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General News of Saturday, 9 May 2020

Source: www.camerounweb.com

EXCLUSIF : lettre du congrès américain à Paul Biya


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Le congrès américain, préoccupé par les violations des droits des journalistes camerounais a adressé le 08 avril une lettre au président de la République Paul Biya. Il réclame la libération « sans délai » des journalistes Amadou Vamou lké, Tsi Conrad, Thomas Awah Junior et tous les journalistes en détention illégale au Cameroun.

Camerounweb vous propose l’intégralité de la lettre du congrès américain

Cher Président Biya :

Dans l'esprit des récents efforts visant à reconnaître le travail important des journalistes, notamment la campagne mondiale #FreeThePress, la Journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai et la remise des prestigieux prix Pu litzer le 4 mai, nous vous écrivons pour demander la libération de trois journalistes au Cameroun: Amadou Vamou lké, Tsi Conrad, et Thomas Awah Junior. Détenus ces dernières années pour des motifs politiques, le traitement de cette liste de journalistes et d'autres au Cameroun reflète un modèle troublant de répression de la liberté d'expression et de la liberté de la presse.

Compte tenu de leur détention douteuse et du danger d'infection par le coronavirus, auquel les populations carcérales sont particulièrement vulnérables, nous demandons instamment que ces trois journalistes soient libérés sans délai.


Le Cameroun a toujours eu des médias actifs et diversifiés. Toutefois, ces dernières années, on a assisté à une augmentation inquiétante des restrictions à la liberté d'expression et aux médias indépendants ainsi qu'à des abus des lois du pays en matière de diffamation. Le rapport du Département d'Etat américain sur les droits de l'homme de 2019 a noté que les personnes "qui critiquaient le gouvernement [du Cameroun] en public ou en privé étaient fréquemment victimes de représailles", tandis que Freedom House a catégorisé sans ambages la presse camerounaise comme "non libre".

Les cas de Vamoulké, Conrad, et Awah Jr. semblent être des exemples clairs du manque de liberté de la presse au Cameroun. Selon l'avocat de Vamoulké, son arrestation et son emprisonnement en 20l6 pour détournement de fonds présumé étaient des représailles pour la mauvaise gestion de la Radio et Télévision Camerounaise (CRTV), qu'il a dirigée de 2005 à 20 16. Depuis sa détention, Vamoulké n'a toujours pas été formellement inculpé, malgré 20 audiences au Tribunal spécial.

Comt. criminel Conrad est également en attente d'une audience devant un tribunal militaire d'appel pour sa condamnation à 15 ans de prison pour hostilité contre l'Etat, outrage à l'autorité civile et diffusion de fausses nouvelles. Selon le Comité pour la protection des journalistes, il aurait été torturé en détention à Yaoundé. Awah Jr. a été arrêté en 2017 pour avoir interviewé des manifestants pour la radio Afrik2 et a été condamné en
2018 à 11 ans de prison pour hostilité présumée envers la patrie, diffusion de fausses nouvelles et mépris de l'autorité civile. Conrad et Awah Jr. ont depuis été condamnés avec des charges supplémentaires douteuses. En outre, Awah Jr. a souffert d'une mauvaise santé physique et mentale et, depuis son incarcération, a été traité pour la tuberculose et la pneumonie. Les appels concernant les accusations selon lesquelles Conrad et Awah Jr. sont impliqués dans la crise camerounaise dans les territoires anglophones ont également été déposés à plusieurs reprises depuis la présentation des demandes en juin 2019.


Comme l'a déclaré le Comité pour la protection des journalistes lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2020, "Emprisonner les journalistes est la marque d'un régime autoritaire, mais les maintenir en prison en pleine pandémie est d'une cruauté absolue... La libre circulation de l'information et des idées est essentielle pour lutter contre COVID-19 , et les journalistes ne peuvent pas faire leur travail derrière les barreaux". Dans le passé, vous avez travaillé avec certains d'entre nous pour libérer d'autres personnes injustement détenues au Cameroun. Nous vous demandons instamment de faire preuve d'un leadership et d'une pitié similaires durant cette crise mondiale sans précédent en libérant immédiatement Vamoulké, Conrad et Awah Jr.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments les plus sincères.

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