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General News of Thursday, 15 October 2020

Source: Emergence N°1787

Eglise presbytérienne : drame à la paroisse de Mendong

La tentative de division du consistoire Ntem, décidée par les instances suprêmes de l’église, vire au cauchemar, alors que le sous-préfet de Yaoundé VI joue à un jeu trouble.


C’est l’un des vaudevilles auxquels nous a habitués l’église presbytérienne. Une fois de plus, c’est par un fait négatif que cette église s’illustre. En cause, une décision qui a débouché sur une situation d’imbroglio. En effet, selon des sources concordantes, en janvier 2017, l’assemblée générale de l’église presbytérienne du Cameroun (Epc), instance suprême de ladite église, décidera de scinder en trois le consistoire Ntem, dont le siège est à Ebolowa, région du Sud. « Cette décision de division du consistoire provient d’une querelle interne. Depuis pratiquement 2015, deux groupes de pasteurs s’affrontaient. Certains ont commencé à proposer cette scission parce qu’ils ne se retrouvaient plus dans la politique menée.

D’autres voulaient cacher des malversations opérées qui passaient par la disparition du consistoire originel », nous renseigne-t-on. Sauf que, cette décision fut contestée par une large majorité des membres dudit consistoire. Du coup, cela devint compliqué de rendre la décision de l’assemblée générale exécutoire sur le terrain. Des pasteurs, des diacres, des anciens d’église et de nombreux fidèles, avaient estimé que l’assemblée générale avait outrepassé ses compétences et avait ainsi violé les textes qui régissent l’église. Une requête en contestation sera ainsi introduite auprès de l’instance ayant pris la décision. En vain. Les requérants décideront donc de saisir la juridiction civile, notamment le tribunal de grande instance d’Ebolowa, qui tranchera en leur faveur. Se fondant sur les textes régissant l’église, le tribunal rétablira le consistoire Ntem dans ses droits.

Bien que le droit ait été dit, la situation ne va pas s’améliorer. Des bagarres, des affrontements dans les paroisses du consistoire vont pousser les autorités administratives à opter pour la mise sous scellés des paroisses en cause. « Lors de l’assemblée générale de 2020, l’église, préoccupée par cette situation délétère qui portait un coup dur à son image, prendra l’option de rétablir la paix dans ses rangs. Une commission de pacification sera mise sur pied, placée sous la présidence du révérend pasteur Libom Li Likeng, ancien modérateur de l’Epc », nous indique sous anonymat une source bien introduite. D’après nos enquêtes, cette commission qui existe bel et bien, est actuellement à pied d’œuvre et ses conclusions sont attendues dans les prochaines semaines. Nous avons pu joindre par téléphone le Révérend Libom Li Likeng, qui a confirmé que la commission travaille sur la question, mais qu’il ne peut en parler pour le moment.

« L’église nous a demandé de traiter cette affaire. Nous sommes en train de le faire. Je ne peux pas parler d’une affaire alors qu’elle est en train d’être instruite », nous a-t-il dit. Hélas ! Les fauteurs de troubles sont loin de vouloir garder leur quiétude en attendant les conclusions. L’une des paroisses du consistoire Ntem, celle de Mendong Laodicée, ici même à Yaoundé, fait parler d’elle. Alors que depuis 1996, elle a été érigée en paroisse par le consistoire, elle symbolise désormais les querelles et les divisions qui agitent le consistoire Ntem. Elle fait partie des paroisses n’ayant pas approuvé la décision de l’assemblée générale. A cet effet, des requêtes ont été adressées au sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé VI. On apprend à cet effet que sur une cinquantaine d’anciens d’église de cette paroisse, cinq seulement soutenaient la décision de l’assemblée générale, contre 45. « Mais, les cinq avaient fait savoir leur engagement à s’y conformer sous condition qu’ils aient la possibilité de choisir eux-mêmes leur propre consistoire, selon le principe de la liberté de conscience des chrétiens.

Jusqu’au mois d’octobre 2017, les offices religieux se passaient en toute quiétude. Jusqu’à ce qu’un des anciens de l’église, acquis à l’application sans condition de la décision de l’assemblée générale, déclenche une bagarre à la fin du culte. Informé de la situation, le sous-préfet ordonnera la fermeture du temple et les scellés seront apposés », nous raconte un témoin.

Anguille sous roche

ments, un doigt accusateur est tendu sur le secrétaire général de l’Epc, le révérend Bessala Mbesse, qui aurait selon ses accusateurs multiplié des manœuvres pour sa réouverture. « Il n’est pas passé par une médiation, ou une action de pacification, mais via des correspondances à l’autorité administrative dans lesquelles il demandera à l’autorité administrative de remettre les clés à un certain pasteur Evina Jacques Olivier qui a pris fait et cause pour le groupe des cinq favorables à la décision de l’assemblée générale », raconte une autre source. Sauf que, méfiant, le sous-préfet ne donnera pas suite à cette demande.

En 2019, seconde tentative du secrétaire général. Cette foisci, le problème sera porté à l’attention du ministre de l’administration territoriale qui décidera de garder l’église scellée jusqu’à ce qu’une ambiance sereine réapparaisse. « Mais, nous avons été surpris de constater en septembre dernier que les scellés ont été levés par le sous-préfet actuel, en faveur du groupe minoritaire, sans en avoir informé toutes les parties. Le souspréfet déclare avoir agi suite à une correspondance de l’église, la même qui lui avait demandé de confier le temple au pasteur Evina », soutient une source. Nous avons effet pu avoir eu copie de cette correspondance du 10 août 2020, dans laquelle le pasteur Bessala Mbesse demande au sous-préfet la réouverture du temple Epc Laodicée. La réouverture, validée par le sous-préfet, sera pourtant contestée les communautés chrétiennes de la paroisse, qui ont d’ailleurs accusé l’autorité administrative d’avoir « foulé au pied la neutralité… car c’est à l’église de résoudre ses problèmes ». Une évolution de nature à crisper davantage les positions.

Depuis trois semaines, les offices se déroulent sous haute protection des éléments du commissariat de sécurité publique de Mendong. L’on nous rapporte même que le dimanche 11 octobre dernier, instrumentalisés par le camp d’en face, ils en sont venus aux mains avec les chrétiens à qui l’accès au temple était refusé. Nous vous proposons en images quelques photos de cette rixe. Des images devenues virales sur les réseaux sociaux. Parmi les victimes de ces violences policières, un commissaire de police à la retraite, Nguélé Charles, ancien d’église. On le voit couché dans la boue, malmené par ses anciens collaborateurs d’hier

Poncepilatisme

Pourquoi le sous-préfet de Yaoundé VI a-t-il opté pour une réouverture de la paroisse alors qu’on attend encore les conclusions de la commission de pacification dans les prochaines semaines ? La dernière correspondance du secrétaire général de l’Epc à l’endroit du sous-préfet, n’a-t-elle pas été un outil de manipulation ? Pourquoi ladite correspondance n’a-t-elle pas été adressée au mois de janvier 2020 dès la fin de l’assemblée générale ? S’agit-il d’une manipulation qui a surfé sur la vacance à la tête du département du Mfoundi après le décès du préfet ?

Il est d’ailleurs établi que le défunt préfet avait une parfaite maîtrise du dossier et qu’il n’aurait jamais autorisé l’ouverture de la paroisse, sans garantie de maintien de l’ordre public. Pourquoi la paroisse continue-t-elle de fonctionner malgré les tensions réelles sur le terrain? Il est à noter que le sous-préfet de Yaoundé 3 a reçu la même correspondance du SG au sujet de la paroisse Nsam Ndo Ebengue située au quartier Ahala pour les mêmes motifs.

Ce dernier a plutôt choisi de convoquer les 2 parties. Faute de consensus de ce côté-là, aucune ligne n'a bougé par rapport à la décision de l'autorité administrative sur le sort de cette paroisse où deux camps s'offrent aussi au sujet de la division du consistoire Ntem. Nous avons tenté de joindre le Sg de l’Epc, mais il n’a pas daigné décrocher. Au Sms que nous lui avons envoyé en lui expliquant la situation qui le met à l’index, pour avoir sa version des faits, il a répondu de manière laconique : « merci beaucoup mon fils. Bon après-midi ».

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