scrutins du 9 février 2019.
Wilfried Ekanga n’est pas d’accord avec les partis (dont le sien) qui ont fait le choix de prendre part aux prochaines élections législatives et municipales. Le militant du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) installé en Allemagne estime qu’ils vont à l’abattoir te que ces scrutins ne devraient pas se tenir maintenant. Pour lui la guerre dans le Nord-Ouest est un obstacle autant que le code électoral resté inchangé bien qu’ayant « fourni le triste spectacle du conseil constitutionnel en 2018, et qui déclare le RDPC vainqueur avant même que le scrutin n’ait débuté ». Il ajoute un « 3ème problème » qui est « la répression des libertés publiques ». Illustration : « En ce moment même, des sous-préfets désertent leur lieu de travail pendant que d’autres refusent catégoriquement de signer des fiches qui compléteront le dossier de candidature de certains membres de l’opposition. En parallèle, on vous refuse l’entrée à Ebolowa parce que « c’est le socle granitique de Paul Biya », et la police aux ordres applaudit ».

Wilfried Ekanga se demande dès lors comment les partis d’oppositions engagés vont réussir à obtenir la majorité absolue au parlement quand ils n’ont « même pas le droit de faire un meeting dans certaines régions ». Il leur prédit une tâche davantage compliquée s’ils ne font pas bloc et front commun de mettre une forte pression sur le régime, pour que ce qu’il appelle les « trois préalables absolus » soient réalisés.

Ci-dessous l’intégralité de la réflexion de Wilfried Ekanga


Les élections en février
POUR MOI, C’EST NON !

Quand je parle d’ « implication » politique, je ne dis pas qu’il faut se jeter tout de suite sur des postes administratifs (maire, conseiller, député, ministre, président ...) juste parce que l’occasion se présente. Et surtout pas quand le pays connaît à l’instant des préoccupations autrement plus urgentes.

On ne devient pas député ou ministre pour faire un bon travail citoyen. C’est en faisant un bon travail citoyen qu’on deviendra un jour député ou ministre, en guise de consécration.

S’impliquer en politique, c’est réfléchir sur ce qui est bien, non pas pour soi-même ou pour sa famille, mais pour le pays tout entier. C’est donc une responsabilité générale. Or, il y a des gens qui, même sans être du RDPC, iront à ces élections pour réaliser leur rêve de devenir député, d’arrondir leurs fins de mois et de se faire appeler « Honorable ». Et pour eux, la politique s’arrêtera là, comme elle s’est arrêtée pour Momo en 2019.

Nous sommes face à un régime méchant, pervers, et barbare. Un ramassis de monstres prêts à tout pour conserver ce précieux pouvoir qui leur apparaît comme une propriété privée. C’est pourquoi malgré le sinistre du NOSO et malgré l’évidence qu’aucune élection ne sera possible là-bas, ils ont quand même décidé de fixer l’échéance à dans trois mois. C’est du cannibalisme politique. Un manque total d’humanité.

A côté de cela, il y a le même code électoral qui nous a fourni le triste spectacle du conseil constitutionnel en 2018, et qui déclare le RDPC vainqueur avant même que le scrutin n’ait débuté. Cette fois encore, il aura 71% de députés à l’assemblée et 8000 conseillers municipaux, parce que les jeux sont en sa faveur, et parce que ce sont des RDPCistes qui tiennent l’administration.

Ce qui vient expliquer le 3ème problème : la répression des libertés publiques. En ce moment même, des sous-préfets désertent leur lieu de travail pendant que d’autres refusent catégoriquement de signer des fiches qui compléteront le dossier de candidature de certains membres de l’opposition. En parallèle, on vous refuse l’entrée à Ebolowa parce que « c’est le socle granitique de Paul Biya », et la police aux ordres applaudit.

Comment allez-vous obtenir la majorité absolue (91 sièges) au parlement quand vous n’avez même pas le droit de faire un meeting dans certaines régions ? Et qu’est-ce que Cabral Libii compte faire bouger au parlement avec 5 ou 6 députés acquis en zone Bassa ? Aller à ces élections dans le cadre actuel, c’est foncer droit vers la fournaise. Elle entraînera plus de dégâts que de solutions.

Malheureusement, tout le monde compte y aller. Même les partis qui ont décidé de boycotter vont changer d’avis à la dernière minute et partir. Alors que la solution consiste à faire bloc et front commun et à organiser une pression colossale envers le régime, pour que soient d’abord réalisés ces trois préalables absolus :

- La convocation d’un vrai dialogue national ( avec la bande à Ayuk et tous les plus farouches ennemis du régimes , pour discuter sur tous les sujets, surtout ceux dont on ne veut pas discuter )

- La réforme totale du mode d’élection (contenu du code électoral et organisation des personnes et appareils électoraux)

- La garantie des libertés publiques ( je veux pouvoir aller à Ebolowa et battre campagne sur la place publique sans qu’on ne me dise que les Bulu « ont le sang chaud » et que je dois partir )

Si ces trois abcès demeurent dans l’état actuel et que vous allez aux élections, les seuls gagnants seront : le RDPC qui aura conservé sa part du lion à l’assemblée et aux mairies, et - à titre personnel - certains acteurs d’en face (MRC, PCRN ...) dont les partis auront glané ensemble une petite dizaine de sièges. Le pauvre peuple lui, pris entre deux feux, n’aura vu son quotidien en rien changer.

... Ou peut-être que si, finalement, puisque l’Harmaguedon sera là. 2020 s’annonce encore plus obscur que cette année qui elle-même, est loin d’être terminée.

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

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